27/07/2008

Allez je me pose

Et j’espère que je vais arriver à retrouver bientôt plus de régularité, ça vaut d’ailleurs au-delà du fait de venir écrire sur le blog. Je n’ai pas vu passer le mois de juillet, je veux reprendre conscience du temps qui passe et le vivre pleinement.

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 Le boulot va toujours, même si j’ai eu un gros passage à vide en début de semaine dernière. La semaine d’avant, j’ai embauché à 7 h tous les jours, je pense que tout cumulé, le stress de me  planter, la fatigue, et le comportement de certaines personnes m’ont un peu sapée le moral.

 Je me suis pris la tête une fois de plus avec l’instite de Loulou deuxième avant la fin de l’école, et j’ai décidé que ce serait la dernière. Je n’ai pas réussi à lui faire comprendre que cette année j’aurai eu beaucoup de mal à assurer l’école en me débattant pour me faire entendre au niveau du boulot, et que la réorganisation de journées depuis ma mutation est plus que chaotique. Elle m’a dit « dans ma famille nous étions 7 enfants, mes parents travaillaient tous les deux dans l’éducation nationale et ça se passait très bien ». Confirmation à ses yeux que je ne suis qu’une bille de na pas pouvoir m’en dépatouiller comme elle le souhaite alors que je n’ai « que » trois enfants.

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 Certes je ne suis pas obligée d’avoir autant de projets à côté, de passer autant de temps à Beauval, de donner du temps aux autres et de bosser sur mon projet d’asso. Selon l’instite, je dois me consacrer uniquement à mes enfants, dans leur intérêt, elle prétend que la vocation de l’école est de leur apprendre à s’en sortir dans la vie d’adulte. Voilà en gros ce qui les attend : on va leur faire une tête bien pleine, pour qu’ils puissent quand ils seront grands exercer un métier, « gagner leur vie ». Si par bonheur ils trouvent un coeur qui leur convient avec qui, je leur souhaite, ils feront leur vie et auront des enfants, et bien ils devront à partir de ce jour se consacrer uniquement au bien-être de leurs enfants, les privilégier dans tous leurs actes afin de les armer à leur tour dans leur vie. Ce qui devrait être la consécration de leur vie sera alors aussi leur condamnation, ils devront laisser leur passe-temps, leurs rêves, de côté, si cela empiète sur le minimum requis selon les bien pensants pour « s’occuper correctement de ses enfants ».

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 Je refuse cela pour eux, parce que je le refuse d’abord pour moi. J’en ai assez des gens qui se donnent le droit de diriger ma vie dans l’intérêt de mes enfants, et qui me demandent de me mettre entre parenthèse, parce que mes propres envies et besoins ne comptent pas. Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que si je ne préserve pas en m’accordant le droit de faire ce que j’ai envie, je coulerai un jour, et eux avec moi. Pourquoi seuls les désirs et les besoins des enfants sont pris en compte, pourquoi en tant qu’adulte n’avons-nous pas le droit de rêver nous aussi et d’avoir envie de faire ce qui nous plait ? J’ai comme réponse à ces questions "parce que c’est comme ça quand on vit en société". Bah vous savez quoi, ça me donne encore plus envie de me mettre en retrait. Je n’ai pas envie d’attendre la retraite pour vivre, et me contenter en attendant que les oiseaux quittent le nid d’une demi-vie, ma vie ne se résume pas à procréer, élever ma progéniture et mourir.

 Lors de cette conversation l’avant-veille des vacances, excédée j’ai fini par dire à l’instite « vous savez ce que je pense de l’école », elle répond « oui je le sais » et je lui ai dit que depuis le temps que j'en parle, ça va finir par arriver, je vais planter le système pour de bon et nous déconnecter de ce formatage qui nous rogne les ailes. Elle se met à argumenter sur le facteur socialisant de l’école, je lui ai ri au nez en lui disant que tant que les consoles portables seront autorisées ils cautionneront toujours des exclusions et des isolements. Je ne lâcherai pas le morceau sur ce sujet, j’aimerais bien que ceux qui veulent m’apprendre à vivre soient enfin cohérents.

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Clash également au niveau de mes parents, j’ai rongé mon frein pendant 15 jours, ça a pété mardi dernier. La dernière fois que j’y suis allée le mardi soir j’ai été accueillie avec une tête de trois km parce que j’étais arrivée à 20h30. Ils n’ont presque pas parlé, je me suis sentie étrangère. Je me suis donnée comme obligation évidente d’être à l’heure au boulot et que mes enfants le soient à l’école, je ne pensais pas devoir également me mettre une pression horaire pour mes parents. Je devrais me mettre à genoux devant eux du fait qu’ils prennent les enfants le mardi soir, c’est certainement quelque chose qui va être revu à la rentrée.

