28/06/2014

Visite de la maison des souvenirs, à Maillé (37)

Le 19 juin, j'ai accompagné les élèves de CM2 lors d'une sortie pédagogique, destination Maillé. C'est une ville de mon département, j'en avais entendu parler sans en connaître vraiment l'histoire, que j'ai découverte avec beaucoup d'émotions ce jour-là.

Maillé est une ville qui se trouvait en zone occupée lors de la seconde guerre mondiale. Un camp militaire allemand avait été installé dans une ville voisine,à Nouâtre. Le 25 août 1944, alors que Paris fêtait sa libération, des soldats allemands ont fait irruption à Maillé, tirant à vue sur tout ce qui passait à leur portée, hommes, femmes, enfants, animaux... Ils ont semé la mort sur leur passage durant toute la matinée. Puis des canons ont été postés sur les collines environnantes, tirant à 80 reprises sur les maisons du village. 124 personnes ont péri ce jour-là, âgées de 3 mois à 89 ans.

Lors de notre visite, un homme de 80 ans, Serge Martin, nous a racontés cet effroyable drame. Il avait alors 10 ans, et ne doit son salut qu'au fait de s'être trouvé en vacances chez ses grand-parents à la place de son frère qui refusait d'y aller.

Nous avons vu un reportage nous présentant plusieurs personnes, enfants à l'époque, qui ont réussi à s'enfuir, parfois grâce au sacrifice de leurs parents qui se sont interposés. Tous restent marqués à jamais par cette journée où leur vie a basculé. Tous aimeraient savoir ce qui s'est passé, savoir qui a commandité cette horreur. La veille, quelques résistants de passage dans la ville ont tiré sur des allemands, sans qu'aucun ordre ne leur en soit donné. C'est peut-être l'origine de cette expédition punitive, comme le laisse entendre un mot manuscrit retrouvé sur l'un des corps. Aucune certitude, juste des suppositions.

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Mot trouvé sur un corps

 

- Liens complémentaires:

Site réalisé par Anne-Christine Roy, une personne qui a survécu au drame http://acroy.perso.neuf.fr/francais.htm

Vidéo: Le massacre de Maillé

Wikipédia: Le massacre de Maillé

 

Il a fallu ensuite reconstruire le village, se reconstruire, mais au lendemain de la guerre, même avec de l'argent il n'y avait plus grand chose à acheter. Un riche couple américain, touché par cette tragédie, a décidé d'aider les habitants de Maillé, ils ont importé des Etats-Unis de la vaisselle, des meubles, des vêtements. Ils ont offerts aux enfants un voyage à Paris, en train, puis en car escortés par des motards.

Lors de notre visite, l'après-midi nous nous sommes rendus au cimetière pour déposer des fleurs aux pieds de la plaque commémorative, et observer une minute de silence. Les élèves ont été sensibles à ce qu'ils ont vu et entendus, M Martin avait à peu près l'âge qu'ils ont au moment des faits. Certains ont pleurés.

Moi aussi cela m'a beaucoup touchée, j'ai été et suis encore traversée par une foule de questions. Il est important de ne pas oublier ce qui a été fait pendant la guerre, pour que plus jamais un tel drame, ou pire encore, ne puisse se reproduire. J'ai beaucoup de respect pour les personnes qui ont survécu, et parlent pour que cette histoire ne tombe pas dans les oubliettes. Mais quelle souffrance que de devoir sans cesse la raconter aux personnes qui viennent visiter la maison du souvenir, au nom de la mémoire et de la paix.

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Et puis, comment voit-on la vie quand on est passé au travers de cette journée ? L'amertume est-elle une des composantes du quotidien, a-t-on envie plus que quiconque de vivre, s'impose-t-on le devoir de réussir, de vivre heureux quoiqu'il arrive parce que ce jour-là on a survécu ?

 

Je reste marquée par cette visite, quelque chose en moi a changé.

13/07/2013

Tout un foin...

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Avec pas mal de retard, voici le compte-rendu de cette seconde édition pour nous du ramassage des foins chez Agnès (pour se remémorer l'autre journée, clique ici Clin d'œil)

Direction Bossée donc, et remontage des manches pour rentrer les foins. Le soleil est enfin au rendez-vous, il n'a pas plu depuis quelques jours, et il s'agit de rentrer tout ce qui pourra l'être car la météo n'est pas clémente pour les jours suivants (cette précaution s'avèrera fondée, puisque dès le lendemain il est tombé des cordes, et de gros grêlons qui ont fait des sacrés dégats dans certains secteurs du département).

