27/06/2008

Dans tous les sens

C’est comme ça que j’ai l’impression de vivre en ce moment, je m’adapte au jour le jour, moi qui ai horreur des changements, je suis servie. Faute d’avoir suffisamment d’entrées, la soirée brésilienne est annulée, nous nous réunissons mercredi prochain pour qu’au moins les enfants puissent montrer ce sur quoi ils ont travaillé toute l’année. Dimanche prochain, il était prévu que je garde les enfants d’amis pour qu’ils se retrouvent tous les deux et relachent la pression, j’ai su hier soir que c’est annulé. Du coup j’irai à Beauval avec les enfants et lmon ex-mari.  Et au milieu de tout ça, je me suis prise lundi soir un coup de massue , qui m’a d’autant plus fracassée que je ne l’ai pas vu venir.

Cela concerne Loulou premier. En début d’année, il s’est lié d’amitié avec un camarade de sa classe, qui l’a même invité chez lui un samedi après-midi, tout s’était super bien passé, la maman était contente d’avoir à faire à un petit garçon poli, qui disait « bonjour », « s’il vous plait », « merci »… Contrairement à son frère, Loulou premier a beaucoup de mal à aller vers les autres, il se fait un complexe notamment à cause de sa petite surcharge de poids, il était donc ravi de cette camaraderie. Mais voilà, le copain est allé voir deux autres camarades et préférait jouer avec eux, surtout à la gameboy, excluant mon loulou qui n’en avait pas et les collait pour regarder le jeu. (Au passage, je suis contre les gameboy et autres jeux de ce type à l’école, c’est un facteur d’exclusion et d’isolement qui va à l’encontre du caractère socialisant de l’école. Il y a un an, son père lui a offert une clé MP3, il était allé à l’école avec et se l’était fait confisquer par la directrice parce que « l’incitant à s’isoler ». Alors il faudrait savoir…) 

Mon loulou a beaucoup souffert de ce revirement et s’est senti en quelque sorte dépossédé de cette amitié. Là où c’est parti en vrille, c’est qu’au lieu de chercher d’autres camarades avec qui il s’entendrait et pourrait jouer, il a décidé que c’était ce copain et pas un autre qui serait avec lui. Le camarade en question étant très influençable s’est trouvé manipulé par les deux autres, qui l’ont ni plus ni moins lancé contre mon loulou, ils sont devenus un quatuor infernal aux relations pourries et tendues, c’est allé très loin, l’ex-copain de loulou ne voulait plus venir à l’école, le mien ne me parlait que de bagarre dans la cour avec les deux terribles… 

Lundi j’étais à la sortie foot avec sa classe l’après-midi, j’en ai profité pour en discuter avec son instite, qui était d’accord avec moi sur le fait que ça commençait à aller loin. Le soir à la sortie, il y avait les parents de son ex-copain, heureusement je suis tombée sur des gens ouverts à la communication aussi désireux que moi que tout s’arrête, pour le bien de nos enfants. Nous les avons encouragés à se rapprocher des enseignants en cas de probème, et le garçon a dit « bah oui, mais si on va le dire, il (loulou premier) va dire tout ce qu’on lui a fait avant ». Béh oui, c’est ce qui se passe quand on commence à jouer franc jeu…En creusant et en mettant à plat les témoignages de chacun, nous en avons conclu que tout le monde avait sa part de responsabilité, « j’ai fait ci parce qu’il m’a fait ça » « oui m’ais j’ai fait ça parce que vous m’aviez fait ci », un remake de « qui de la poule ou de l’œuf fut le premier ? ». 

Ils ont été convoqués tous les quatre par l’instite, qui leur a mis le marché en main, soit ils arrivaient à nouveau à jouer ensemble, soit ils seraient interdits de se cottoyer jusqu’à la fin de l’école. Ça a tenu un jour, je me suis faite chopper ce soir, soit disant c’est de la faute à Loulou, dans ce qui a été raconté je ne vois pas vraiment ce qui est répréhensible, mais bon, il ne reste plus qu’une semaine, je laisse courir. Par contre lundi je l’autorise à avoir sa clé à l’école, et il vaut mieux pour les enseignants qu’elle ne lui soit pas confisquée, parce qu’ils vont (encore) savoir comment je m’appelle. (D’ailleurs au sujet de mon récent coup de gueule à propos de leur grève et de la journée que j’avais décrétée pédagogique en emmenant mes loulou à Beauval, c’est marrant personne n’a abordé le sujet par la suite) 

