20/04/2008

Le temps passe vite, trop vite…

Je n’ai pas vu la semaine passer, je comptais venir écrire ici avant, mais quand j’en avais enfin le temps, je n’en avais plus le courage, ou alors bien qu’en ayant la volonté je n’en avais pas la disponibilité intellectuelle suffisante.

Merci pour vos com concernant Fun. C’est vrai que perdre un animal de compagnie est toujours un moment difficile, mais l’avoir ne se résume pas à ça, et tout ce qu’on partage avec lui à côté vaut largement ces moments de déchirement.

Toscan
Toscan, mon premier chien 
Quelques animaux ont transité dans ma vie, au début je n’ai pas vraiment eu le temps de m’y attacher. Lorsque j’avais 3 ou 4 ans, je me souviens que nous avions un cochon d’inde, je revois la cage avec la roue en plastique bleu. Je revois surtout que ma mère râlait tout le temps car c’était elle qui nettoyait la cage et elle avait horreur des rongeurs (la pauvre). Il est mort, mais je ne me souviens ni quand ni de quoi, je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’il pouvait représenter au sein de notre famille.

Ensuite nous avons eu un canari, Titi, alors lui il a tenu quinze jours. Avec le recul, je me demande comment une telle bêtise à pu être commise, disons que c’était l’époque qui voulait ça, dans les années 70 il y avait davantage une notion d’agrément quant aux animaux de compagnie. Ce canari était auparavant l’un des nombreux hôtes d’une volière chez une amie de mes parents, puis un soir nous l’avons ramené. D’une vie en groupe, mouvementée et bruyante, il est passé à l’isolement dans une cage posée au dessus du placard. Pas étonnant qu’il n’ait pas survécu.

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Une mésange

Vers mes 9 ans, nous avons eu la possibilité d’avoir un chien, un teckel dont les maîtres ne voulaient plus car il faisait trop de bêtises et fuguait. Ils étaient propriétaires d’un haras réputé, Toscan était le chien de compagnie des chevaux lors des déplacements, il dormait dans les box. Le jour de la « passation », j’y étais, un petit garçon à peu près de mon âge tenait la laisse, nos parents respectifs ont discuté un moment, puis sa maman lui a dit « allez, tu le donnes, on s’en va », sans un mot l’enfant m’a tendue la laisse en tournant la tête à l’opposé, il pleurait. A une époque où je suivais un peu les courses de chevaux, j’ai vu que le petit garçon de ce jour-là avait grandi lui aussi, il venait de remporter une course en trot attelé. Ça m’a fait drôle, j’aurais eu envie de lui faire savoir que son petit chien a été traité avec les meilleurs soins possibles et beaucoup d'amour.

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C’était ma mère qui avait combiné la chose, quand mon père l’avait su il s’était insurgé violemment  qu’il n’en voulait pas. En discutant plus avant, j’ai appris que lorsqu’il était chez ses parents il avait des chats, et qu’il souffrait beaucoup au moment de devoir les faire euthanasier, car c’était toujours à lui que revenait cette épreuve. Devant notre insistance il a cédé, mais du haut de mes petits 9 ans, je me suis jurée que le jour fatadique je serais aux côtés de mon père. Cela s’est produit un jour de mai 1992, il allait avoir 16 ans (décidément). Je redoutais ce moment, mais le vétérinaire a été très respectueux dans ses gestes et ses propos, ça m’a beaucoup aidée à supporter la situation, c’est aussi pour cela qu’aussi grande fut ma peine en emmenant Fun, je savais comment je vivrais cet au revoir. 

Ce petit bout de chien a été très important pour moi, c’était lui qui me réveillait le matin ; les rares fois où je faisais mes devoirs à la maison, allongée par-terre sur la moquette évidemment (le bureau c’était trop studieux pour moi), il se couchait le long de moi et râlait quand je bougeais. Je lui parlais de ce que je ressentais, il était le confident silencieux de tous mes secrets, et l'auditoire complaisant de mes essais au piano ou de mes vocalises. Quand j’étais triste j’allais le voir. Ça m’a fait sourire d’ailleurs de voir un jour Loulou premier qui venait de se faire disputer s’asseoir à côté de Fun et le caresser, pour chercher un réconfort.

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Peu de temps après l’arrivée de Toscan, alors que nous venions de quitter l’appartement pour une maison en semi-campagne, mon oncle et ma tante m’ont ramenée des Landes deux tourterelles, une turque (beige à collerette noire), l’autre dont je n’ai jamais su la variété, qui était grise. Sensé être un couple, il s’est avéré en fait que c’étaient deux mâles, qui se battaient très souvent. Je les lâchais parfois dans la cuisine, portes fermées, mon rêve aurait été qu’elles soient totalement en liberté. Mais on est égoïste à cet age, car leur donner la totale liberté, c’était aussi courir le risque qu’elles ne reviennent jamais, et alors je n’aurais plus possédé (ah, domination, tu pourris tout tu sais…). A force de se battre, un matin j’ai retrouvé la grise raide morte sur le sol de la cage. Ayant toujours en mémoire Titi qui était mort de solitude, j’ai décidé de relâcher la survivante. Au début elle ne savait plus voler longtemps, elle allait dans le cerisier. Puis elle a disparu. Quelques jours plus tard elle est venue se poser en catastrophe sur le tas de sable, elle semblait très fatiguée. Je l’ai gardée plusieurs jours en cage pour qu’elle se repose, puis je l’ai relâchée, elle est définitivement  partie. Juste à côté de chez mes parents, la forêt du château de la commune est un parc ornithologique, je pense qu’elle a dû trouver plus agréable de vivre là, sans doute y a-t-elle retrouvé des congénères, c’est une espèce très répandue. 