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Voilà une partie de ce que nous avons à ramasser. Certaines bottes seront laissées sur place, le coeur n'étant pas sec à cause des pluies répétées.

 

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Les palettes sont disposées de façon à ce que le pailler ne repose pas directement sur le sol, et c'est parti. Il y a du renfort, nous allons tourner avec deux tracteurs équipés de remorque, et là, surprise du jour suivie de cris de joie quand Agnès annonce "aujourd'hui je vais vous apprendre à conduire le tracteur". Même Harmonie! (Et moi, je peux aussi? Bah non, les triplets ne veulent pas. Pfff, c'est pô juste)

 

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Ah ils étaient fiers sur leur engin, j'vous l'dis!

 

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Pause déjeuner (à la vôtre!) et l'occasion de gouter à de nouvelles choses...

 

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... comme cette fleur de bourrache...

 

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... ou cette rose comestible (la nature est décidément surprenante de ressources)

 

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A peine sommes nous installés à table que les canards nous offrent leur compagnie

 

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... et viennent boire un coup avec nous

 

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Allez go, c'est reparti, le taf ne vas pas se faire tout seul! ("j'peux conduire le tracteur?" Pfff, i' veulent toujours pas...)

 

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Mine de rien le pailler monte, le voilà maintenant plus haut que mes épaules

 

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Le retour des deux brigades pour le dernier tour. J'ai vu Harmonie se pencher à l'oreille du chauffeur en rigolant, il a arreté le tracteur à ma hauteur Harmonie m'a dit "allez, à toi de conduire!!" (Wo? Pour de vrai? Yeah!!!!). Ah j'avais des paillettes plein les yeux, vous m'auriez vue, une vraie gosse Langue tirée

 

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Nous avons revisité la propriété, faisant la connaissance de la maman d'Hector

 

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... la relève chez les canards

 

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Iska, la petite de Pétula

 

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Pétula a produit beaucoup de lait, son pis était très gonflé et ça la dérangeait, alors Harmonie a demandé si elle pouvait la traire. Oui... mais encore fallait-il commencer par l'attraper. Elle a bien du se marrer la Pétula, parce qu'elle nous a baladées un bout de temps, à passer par ici alors qu'on repassait par là. On a quand même fini par la feinter.

 

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Je la tenais contre moi pour qu'elle ne bouge pas...

 

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... pendant qu'Harmo tentait de la traire. Hop, un coup de pied dans la gamelle, on recommence...

 

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Pour que ça ne dure pas trop longtemps et soulager rapidement Pétula, Agnès a pris le relais. On a vu la différence, la gamelle s'est remplie en même pas 2 minutes!

 

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... sous le regard impatient des deux gourmandes (j'ai halluciné en voyant le tableau Rigolant)

 

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 Adonis au far-west...

 

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... tandis que Fripouille joue avec sa petite protégée, Isis, sa fille d'adoption

 

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Isis, un concentré de malice qui adore jouer avec les plumes (que celles au sol rassurez-vous Cool)

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Nous avons pu constater que Docky sait maintenant bien frimer. Il a encore de la route à faire pour être papa, sa dulcinée Tempérance a cru bon de lui expliquer la grimpette en se servant d'un coq, alors il croit que c'est avec les coqs que ça doit se passer. Erreur d'aiguillage Rigolant, copie à revoir...

 

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Pause calin avec Agnès

 

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Tout le monde a sa place, même les insectes ont un hôtel...

 

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encore une superjournée de passée en plein air

 

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Merci Agnès, à la prochaine!!

 

18/03/2013

Chasse au trésor

Ayant eu plein de petits jeux divers, je les ai mis de côté en prévision de faire une chasse au trésor pour mes canailles. Je n'avais pas réussi jusqu'ici à rédiger les énigmes, faute de temps et d'imagination. J'ai enfin pu la semaine dernière. Les devoirs étant fait, la partie fut lancée

message n°1

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     Après quelques flottements, un éclair de génie s'est fait quasiment chez les 3 en même temps
     et ils se sont rués sur la bd "Alix l'intrépide", le triomphe dans les yeux en découvrant le papier
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message n° 2

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    au verso:

     "vous trouverez la clé en réunissant les morceaux du puzzle. Il y en a comme la langue bleue (NDLR: merci Nathalie c'est toi qui m'a donnée l'idée) Le premier est dans la boite aux lettres"

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message n°3

"snoçalg sed syap ua dnetta suov reirruoc nu"


         Ils ont... comment dire... "réorganisé" le congelo

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message n° 4

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"Eddie (une grosse peluche qu'Harmonie habille) vous cache quelque chose..."