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Je n’ai plus de téléphone fixe depuis maintenant presque un mois, à cause d’une anomalie sur ma ligne ainsi qu’une boulette qui a été faite par mon FAI, du coup, n’ayant que le portable je limite les appels sortants. Alors ma mère me reproche de ne pas appeler. Je vous avais dit que n’ayant pas vu juin passer je m’étais retrouvée le bec dans l’eau au niveau du centre de loisirs, quand j’ai demandé un coup de main à mes parents j’ai eu comme réponse sur un ton sec  « pas les trois en même temps, et puis telle semaine on n’est pas là, tel jour non plus, là je fais ci, la je fais ça ». Sur les deux années précédentes ils avaient emmené avec eux à tour de rôle les enfants à la mer, là rien. Heureusement que mon ex-mari et ses parents m’ont dépannée, sinon j’étais très mal.

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Pareil d’habitude quand ils partent j’ai un message comme quoi ils sont bien arrivés, puis durant leur séjour une carte postale, et là pas le moindre signe de vie. Ce qui fait que le samedi de la semaine dernière, quand passant près de chez eux j’ai téléphoné de mon portable pour savoir s’ils étaient là j’ai eu le répondeur, j’ai laissé comme message « bon bah vous êtes absents, je ne sais pas si vous êtes en vacances, ou si vous y êtes seulement arrivés, si vous êtes rentrés, je n’ai pas de nouvelles, donc si ça vous dit de m’en donner je vous rappelle mon numéro ». Quand ma mère a appelé mardi soir la bouche en cœur, mon accueil l’a vite refroidie et c’est parti rapidement en vrille, je lui ai dit ce que j’avais sur le cœur elle n’a pas aimé. Elle a ressorti ses grandes tirades « d’accord, on est des parents infectes, c’est toujours ce que tu as pensé » je lui ai dit d’arrêter ses violons. Elle me reproche de ne pas avoir eu de nouvelles des enfants depuis que l’école est finie, d’une j’étais occupée avec mon boulot, de deux ils étaient avec leur père, quand je lui en ai parlé il m’a dit « elle rigole ou quoi ? ».

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Je suis aussi une vilaine fille parce que je ne me suis pas donnée la peine de demander des nouvelles suite aux examens qu’elle a passés il y a 15 jours maintenant, chose que j’avais complètement zappé, et puis la façon dont sa santé barre en vrille m’agace. Elle me parle toujours des exams qu’elle a fait ou qu’elle va faire comme si elle allait chez le bourreau, j’en ai marre d’entendre ses lamentations. Si elle veut que je la plaigne elle n’a pas frappé à la bonne porte. Elle a réellement des problèmes de santé, mais si elle se laissait moins aller, il y a pas mal de choses qui s’arrangeraient. Elle s’encroûte, ne veut plus aller chez personne, et se plaint que personne ne vient la voir. En début d’année j’ai eu une entrée gratuite pour Beauval, je leur ai proposé d’en profiter, cela ne leur faisait plus qu’une entrée à payer pour nous accompagner. Tel week-end ils avaient ceci, tel autre ils avaient cela, là ils voulaient rester à la maison. Nos pass ont expiré le 24 juillet, ils ne sont pas venus une seule fois, je ferai profiter quelqu’un d’autre de cette place.

 La soirée brésilienne telle qu’elle était prévue initialement a été annulée faute de suffisamment d’inscriptions, mais une petite fête a été organisée le mercredi suivant à laquelle nous pouvions amener les membres de notre famille. Je leur ai proposé de venir, j’ai eu comme réponse « bah non c’est le dernier épisode de  (je ne sais plus quoi) on n’a plus de place pour l’enregistrer et je veux le voir ». C’est l’argument qui me tue, préférer la télé à une sortie avec ses petits-enfants et après elle vient pleurer qu’elle n’en a pas de nouvelles.

