24/05/2008

Fin de la première semaine

Non rassurez-vous je ne vais pas commencer à les compter, ça n’aurait un sens que si j’étais en CDD. Bon somme toute ça se termine plutôt bien. Jeudi soir vous avez vu c’était pas le top, un mélange de fatigue, de crainte et de stress m’ont mis les circuits internes en vrille. Vendredi j’ai embauché à contre-cœur, je savais qu’à un moment ou à un autre je craquerais, mais je ne voulais pas que ça compromette tout. Je ne ressentais aucune agressivité envers la situation ni envers ma responsable ou les collègues, il n’y a d’ailleurs pas lieu car tout le monde fait vraiment son maximum pour que je m’intègre, tant sur le plan relationnel que professionnel. Elles sont toutes très indulgentes, et ça me met encore plus mal à l’aise quand je fais quelque chose qui donne lieu à rectification de leur part, parce que j’ai le sentiment de les handicaper dans leur propre travail, alors que je suis sensée être là pour les dégager au contraire.

La pression que je ressens est de l’ordre de ce qu’on vit quand on apprend à conduire (clin d’œil à la Marmotte, tu me raconteras tes impressions quand tu en seras là). Au début il faut penser à débrayer pour changer les vitesses, regarder dans le rétro, mettre le clignotant etc, c’est affolant, et puis après s’être tapé des kilomètres c'est "finger in the nose", on n’y pense même plus. Bah là c’est pareil, j’ai plein de choses à faire qui en attendant de devenir automatiques me stressent parce que j’ai toujours peur d’en oublier (et j’en oublie, de moins en moins mais encore quand même).

ratatouille

Vendredi en fin de matinée je sentais que ça montait, je pensais que j’aurais bien voulu discuter avec l’Aigle, je l’imaginais sur sa route en train de marcher en méditant, et d’un coup dans ma tête je l’ai entendu me dire « laisse aller ». C’est ce qu’il m’a dit un jour au téléphone alors que je discutais avec lui et que ma gorge s’était nouée, j’avais pleuré longtemps ensuite, puis ça avait été mieux. Les larmes sont montées, je ne pouvais pas les retenir, alors j’ai laissé sortir, j’ai sentie la responsable embêtée par ma réaction et je lui ai expliquée que j’avais peur à chaque instant de mal faire. Elle a été très rassurante dans ses propos, j’ai repris mon boulot un peu moins stressée. Nous avons travaillé ensemble sur une partie que je trouve très intéressante, l’ajout d’un produit à la gamme déjà en place. Ça suscite une envie de s’impliquer à fond, pour que le lancement se fasse au mieux, et c’est très encourageant quand on apprend que tout s’est vendu. 

Aujourd’hui, j’embauchais à 7 h mais j’avais retrouvé ma motivation, j’ai travaillé plus en confiance et de façon plus autonome. J’ai une vision d’ensemble sur le fonctionnement d’une semaine, c'est déja plus clair pour moi. Et alors, la débauche à 13 heures un samedi, c’est le top du top. C’en est même perturbant tout ce temps devant moi, je ne retravaille que mardi matin. Pour le moment je cafouille un max mais je me dis que si je me débrouille bien, il se pourrait que j’arrive à avoir un temps libre plus efficace que ce que j’en faisais à 20 heures, du fait d’un timing différent. C’est une piste à creuser, car si finalement je travaille plus en faisant en même temps du plus productif à côté, c’est double bénef : donc à moi d’œuvrer dans ce sens, personne ne peut le faire à ma place. 

Bon week end

En débauchant j’ai fait un crochet chez mes parents pour boire un café, il n’y avait que mon père, on a bavardé un moment puis je lui ai proposé de faire un peu d’informatique, il patauge dans l’archivage de ses fichiers. Il a un APN, il stocke sur l’ordi n’importe où ce qui fait que ça devient ingérable. Il a un peu de mal à se repérer quand il navigue dans les différents dossiers, dès qu’on va en profondeur, dans les sous dossiers, il ne sait plus où il est. Alors j’ai découpé des papiers, fait des dossiers, renfermant d’autres dossiers etc. ça commençait à venir, mais c’était pas encore ça. Et d’un coup j’ai trouvé le bouton de lumière, je me suis adressée à l’imprimeur qu’il restera toujours, même s’il est à la retraite. Je lui ai parlé d’une collection en plusieurs tomes, donc chacun contient des chapitres, eux-mêmes composés de paragraphes. Il a tilté, j’étais contente. On s’est bien marré, parce que par moment il cliquait un peu partout avant même de savoir ce qu’il faisait ou sans attendre mes instructions, j’ai fini par lui dire « lâche ta souris touche plus à rien » il s’est exécuté en éloignant ses mains rapidement comme si il avait à faire à un truc dangereux. 

En presque 50 ans il a vu l’imprimerie évoluer, se moderniser. A 14 ans il a appris le métier avec les caractères en plomb qu’on plaçait pour former des textes. Au fil des années l’informatique est venue alléger les choses, par le traitement de texte et des images. Pour ma part, j’ai bossé dans ce domaine en 90, à l’archivage des films, c’était problématique car il fallait chercher physiquement dans divers endroits, le volume de stockage devenait important. J’y suis repassée il y a deux ans, j’ai discuté avec un de mes responsables de l’époque, il m’a dit « regarde notre archivage, aujourd’hui c’est sur support numérique, c’est rangé dans les armoires là-bas » (un volume ridicule comparé aux bâtiments d’avant). Les rotatives aussi ont eu droit à l’évolution, les commandes au pupitre n’ont cessé de s’affiner au fil du temps. Et mon père s’insurgeait devant cette technologie envahissante, même hors du boulot, il déclarait « ils sont en train de préparer une génération de presse-bouton, les gamins ne savent plus quoi faire sans ordinateur ». Dans un sens il n’avait pas tord, je le rejoins sur ce fait, constatant chaque jour à quel point certaines personnes sont dépendantes des machines de toute sorte, au détriment de leurs propres capacités, notamment mentales (et dire que nous n’utilisions déjà que 10% de nos facultés…).  Seulement voilà, le monsieur qui s’insurgeait il y a 20 ans, aujourd’hui il se met à l’informatique, il joue des heures à Free cell. Avant l’ordi, il s’était acheté un petit jeu électronique et adorait se faire un Tetris à la fin du repas. 

Comment t’as dit, papa ? « Presse-bouton » ? Tiens, appuie-là pour valider… ;-)

évolution de l'homme
 

22:14 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail |  Facebook |

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