            La pauvre bestiole s'est fait fouiller les poches

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message n°5 

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                   Une fois la phrase remise dans le bon
                   ordre, ils se sont rués sur la boite
                   d'infusions, je ne suis pas certaine de
                   tout retrouver à sa place à ma prochaine
                   pause

 







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message n°6

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     Pour que vous visualisiez la scène, passez-vous intérieurement la musique de la panthère
     rose, tout en imaginant 3 personnes laisser trainer leur regard partout, du sol au plafond.
     ça a duré un bon moment...

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Une fois assemblées toutes les pièces, ils ont reconstitué la grille de sudoku.

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         Au verso

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Ils viennent de finir de résoudre grille (ils ont été plus vite que je ne le pensais), l'équation a été convertie ils sont en train de bosser à la résoudre (chacun contribue en fonction de son niveau)

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Equation réduite en un temps record Surpris, le résultat était (-2).

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Le suivant est arrivé par les airs

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"Ne perdez pas la clé, elle vous ouvrira bientôt une porte.
Pendant que Calcifer dort, vous pouvez fouiller dans sa tanière"


     Harmonie s'est écriée "le feu!!!", les garçons ont foncé au four (arf), elle a filé direct au
     barbecue, le message était caché sous une coque de noix de coco. C'était marrant de
     la voir déplacer les différents éléments, toute excitée à l'idée de trouver


Contenu du message

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"24+22+21+20+11+11+7+7+3
Derrière le nombre, cherchez la lettre... La clé vous livre le code
Une fois le mystère éclairci, ne tentez rien
sans avoir l'énigme suivante, tout serait perdu!"

Ils ont commencé par tout additionner et convertir le résultat en une lettre, puis Camille a tilté sur le fait que chaque nombre était une lettre. Le résultat les rendaient perplexes, je les ai aiguillés en leur demandant s'ils avaient utilisé la clé du code (non), ce qu'elle pouvait bien indiquer (j'vois pas), donc j'ai tendu des perches jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils devaient décaler la grille de lettre de deux crans vers la gauche (rappel de la clé=-2)

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Ils ont obtenu les lettres VTSRIIEEA
Alors pour les remettre en ordre ça a été abracadabrant, il y a eu du tout et n'importe quoi, puis je leur ai dit d'essayer des mots en alternant consonne et voyelle pour voir ce que ça donnerait. Ils se sont mis en tête de chercher des résultats possibles dans le dico. Chacunle leur, hyper concentrés, on aurait pu entendre les mouches voler s'il y en avait eu, j'en avais mal à la tête pour eux. Livier a trouvé le premier, et a crié VESTIAIRE! comme il aurait crié VICTOIRE!

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Je leur ai remis le message suivant

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"Lisez le lièvre et la tortue en partant du dernier mot pour revenir au premier.
Vous obtiendrez le dernier élément"
.

Ce fut un grand moment (pour moi) j'étais affalée sur ma chaise à les voir essayer de mettre le ton dans ce charabia

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Dernier message

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"Bravo, vous touchez au but!
Le trésor est là où l'infini redressé s'est effacé à 6,5
Attention, soyez sûrs de vous, vous n'avez droit qu'à 1 essai,
si vous vous trompez, tout est perdu"

Petites explications: il y a perpette nous avons récupéré des vestiaires dont un de nos employeurs se débarassait, c'est idéal pour le rangement dans le hangar. Ils sont numérotés dans le désordre, et certains autocollants sont partis mais une marque subsiste. Ainsi le 8 (plus d'autocollant) est placé entre le 6 et le 7. Ils ont eu un peu de mal à résoudre l'énigme, mais ils ont fini par comprendre. Ruée sauvage dans le hangar, direct au 8, bingo!