Mon ex-mari a vécu à ce sujet une expérience plus proche de ce que j’aurais aimé connaître, mais ça avait aussi sa dose d’inconvénients. Quand il était enfant, il avait trouvé un pigeonneau mal en point et l’avait soigné. Toujours laissé en liberté, celui-ci avait l’habitude de revenir à son « port d’attache », passait sous le toit et menait sa vie dans le grenier, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Il se posait souvent sur la tête de mon ex-mari. Et c’est là que les galères commençaient, car lorsqu’il partait à l’école en vélo, il lui arrivait, patientant au feu rouge, de voir « Rourou » se poser inopinément sur sa tête, il devait alors faire demi-tour pour le ramener à la maison, entendez par là pédaler et espérer que le pigeon le suivrait jusqu’au grenier. Parfois, il n’avait pas le temps de raccompagner son copain, et ça se gâtait à l’école. Durant la récré, le pigeon atterrissait sur lui, ou bien en classe d’un coup il se posait sur le rebord extérieur de la fenêtre et tapait au carreau avec son bec. Quand il me le racontait, je ne pouvais m’empêcher de rire, il disait qu’il trouvait lui à l’époque la situation très embarrassante et se faisait souvent chambrer à cause de ça.

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Une tourterelle turque 
Après Fun bien que j’aimerais beaucoup j’ai décidé de ne pas reprendre de chien, compte tenu de la situation. Il serait seul une bonne partie de la journée pendant que je vais travailler, si je devais m’absenter un ou deux jours et que je ne puisse pas l’emmener il me faudrait trouver quelqu’un pour le garder, ça ne serait pas cool pour lui, je ne peux pas infliger ce genre de vie à un chien sous prétexte d’avoir un animal de compagnie pour les enfants et moi quand nous sommes présents, cela serait du pur égoïsme. Toutefois j’envisage de plus en plus d’avoir un chat, j’ai presque envie de dire « d’embaucher » un chat, parce que j’avoue que c’est avant tout pour qu’il bosse. L’été dernier une musaraigne avait élu domicile à la maison, j’ai réussi à la piéger à la tapette, mais j’aimerais éviter ce genre de plan. Plus récemment, il y a deux mois j’ai découvert un soir qu’un ami de Ratatouille se complaisait à manger ce que je donnais aux oiseaux. Un matin, je l’ai trouvé mort dans la cour, une petite marque sur la tête. L’espace est flanqué de murs, je suppose que l’auteur du coup de patte fatal n’a pas pu emmener son butin (il faut dire qu’il était balaise quand même) et l’aura laissé sur place.
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Un moineau 

L’avantage d’un chat c’est qu’il est indépendant, il ne se sentira pas perdu pendant notre absence, et saura toujours se débrouiller pour manger en plus de ses gamelles. Par contre, si je me décide, il n’aura pas le droit de rentrer à la maison. Pour le moment cela n’aurait aucune importance, mais quand j’aurais fait les travaux l’année prochaine je vais enfin pouvoir rapatrier le canapé cuir qui m’attend depuis perpette, et je n’ai pas envie de voir lacéré de griffes, je ne suis pas trop matérialiste dans l’ensemble, mais là j’aurais vraiment la haine. J’en ai parlé aux enfants, ils sont déjà impatients, miss Malice a demandé « on pourra le caresser ? », ça m’a fait rire. J’envisage même d’en prendre deux, pour qu’ils ne s’ennuient pas, peut-être s’entraîneront-ils mutuellement à chasser. Il y a des travaux dans la commune, une opération d’enfouissage de tous les câbles électriques et téléphones, les rats sont délogés au fur et à mesure de l’avancée des travaux, forcément ils se rabattent où ils peuvent, j’ai entendu d’autres personnes dans le bourg raconter qu’elles ont des réfugiés clandestins. Pour tout vous dire, auparavant je n’aimais pas les chats plus que ça plus que ça, je me suis souvent faite griffer par certains qui se laissaient caresser en ronronnant et qui d’un coup changeaient d’humeur. Par ailleurs, il m’arrivait d’aller chez des gens qui en avaient plein, et franchement l’odeur ambiante n’était pas très agréable. Enfin, c’est un animal que je n’arrivais pas à comprendre à cause de son autonomie (eh oui, difficile d’avoir sur eux la même emprise que l’on a sur un chien). A mesure que j’ai revendiqué et assumé ma propre indépendance j’ai porté un autre regard.  Aujourd’hui, je suis plus dans une démarche de cohabitation que dans un contexte possession-domination, et je pense qu’on va vraiment pouvoir s’entendre.

En attendant, nous profitons des oiseaux, qui sont de plus en plus nombreux à venir manger et boire dans la cour, j’ai mis une vieille chaise près de la porte fenêtre, j’y dépose régulièrement de la nourriture, nous les observons avec plaisir, dès fois même depuis les lits superposés, on a une super vue depuis ceux d’en haut. Je sais qu’il risque d’y avoir quelques accidents au début lorsque le ou les chats seront là, car je ne les imagine pas faire un choix entre rongeurs ou oiseaux, pour eux les deux genres se chassent, point. J’étudierai des solutions pour que tout le monde puisse s’accorder le mieux possible.

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Un moineau et un pinson 

13:42 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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