12/10/2008

Coucou me revoilou

Bon sang, le temps passe très très (trop) vite. Ça fait un mois que je ne suis pas venue, pourtant ce n’est pas l’envie qui m’en manquait, juste le temps, comme d’hab. Les jours s’enchaînent, après encore un petit flottement l’envie d’avancer revient en force, comme une lueur à laquelle je m’accroche dans la pénombre. Beaucoup de choses se sont clarifiées dans mon esprit ces temps-ci, j’ai posé des constats comme points de départ et défini ce qui devait changer, ce qui pouvait l'être de mon fait. Et j’ai de quoi jouer... Jusqu’ici je me sentais découragée par l’ampleur de la tâche, désormais j’ai envie de taper dans la butte pour enlever ce qui me bouche le paysage.

Il y a trois semaines je comptabilisais 39 ans printemps, j’ai envie de boucler pas mal de choses dans l’année qui vient de commencer. Je ne veux rien voir d’autre en mes 40 ans en vue qu’un nouveau départ sur des bases saines, que je vais stabiliser cette année.

Côté boulot ça se passe on ne peut mieux, jamais je n’aurais cru me sentir aussi bien dans cette nouvelle unité, et dire que la panique m’empêchait de croire mes supérieurs quand ils me l’affirmaient lors de notre entretien fin avril… Ils ont bien fait de ne pas me laisser le choix, je serais vraiment passée à côté de quelque chose de très épanouissant. Bien sûr il y a eu des réajustements à faire dans nos rapports entre collègues, le temps d’arriver à nous connaître et savoir comment chacune d’entre nous fonctionnait. Mais maintenant ça va.

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A partir de la dernière semaine d’octobre je vais commencer le lundi à 6 h du matin, la mise en place d’un nouveau fonctionnement nécessite cette organisation désormais et personne d’autre ne pouvait faire ces horaires. Mon ex-mari ramène les enfants directement à l’école le lundi, c’est donc faisable à mon niveau. Actuellement en partant de chez moi pour embaucher à 8h30 j’ai la chance de voir le soleil se lever, j’ai droit certains jours à des ciels magnifiques qui me mettent du baume au cœur pour le reste de la journée. Je regrette parfois de ne pas avoir le temps de m’arrêter pour saisir ce spectacle avec mon APN.

Quand je descends vers la vallée du Cher pour rattraper la nationale, le cours d’eau est enveloppé de brouillard qui fait de loin une longue bande, baignant les alentours immédiats dans une brume fantomatique, c’est vraiment magnifique. Peu, voir pas de courant en passant par-dessus, il est encore endormi, les reflets sont parfaits. Je pense que je vais m’y rendre à la même heure un matin où je ne travaillerai pas, il faut vraiment que je vous montre ça.

J’ai parfois certains flottements dans l’organisation autour des enfants, mais dans l’ensemble ça va. Vu que je pars avant qu’ils ne soient à l’école, j’avais la possibilité de les mettre au centre de loisirs le matin, en accueil périscolaire, ou alors de tenter de les laisser seuls, de 7 h 45 à 8 h 45, heure à laquelle ma voisine à qui j’ai confiée une clé d’ici vient les chercher pour les accompagner à l’école avec ses propres enfants. Honnêtement, ni elle ni moi ne pensions que ce fonctionnement tiendrait la route, et pourtant, ça marche, ils assurent vraiment.

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Le mardi soir, Loulou Premier part avec son père car ils vont ensemble à la piscine le mercredi après-midi. Je mets les deux petits au centre de loisirs à partir de 7h45. La dernière fois que je suis venue les chercher, à 17 h, j’ai eu les récriminations de Loulou Deuxième parce que j’étais « déjà » là. Quand je les y emmène, je mets le petit déj dans un sac, ils le prennent tranquillement là-bas. Ce matin-là j’étais à la bourre, j’ai confié le petit déj à Miss Malice, qui était toute fière d’avoir cette responsabilité, et j’ai confié Miss Malice à son frère. Je les ai accompagnés jusqu’à avoir traversé la grande route, en chemin je leur ai expliqués que ça me gagnerait du temps qu’ils fassent le reste du trajet jusqu’au centre tous seuls, c'est-à-dire à peine 100 m dans une allée qui longe le cimetière, exempte de tout risque de circulation puisque barrée aux deux extrémités. Ils étaient ravis. A peine avions nous traversé qu’ils m’ont dit « c’est bon maman, laisse-nous tu peux partir », je les ai vu s’éloigner se tenant solidement la main. Ça a été l’événement marquant de la journée.

Mon ex-mari ne ramène Loulou premier que le jeudi matin, mais ça m’embête de laisser les deux petits tous seuls quand je pars, alors nous avons convenu qu’il arrive de façon à prendre la relève jusqu’à les emmener à l’école. Le lendemain de leur mise en « autonomie » pour le trajet du centre, c’est la première chose qu’ils ont raconté à leur frère, avant même de lui dire bonjour : « maman nous a laissés aller au centre tous seuls, comme des grands ! ».