Super soirée

08/02/2013

Les koalas du zoo de Beauval

Voici une série de photos que j'ai prises entre 2010 et maintenant au zoo parc de Beauval. Vous remarquerez qu'elles ne sont pas toutes dans un ordre rigoureusement chronologique. J'en ai regroupé certaines afin de pouvoir suivre l'évolution morphologique d'un bébé jusqu'à sa taille à peu près adulte.

Cette série fait partie de l'album dédié aux marsupiaux du parc de Beauval, à cette adresse

Zoo de Beauval- Les marsupiaux

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 Une partie de l'arbre généalogique du groupe. Depuis, Eora compte un petit frère, Wirri-Wirri, et Pintupi une petite soeur (enfin, déjà grande), Mayra

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Femelle adulte, Alguna (17/07/2010)

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Elle est identifiable grâce à sa petite tâche blanche sour l'oeil gauche (08/09/2011)

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Femelle adulte, Hanya (01/03/2012)

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Mâle adulte, Omaroo (20/01/2012)

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Hanya, et son petit, Pintupi (17/07/2010)

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Pintupi (16/01/2011)

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Pintupi (21/05/2012)

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En bas Pintupi, en haut à gauche Hanya, à droite Alguna et entre ses jambes Eora (04/02/2011)

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Alguna et sa fille Eora (16/01/2011)

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Alguna et Eora (20/03/2011)

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Alguna et Eora (20/03/2011)

Eora gère son positionnement sur le corps de sa mère en fonction des déplacements de celle-ci, je l'ai vue passer spontanément du ventre au dos dès que sa mère a atteint la branche, avant même qu'elle n'ait commencé à s'installer sur la fourche

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Alguna et Eora (10/04/2011)

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Eora (16/03/2012)

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Eora (27/03/2012)

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Alguna en haut, Eora en-dessous (31/05/2012)

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 Patte postérieure droite de koala (Pintupi, juste pour info ^^)

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 Une antérieure

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Antérieure d'un petit de 11 mois (Eora)

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Hanya et sa petite Mayra (01/03/2012)

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Hanya et sa petite Mayra (01/03/2012)

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Hanya et sa petite Mayra (01/03/2012)

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 Hanya endormie sur Mayra, du coup le bras qui pend

sous le menton donne une drôle d'impression visuelle (27/03/2012)

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 Hanya et Mayra (16/03/2012)

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Hanya et Mayra (22/04/2012)

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Hanya et Mayra (31/05/2012)

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Alguna, qui prend son pied (01/03/2012)

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Grosse fatigue pour Hanya (01/03/2012)

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Eora (03/06/2012)

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 Pintupi (13/06/2012)

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 Alguna tenant Wirri-Wirri dans ses bras (26/01/2013)

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 Et pour prolonger le plaisir, une vidéo:


le_repas_des_koalas par dreamha

21:17 Écrit par Dream' dans zoo de Beauval | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beauval, zoo, koalas, évolution |  Facebook |

06/09/2012

Un dimanche à Bossée

... et à bosser, un peu, mais surtout à prendre un bon bol d'air et des super souvenirs plein la tête. Mais revenons au début... Tout a commencé lorsque mi-août j'ai découvert la page "la ruche qui dit oui-Bléré", (pour découvrir le concept, c'est par ici), et que j'ai répondu "présente" pour donner un coup de main à Agnès Robineau pour rentrer du foin.

Rendez-vous fut donc pris pour dimanche dernier, normalement pour 9 heures, mais avec ma folle équipe, nous n'avons en fait décollé qu'à 9h30 de la maison, et ayant une trentaine de kilomètres à faire... bref, comme d'hab quoi...


Le comité d'accueil était très chaleureux: Agnès et son compagnon Stéphane, les deux chiennes Fripouille et Adonis, et puis large sourire en voyant accourir à notre rencontre une poule et une chèvre! Ce fut une grande surprise de voir Pétula (c'est son petit nom) jouer avec Fripouille en gambadant et en faisant mine de charger. Sur les conseils d'Agnès, j'ai levé une main au dessus de ma tête, elle s'est immobilisée, oreilles tendues en me regardant, puis lorsque je l'ai abaissé Pétula s'est approchée doucement, front baissé qu'elle est venu poser doucement sur ma main. J'ai beaucoup aimé cet échange.