Ce qui m’embête c’est que j’ai appris qu’il a été puni, et que si la maîtresse ne m’en avait pas parlée, Loulou l’aurait passé sous silence. Et là croyez-moi il s’est fait remonter les bretelles, parce que je veux pouvoir lui faire confiance, qu’il fasse des choses bien ou des choses mal. Du coup j’ai appris qu’il avait été puni tout au long de l’année, même à la cantine, qui a instauré depuis trois ans un permis à point, môssieu m’a annoncée le nez dans les chaussures qu’il lui en reste … un. Re-soufflante, je l’ai prévenu qu’il est hors de question que je n’aille pas bosser parce qu’il ne peut pas aller à la cantine, ce qui est le cas en théorie s’il perd tous ses points. Ils sont gentils dans leur règlement, mais je paye, ok ça ne donne pas le droit aux enfants de se comporter n’importe comment au réfectoire, mais j’estime qu’ils s’accordent des sanctions dont ils ne mesurent pas les conséquences sur les parents. Mais bon, là-dessus ça risque de bouger, parce que beaucoup d’enfants se plaignent d’un des surveillants, qui se comporte comme un maton, genre il donne un coup de pied dans la chaise d’un gamin qui se balance, pour qu’il se redresse,  ou à un gamin qui n’aime pas ce qu’il a dans l’assiette il dit « tu vas bouffer oui ? », donc voilà, il faut ressituer les choses, ce ne sont quand même que des enfants, dont les plus vieux sont dans leur onzième année s’ils ont redoublés, on est pas face à des petits délinquants qu’il faut remettre en ligne « pour leur bien ». C’est bien dommage que je n’aie pas le temps, sinon je rejoindrais l’asso de la cantine en tant que parent pour voir ça d’un peu plus près. Des parents que je connais vont le faire pour savoir vraiment ce qui se passe. 

La raison pour laquelle Loulou a été puni la semaine est vue comme quelque chose d’inadmissible par l’institutrice, je n’ai pas pu lui dire que je cautionne en partie la démarche de Loulou. Excédé par les railleries des trois autres, il a fini par vidanger sa colère sur un papier, en les insultants par écrit genre « untel est un s….. ». C’est vrai que c’est pas vraiment un langage que je veux qu’il tienne, mais en même temps je l’ai toujours encouragé à s’exprimer afin quil ne garde pas ça pour lui, selon le mode qui lui convient. Il semble se trouver dans l’écrit, son père et moi avons régulièrement des mots de toute sorte ça va du « je t’aime » à « c’est pas juste », mais ça peut être sur n’importe quoi. Je préfère qu’il le sorte de lui plutôt qu’il l’enfouisse par exemple sous de la nourriture, si mes tendances boulimiques doivent trouver une raison d’être, au moins que ce soit à lui apprendre à gérer ses émotions autrement. Je ne me voyais pas m’embarquer dans ces explications avec l’instite, j’ai donc déclaré le soir à Loulou qu’il aurait désormais à disposition un cahier « spécial vidange », qu’il ne pourrait pas emmener à l’école. J’ai posé une seule condition, que je puisse le regarder de temps en temps, non pas pour le punir de ce qu'il aura écrit, mais pour comprendre pourquoi il aura exprimé telle ou telle chose, et l’aider à décortiquer la situation pour mieux l'appréhender, afin d’avancer. 

Et là, coup de théâtre dans cette petite phrase « oui, mais les enfants n’ont pas le droits d’être d’en vouloir à leurs parents… ». Il y avait tant de non-dits là-dessous que ça s’est allumé partout dans ma tête en « rouge-danger », c’est là qu’en fait notre réelle discussion a commencé. Il m’a expliquée avec ses mots que ne pouvant pas exprimer sa rancœur envers moi, et se sentant coupable d’en avoir envie, il mettait la zone à l’école et embêtait tout le monde. Sérieux ça fout les boules de l’apprendre à 15 jours des grandes vacances. Ça a été très dur de lui faire dire ce qu’il me reprochait, et encore plus dur d’apprendre qu’il s’agit de deux situations vécues il y a près de 4 ans. Depuis tout ce temps là ce petit bonhomme garde en lui un mélange de rancoeur et de culpabilité, que même le suivi psy n’avait pas fait remonter. J’en ai fait part à l’instite, pas des événements mais du ressenti de Loulou, pour elle c’est une bonne chose que ça sorte, personnellement je m’en veux de ne pas avoir eu le moindre soupçon d’un tel ressenti de sa part avant. 

Pour les deux événements qu’il évoque, il m’en veut de ne pas m’être excusée auprès de son père (en fait il ne sait pas que je l’ai fait par la suite), et il voudrait que son père et moi soyons, je cite « plus (+) amis ». J’ai rapporté tous ses propos à mon ex-mari, qui m’a dit en riant « ban, plus amis ça va être dur quand même, après ça ferait un peu bizarre ». Je lui ai demandé d’expliquer à Loulou comment lui ressentait les évènements sur lesquels il bute, afin qu’il comprenne que si nous, les protagonistes, nous avons dépassé cela, le spectateur d’alors peut le faire aussi. Je lui ai aussi clairement exprimé que son père m’avait pardonnée, que même s’il m’a fallue longtemps -vu que je n’y suis parvenue qu’en décembre dernier-, je me suis pardonnée, il devrait le faire aussi, sinon notre relation en serait pourrie à plus ou moins long terme. Il dit avoir envie de le faire, mais hésite de peur que les évènements se répètent. Je pense que la conversation avec son père l’aidera à avancer. 

Je sais que tout ça va nous faire tous progresser, mais sur le coup ça m’a décollée. Comme quoi il faut quand même rester hyper vigilant, j’ai la certitude qu’à défaut du mariage nous avons réussi notre divorce, même au niveau des enfants ça me semblait stable, bah là on s’est pris les pieds dans une sacré souche.

ciel_coeur [1]


 

22:46 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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