Un jeudi matin, coup de fil à l’heure où je pars, « euh j’ai un problème on ne s’est pas réveillés ». Ah… les boules. Je ne pouvais pas rester, je devais réceptionner au boulot une commande de surgelés qui par essence ne peut pas attendre, pour des raisons évidentes de température.  J’ai réveillé mes deux schtroumpfs qui marmottaient encore, je leur ai expliqués la situation, j’ai fait appel à toute ma zénitude disponible pour ne leur véhiculer aucune angoisse de rester seuls, mais intérieurement je me disais « pourvu que ça marche, pourvu qu’ils ne paniquent pas ». Ils savent que la télé n’est pas possible le matin, sur les recommandations des instites car c’est un élément qui empêche de fixer son attention, les enfants qui regardent la télé avant l’école sont moins disponibles intellectuellement pour assimiler les enseignements prodigués.

Je leur ai proposés exceptionnellement de visionner quelquechose, ils ont choisi un film d’animation, je voulais qu’ils aient un repère qui capte leur attention et qui les empêche de stresser.  Ils se sentaient responsabilisés, ils m’ont assurée qu’ils seraient sages, je ne pouvais plus reculer mon départ, je les ai laissés avec leur petit déjeuner. Ils ont été seuls en tout une demi-heure, mon ex-mari m’a appelée dès son arrivée, ils finissaient calmement de manger. Nous les avons beaucoup félicités pour ça.

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A l’école ça se passe très bien, je n’ai pas pu assister à la réunion de la classe de maternelle, mais un soir en allant chercher Miss Malice, l’ATSEM qui était à deux mètres derrière elle m’a levé son puce en me la montrant pour me dire que cette année c’était nickel. L’année dernière, comme je n’étais pas très disponible pour eux, ça partait en vrille de partout, à son niveau ça se manifestait par des mauvaises humeurs caractérisées, c’étaient les chaussettes qui n’allaient pas, le pull trop grand, le blouson qui était moche et j’en passe. Alors quand je l’amenais à l’école je disais à la maîtresse « aujourd’hui c’est un jour sans », elle haussait gentiment les épaules en répondant « bon, on fera avec ». Cette année, c’est beaucoup de sourires, plein d’énergie, mais aussi de la discipline et même… de l’obéissance. Ah ça voyez-vous, ça vaut la peine d’être souligné.

Pour Loulou Deuxième, je redoutais des lenteurs qui exaspèrent son instite comme celle de l’an passé, mais non ça va. En lecture, lui aussi commence à galoper à tel point que j’ai demandé à sa maîtresse si elle ne pensait pas qu’il restituait du par cœur. Elle m’a dit « non, il fait la même chose en classe sur des textes que nous étudions, vu certains mots qui sont présents il ne peut pas s’agir de par cœur ». A cause des propos tenus les derniers jours par son instite l'énne dernière, j’avais décidé que cette année je ne collaborerais d’aucune façon avec les enseignants, je suis quand même allée aux réunions de classe. Quand j’ai dit à sa maîtresse que cette année je ne reprendrais pas de suivi pour lui, elle m’a dit « de toutes façons il n’en a pas besoin », et c’est bien mon avis, je crois que la meilleure chose à faire le concernant c’est de lui lâcher la bride, juste l’activer un peu quand il traîne, mais c’est tout. Plus on va le cadrer, « pour son bien », plus il risque de se sentir diminué et incapable de bien faire sans ces cadres, et je ne veux pas de ça. J’ai profité de la réunion pour renouveler ma requête d’interdire les consoles portables à l’école, le sujet va être abordé au prochain conseil.

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Pour Loulou Premier, ça va bien, sauf que vu qu’il adore lire, il se plonge un peu trop systématiquement dans les livres et n’écoute pas ce que dit sa maîtresse. J’ai apprécié ce qu’elle a dit concernant les notes « nous avons décidé cette année de revenir à une notation chiffrée, pour que les enfants cherchent à s’améliorer d’une fois sur l’autre par rapport à leur propre travail, mais nous ne leur laissons pas le temps de se mesurer les uns aux autres en comparant leurs notes et en se livrant à une compétition. » Bon bien sûr on ne peut pas éviter les discutions de récré, mais au moins on n’en est plus à ce que j’ai connu quand j’étais à l’école, dont ces contextes de premiers de la classe qui passaient aux yeux des élèves ayant les plus mauvais résultats (eux-mêmes étiquetés « cancres ») pour des faillots.