 

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Camille et Harmonie suivant Agnès,  Fripouille et Pétula

Nous avons visité l'exploitation, croisant du monde en totale liberté et respect mutuel sans la moindre anémosité, des poules, des canards, des pigeons, des oies. Nous avons fait la connaissances d'Horacio, le jeune jard porteur d'autorité de son groupe, pas le plus barraqué mais sans équivoque possible celui qui a le plus de charisme puisque qu'il est suivi et respecté par ses congénères sans jamais avoir à hausser le ton.

Nous avons pu admirer également le jeune dindon Docky, à qui Agnès enseigne les gestuelles dont il aura besoin pour faire le beau auprès de ses promises le moment venu.

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Docky

Agnès a une approche vraiment très intéressante sur la façon de développer son élevage: elle est très attentive au choix de ses individus reproducteurs afin de générer des groupes dépourvus d'agressivités, et cela se ressent au sein de l'exploitation; Il y règne en effet un climat très serein, tant pour les animaux autre eux que dans les intéractions avec Stéphane et Agnès.

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Liberté et respect pour tous

 

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Adonis la belle, à gauche, et Fripouille, qui porte très bien son nom

 

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En continuant notre visite, nous avons découvert Hector, un petit cochon américain avec qui Fripouille adore jouer, pour cela elle n'hésite pas à carrément sauter dans l'enclos, le mordille pour le faire courir, puis s'immobilise. Hector se met alors à lui passer entre les jambes, en long, en large, en travers, c'est très comique à regarder.

 

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Hector et Fripouille

Il y aussi Géronimo le pigeon qui est en convalescence, des chats dont deux jeunes, Hecto (à gauche sur la photo, et Ficelle)

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Bon, c'est bien beau tout ça, mais on va travailler un peu quand même, on est venu pour ça ;-)! Ce fut l'occasion pour les enfants de monter sur le tracteur ou dans la remorque, secoués mais ravis (j'ai même entendu "c'est mieux que le Montana!"... super! on va zapper les manèges de la foire à l'andouillette cette année!! )

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Direction les champs pour ramasser la paille

Arrivés sur place, nous avons chargé les bottes dans les remorques, une pour le tracteur et une pour la voiture de Stéphane...

 

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... tout en découvrant l'ancien chateau de l'étang dont le champ est une des dépendances. Très joli cadre, d'ailleurs pour info une tour a été aménagée en gîte, si la campagne tourangelle vous tente, c'est par ici

 

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J'ai craqué sur l'ampleur et la beauté de cet arbre qui borde la propriété

 

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De retour sur l'exploitation, nous avons déchargé et constitué peu à peu un beau pailler

 

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Agnès et Stéphane à la mise en place des bottes, sous l'oeil attentif de Fripouille...

 

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... tandis que Pétula contrôle la qualité de ce que nous avons rapporté

Allez, on y retourne! Cette fois pour nous rendre dans le champs, nous traversons une portion fruitière, c'est l'occasion de gouter de bonnes poires et quelques prunes.2012_09_02_bossee 748.JPG

Mes triplets en folie

Après l'effort, le réconfort, lors d'un déjeuner très convivial. J'ai pu me rendre compte à quel point Agnès est passionnée par son métier, qu'elle sait vraiment de quoi elle parle, j'ai la certitude que c'est parce qu'elle est attachée aux valeurs de nos anciens que son entreprise a de l'avenir, sans de bonnes racines, pas de stabilité. Elle est dans le partage et l'échange, des connaissances, des coups de mains, des idées, d'une grande ouverture qui finira bien par porter ses fruits. En tout cas c'est ce que nous lui souhaitons du fond du coeur.


Merci à vous Agnès et Stéphane pour cette journée que nous ne sommes pas prêts d'oublier, les enfants demandent déjà quand nous reviendrons vous voir. Bises de toute la famille!

 

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08/08/2012

La saison des maïs

Parmi les secteurs qui proposent des jobs en été se trouve celui du maïs. C'est le seul domaine qui embauche à partir de 16 ans, qu'on se le dise!! Les candidatures doivent être présentées en mars-avril pour l'été suivant.

C'est le second été que je me trouve dans ce circuit, et je vais vous présenter un peu cette partie spécifique du maïs. Les cultures réalisées ici ont pour but de croiser entre elles différentes variétés afin d'obtenir les meileures caractéristiques possibles. Par exemple, une espèce résistante au vent mais peu productive croisée avec une espèce productive mais peu résistante au vent pourra donner une espèce hybride résistante au vent et productive. J'insiste sur le "pourra donner", car tant que le croisement n'a pas été testé, rien n'est sûr.