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Je vous en avais déjà parlé, ils n’ont pas conscience de ce qu’est mon quotidien ici, ils savent que je rame tant que les travaux ne sont pas faits faute de place pour une réelle fonctionnalité des lieux, mais ils se sont construits leur propre vision de ma vie, celle qu’ils peuvent supporter. Alors je lui ai dit « prends ta voiture, viens ici, tu rentres dans la maison tu pleures, comme beaucoup l’auront fait avant toi ». Elle m’a eng***** que j’exagérais, et qu’ils avaient déjà proposé de m’aider mais que j’avais refusé. Je vous décris l’aide suggérée, la première de la part de ma mère sans avoir vu la pièce « on peut peut-être te faire des étagères pour ranger ». Je n’ai pas de place pour ça. Avant même de commencer à m’aider, mon père qui lui est venu sur place me balance « tu pourrais peut-être jeter des trucs ». Dans l’idée je suis d’accord, mais en pratique je ne vais pas balancer des choses à l’aveuglette, et quand j’ai fini de bosser, gérer l’école, faire le repas, un peu de vaisselle et rester à jour de linge, au moins propre sinon repassé, je ne vois pas comment je pourrais attaquer un tri efficace, sachant que le lendemain je remets ça. Je pourrais le dimanche c’est vrai, mais je préfère me reposer ou aller à Beauval, et c’est là selon eux que je suis condamnable. Une fois mon père a entrepris de me faire un peu plus de place dans mon hangar, il a empilé, sur-empilé des cartons sans connaître leur contenu, ce qui fait que j’ai perdu encore plus de temps par la suite à retrouver mes affaires. Alors de l’aide comme ça, merci je m’en passe.

Histoire de leur ouvrir les yeux, pour de bon je l'espère, j'ai photographié toutes les pièces ici et je leur ai déposé mercredi dans la boîte aux lettres avec un courrier, très court cette fois. Je n'ai pas de nouvelles depuis, s'ils comptent sur moi pour faire l'effort c'est mort, j'en ai marre de devoir me justifier tout le temps, même à leurs yeux.

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 Ils m’ont souvent dit que si j’avais besoin d’argent je n’avais qu’à demander. Quelque chose d’aussi incroyable qu’inattendu m’est arrivée en début d’année sous forme d’une somme importante d’argent qui m’a permis d’un coup d’envisager les choses autrement. Mais je ne l’utiliserai qu’à partir de juillet 2009 pour ma dernière tranche de travaux. Quand j’ai eu cette somme en main, les premières minutes j’ai dit « bon je vais acheter ce dont j’ai besoin en urgence. » Nourriture ? Non tout va bien de ce côté là. Vêtements ? Non, on est largement nantis là aussi, à part pour loulou premier, donc ok pour lui. Une voiture ? Non, celle que j’ai achetée en décembre fait largement l’affaire pour le moment. Les circonstances dans lesquelles j’ai reçu cette somme font qu’elle devait servir à faire du bien, à moi ou à d’autres. Et pourquoi pas aux deux ? Sachant que je devais attendre pour l’utiliser, j’en ai placé une partie, et l’autre je l’ai prêtée à des gens que je connais qui étaient sur la mauvaise pente. Et ça mes parents ne l’ont pas du tout apprécié, parce que pour le moment les personnes en question n’arrivent pas à honorer leurs engagements pour commencer à rembourser. Alors ils crient à l’arnaque de leur part, et à l’inconscience de la mienne. J'ai reçu cet argent avec la consigne "utilise le comme bon te semble", alors c'est ce que je fais. Même ce droit il semble que je ne l'ai pas.

 Aujourd’hui ma croyance est loin de l’enseignement catholique qu’ils m’ont fait suivre quand j’étais enfant, mais j’en ai quand même retenu qu’il faut aider son prochain, c’est ce que j'ai envie de faire. Si je me suis faite arnaquée ? et bien tant pis, ça ne sera pas la première fois. J’ai appris à vivre avec si peu d’argent pendant des années qu’aujourd’hui j’ai vraiment des petits besoins, et j’apprends à mes enfants à s’épanouir sans être avide de possession.  La seule chose dont je souhaite être propriétaire c’est ma maison, d’abord pour moi, ensuite pour eux, parce que je veux les dégager de cette crainte de ne pas savoir où vivre. Il peut leur arriver n’importe quoi dans la vie, mais s’ils ont un toit qui leur appartient, ils ne se retrouveront pas à la rue. Cela ne veut pas dire que je les contrains à rester ici, dans le village, ils pourront partir et louer les maisons, ce qui leur assurera des ressources locatives. Mais si un jour ça allait mal, ils pourraient les habiter vu qu’elles leur appartiendront.

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La suite demain, je vous donne en attendant un avant goût de la soirée brésilienne au travers de ces quelques photos.  

21:52 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

je suis heureuse d'avoir enfin pu te lire et avoir quelque nouvelles.

Je pense bien fort a toi dans ces moments difficiles , courage et surtout ne t'épuise pas trop.


passe un bon debut de semaine


gros bisous


Écrit par : Tite elo | 28/07/2008

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