Concernant le cahier du citoyen, il a en asune vision tout à fait différente cette année. Jusqu’à l’année dernière, toutes les 5 punitions l’enfant devait ramener le cahier à signer aux parents, et au bout de 50 ils étaient convoqués à l’école. Il y a deux ans, en fin d’année, Loulou m’avait dit « ça va j’en ai eu que 17 ». C’était le « que » qui m’avait fait bondir, et je lui avais répondu « bah c’est 17 de trop ». Cette année, règlement affiné, quand une punition a été inscrite dans le cahier, si une période de trois semaines s’écoule sans qu’une autre entorse au code (qu’ils mettent en place chaque année avec les instituteurs, donc qu’ils valident puis qu’ils proposent eux-mêmes des règles à ajouter au code de base), la punition est barrée et ne compte plus. Je trouve ça très bien, l’enfant a la possibilité de se racheter, et ne se sent pas « foutu d’avance » en se disant « bof, au point où j’en suis, maintenant je m’en fous… ». Loulou  a eu une punition depuis le début de l’année, parce qu’il avait laissé sa règle et un crayon chez son père le dimanche et qu’il s’est trouvé le bec dans l’eau le lundi matin. Ça l’embête un peu, car cette année il ne veut pas en avoir sur son carnet. Je lui ai dit que personnellement je ne trouvais pas qu’il avait fait quelque chose de grave, qu’il devait simplement prendre l’habitude de tout remettre dans son cartable quand il a fini de travailler, mais que je ne lui en veux vraiment pas pour ça, il s’est senti soulagé.

Globalement je constate que notre réorganisation a fait mûrir tout le monde, ce qui m’amène à la réflexion que parfois, soucieux de trop vouloir protéger nos enfants et de les laisser à leur innocence, au nom de leur quiétude et de leur bien-être, on ne leur donne pas les moyens de se responsabiliser, de mûrir correctement. Je suis contente de ce que nous vivons, car c’est vrai ce sont des petites responsabilités pour le moment, mais en même temps ils sont petits aussi, donc ça reste abordable pour eux. Bon l’époque était différente, mais par exemple quand j’avais 8 ans je prenais le bus toute seule pour aller au centre ville prendre mes cours de piano, et quand j’en avais 9, je revenais à pied avec mon frère de l’école, il y avait un peu plus d’1 km. Ce n’est pas beaucoup, mais maintenant on hésite davantage à faire ça, en tout cas on l’évite au maximum.

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J’ai remarqué quand même que mon grand se met la pression par rapport à tout ça, car c’est lui qui veille sur les deux autres, et du coup parfois il se met à faire des bêtises pour compenser. Je pourrais le disputer, mais franchement, c’est pas cool d’être sage tout le temps, même nous en tant qu’adultes on a besoin de moments de délires. Seul hic c’est que ça le prend au moment de se coucher par exemple. Donc cette semaine j’ai eu une discussion avec lui, je lui ai dit que j’avais compris que des fois il voulait déc….er, il a baissé les yeux. Je ne voulais pas qu’il se sente fautif, ça ne veut pas dire que je lui accorde n’importe quoi, mais je n’ai pas envie d’en faire un enfant sage qui sera bourré de frustrations parce qu’il devra tout le temps se surveiller. Je lui ai dit que j’allais réfléchir pour trouver un moment dans la journée où il aura droit de le faire, je veux simplement que ça ne soit ni à l’école, ni au moment de dormir. Il a eu un grand sourire, le deal lui convient.

Je suis beaucoup plus disponible mentalement pour eux le soir, pour les devoirs, la lecture, les jeux, nous conversons beaucoup aussi. Loulou Deuxième a enfin compris qu’il faisait partie de la famille, et qu’on n’excluait personne. Du coup, il veille aussi sur sa sœur, et quand parfois je me mets un peu en retrait d’eux, c’est lui qui vient me chercher en me disant « tu fais partie de notre famille ». Nous avons reparlé de Toudou, la petite hirondelle, il m’a demandée pourquoi la maman ne s’en était pas occupée. Je lui ai expliqué que c’est la loi de la nature, que les plus faibles ne peuvent pas survivre, d’un coup son visage s’est assombri, il m’a dit « mais moi je suis plus faible que les autres ». Pour ma part, je ne dirais pas "plus faible," mais plus vulnérable, car il est doté d’une très grande sensibilité, il prend tout ce qui lui arrive de plein fouet, le bon comme le mauvais. Je lui ai répondu « je ne suis pas un oiseau, et je ne laisserai aucun de mes enfants, vous êtes tous importants pour moi». Il s’est levé pour me faire un câlin, il me serrait très fort.

J’ai encore plein de choses à vous dire, mais je reviendrai ces jours-ci, sinon ça va être long à lire. Bon dimanche ;-)

 Les illustrations:

- coloriages de Miss Malice cette année

- en fin d’année scolaire 2007-2008, des sets de table ont été mis en vente au profit de la coopérative scolaire, chaque enfant de classe de 1ère section et de 1ère/moyenne section ont dessiné un bonhomme, leur prénom était indiqué en dessous, je n’ai laissé que la première lettre pour vous les présenter. Je vous laisse chercher celui de la Miss, c’est le seul H de toute la série.

 

 

16:02 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : loulou, malice, avancee |  Facebook |

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