Mais avant de continuer, je vais vous présenter un peu le maïs, qui à mes yeux est vraiment une plante fascinante. Sa grande quantité de feuilles implique de grands échanges par voie de photosynthèse et donc un booste d'oxygénation pour le secteur cultivé.

C'est une plante autofécondante, qui contient à la fois la partie mâle et la partie femelle.

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Progression du panicule

Au cours de l'évolution de la plante, la partie mâle, appelée un panicule, va se développer et sortir progressivement du haut de la plante, jusqu'à s'ouvrir en plusieurs brins chargés d'étamines (sacs de pollen). En même temps, sur la partie basse de la plante, la floraison se manifeste par la présence de soies, qui capteront le pollen lorsqu'il tombera, et permettront la fécondation de la plante, pour donner un épi de maïs.

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Pied de maïs présentants parties mâle et femelle en cours de maturité

C'est le vent qui va représenter le meilleur facteur de pollénisation, étant responsable d'environ 90 % de la fécondation, par rapport à la simple chute du pollen sur les soies en applomb. En clair, cela signifie q'un pied ne sera pas assurément fécondé par ses propres petites graines, mais au moins celles du voisin. Il peut recevoir le pollen jusqu'à 500 m à la ronde.


Pour permettre le croisement de variétés entre elles, le panicule de rangs choisis est retiré dès qu'il commence à être palpable, afin d'empecher l'autofécondation de la plante. C'est l'étape de castration. Il faut passer tous les jours dans le champ, et retirer les panicules à mesure qu'ils sortent. Les rangs castrés sont appelés des rangs femelles.

Les autres rangs dont le panicule a été laissé sont dits "mâles" (en fait, ils sont complets).

Les champs sont semés de façon à constituer une alternance entre les rangs mâles (2 rangs) et les femelles (4 rangs). Les rangs mâles font toutes la longueur du champs, pour les femelles les rangs font entre 10 et30 pieds, ce qui permet de tester beaucoup de croisements sur une même parcelle.

Lorsque les rangs femelles ont été fécondés, les rangs mâles sont supprimés de la parcelle, afin d'optimiser le développement des pieds restants. Ci-dessous, une photo satellite d'un champ:

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Les carrés correspondent à des secteurs de rangs femelles, les grandes allées d'un bout à l'autre du champ étaient constituées avant arrachage des rangs mâles.

Un travail minutieux entoure ce genre de culture, bien sûr au moment de la castration mais aussi en amont, lors de la préparation des semences pour les rangs, et lors du semis à proprement parler.

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A gauche, les semences des variétés dont déposées dans des casiers, chacun correspondant à un rang.

A droite, n°1 une rangée de 4 casiers ( un carré de semis), les couvercles seront enlevés automatiquement par la machine, le tracteur va effectuer le semis des 4 rangs simultanément (n°2), courant mai. Photo n°3, deuxième moitié de juillet, les rangs femelles en croissance.
Les rangs mâles sont semés de façon à murir en décalé, afin d'élargir la période de fécondation des femelles.

La première fois que j'ai travaillé aux maïs, je faisais de la castration. Cette année mon travail est différent, je dois passer dans les champs pour noter la date de floraison de chaque rang. Ce n'est pas compliqué en soi, il suffit de passer, constater ou non la floraison, et de la noter. La difficulté réside dans le fait qu'il faut beaucoup marcher.

Ci-dessous en jaune le trajet à effectuer pour les notations.

 champs_mais_athee_chemin_notation.jpg

Ensuite?

Il y aura la récolte manuelle en octobre, le produit de chaque rang est mis dans un sac spécifique, étiqueté, contrôlé, afin d'évaluer si oui ou non le croisement donne le résultat escompté.

Les semences qualifiées en fin de ce cycle serviront à semer l'année suivante des champs afin de produire les semences vendues aux agriculteurs pour encore l'année d'après.

22/02/2012

Tous ensemble pour les restos du coeur...

Tous ensemble pour les restos du coeur...


... parce que personne n'est à l'abri, parce qu'on ne sait pas que dans sa rue des gens ont faim... parce que c'est un grand soulagement quand au moins on sait qu'on aura quelque chose dans l'assiette...


Souvent les gens pensent que seules certaines catégories sociales sont touchées par la précarité, que c'est une question d'éducation. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai entendu des gens me dire "mais je ne comprends pas! Dans la façon dont vous vous exprimez on voit bien que vous avez un bon niveau intellectuel, comment en êtes-vous arrivée là?".


C'est très simple: on est tous des équilibristes. Diplômés ou non, seul ou en couple, parents ou pas, avec des connaissances ou aucunes... quand on tombe, on tombe. Si un vent violent déporte notre centre de gravité, notre verticalité n'est plus assurée: c'est la chute. Et des vents, il y en a de toute sorte autour de nous, sans compter les tempêtes à l'intérieur de soi qui, en sourdine, ravagent la confiance en soi et entrainent la peur de tout.


L'effort à faire, même s'il est difficile, c'est de pousser la porte des restos du coeur, et d'oser dire "je suis dans la panade, pouvez-vous m'aider?" De 2006 à 2009, j'ai eu besoin d'eux. C'était très dur d'y aller, la première fois je pleurais. De semaines en semaines, je repartais du centre avec de la nourriture, certes, mais aussi de la chaleur, celle de l'accueil des bénévoles, leurs sourires, leurs encouragements, leurs questions sincères sur mes évolutions. C'est bizarre comme sensation, mais quand je mangeais, j'avais aussi le sentiment de me nourrir de la force de Coluche. Sa grande goule lui donnait la force de dire tout haut ce que les gens pensaient tout bas, de mettre les pieds dans le plat et dire des vérités qui dérangent.


Jamais je ne me suis sentie assistée en bénéficiant de l'aide des restos, car dès le début il m'a été proposée de participer aux journées de collecte nationale, qui ont lieu chaque année début mars. Je n'ai jamais eu la moindre hésitation à répondre présente ces jours-là, car au moins je peux rendre un peu de ce qu'on me donne. Même après ne plus avoir eu besoin de leur aide, j'ai continué à bloquer chaque année ces deux jours pour les restos, c'est une évidence. Mon fils ainé, Livier, a même souhaité aider l'année dernière, car il disait "on doit rendre ce qu'on nous a donné, pour pouvoir aider d'autres gens".


Et puis dérapage, confiance à la mauvaise personne qui m'a plombée financièrement, un vol aussi en décembre, bref la pente est à nouveau savonneuse... J'ai mis longtemps avant de me décider à redemander de l'aide, parce que je sais que plus ça va plus il y a de gens qui ont besoin. Jusqu'à ce qu'il neige nous avons vécu sans chauffage. J'étais au bord du gouffre quand j'ai cédé aux insistances de mes enfants pour leur téléphoner. Je suis tombée sur le répondeur, j'ai laissé un message pour expliquer sommairement la situation et demander si je pouvais avoir un peu d'aide. Très rapidement j'ai été rappelée, une bénévole m'a dit "mais oui, viens vite! On va trouver une solution, ne t'inquiète pas". Re-pleurs...


Je me fixe d'y rester peu de temps, je veux que ce dérapage ne soit qu'un petit déséquilibre. Mais ce soutien m'est salutaire côté moral... ça me rappelle quand j'étais malade étant petite, que ma mère me couchait, me couvrait et allait faire un bouillon de légumes pour me soigner. Je ressens le même réconfort, et ça me donne envie de me battre pour guérir.


Voilà ce que sont pour moi les restos.


Ne vivre qu'en considérant le minimum vital, la nourriture, payer les factures liées au logement, considérer tout le reste comme du luxe, permet d'en savourer la moindre essence et ne laisse aucune place au blasement. Tout ce qui ne s'achète pas, et qui est accessible sans modération est beau: le soleil, le ciel quand il s'embrase, le vent, le chant des oiseaux, un bourgeon, les éclats de rire enfantins, les marshmallow fondus au barbecue...


Dépourvu de richesse matériel, on découvre ses propres richesses, celles qui ne se trouvent dans aucune banque. La force de choisir d'être gai même quand c'est dur, la force de voir des fleurs alors qu'on marche dans la boue. Laisser son âme s'exprimer, et avoir encore quelque chose à partager, pour faire sourire et réconforter ceux qui ont encore plus froid que nous.


J'espère un jour pouvoir les aider de ma voix et de mon coeur.