26/01/2009

Demain n'existe pas

... pas encore. C'est une page blanche sur laquelle il n'y a pas encore d'image, donc on ne sait pas si on l'aimera ou non, si elle sera gaie ou triste. Alors à quoi bon perdre du temps à essayer de trouver une réponse qui de toute façon viendra, en son temps, quand demain deviendra aujourd'hui? A attendre demain on risque d'en oublier de vivre l'instant présent, présent qui comme le dit Jean-Marie Bigard est le seul moment qu'on vit en permanence.

J'aime cette phrase, elle est soumise à une condition toutefois: marcher au présent, ni au passé ni au futur, mais là, ici et maintenant.

Hier soir ce que j'ai écrit n'était pas très gai, mais pas si désespéré non plus, j'avais besoin de le poser ici, comme pour m'en débarasser,après tout il faut bien qu'écrire ici m'apporte aussi quelque chose. Je sais que je viens de tomber de haut, et cette fois je n'ai pas voulu me précipiter pour me relever, parce que je sais que la chute est beaucoup plus importante que d'habitude.

J'ai voulu d'abord savoir si j'avais quelque chose de cassé; non, rien de cassé, j'ai super mal et j'en suis quitte pour des gros bleus. mais pour en avoir déja eu, je sais que même s'ils sont long à partir, ils finiront par disparaitre, donc rien d'irrémédiable ni d'handicapant. Mais je suis toujours au fond. Maintenant il faut que je trouve comment me sortir de là. Avant hier je suis tombée sur une citation de Goethe, qui dit "l'homme pressé cherche la porte et passe devant". Alors je vais prendre le temps de chercher mes appuis, mes prises pour me remettre d'abord debout, ensuite pour ressortir de là.

En même temps je cherche pourquoi je suis tombée, parce qu'une fois sortie de là, je ne veux pas y retourner aussitôt. Il y a une succession d'évenements, des attitudes de certaines personnes auxquelles je ne m'attendais pas, mais aussi cette déchirure filiale qui cette fois ne se réparera pas. Je jette tout en vrac, c'est un sac de noeuds que je ne veux pas déméler seule, et puisque "contre le passé il n'y a rien à faire", je garde mes cicatrices mais j'éviterai désormais l'endroit  où je me les suis faite, je ne veux plus risuqer de m'en faire d'autres là-bas.

J'ai commis des erreurs qui m'ont menée ici, la plus grosse est d'avoir mis la charrue avant les boeufs et d'avoir cru que je pouvais me relacher un peu. Non, c'est encore trop tôt pour le faire. J'aurais pas dû. Quant à ceux qui m'ont trompée récemment, c'est tant pis pour moi j'ai mal placé ma confiance, j'ai manqué de dicernement, à croire que depuis le temps je n'ai toujours pas compris.

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Il me reste deux possibilités, ne plus jamais faire confiance à personne et assécher mon coeur, ou continuer de croire que tout le monde n'est pas comme ça, qu'il y en a forcément qui sont fiables, comme ceux qui sont là en ce moment et me disent de ne pas lâcher, ceux qui me donnent le droit de pleurer malgré les excuses que je bredouille entre deux sanglots, qui me donnent du temps, partagent leur vécu avec moi sur le sujet pour  m'aider à comprendre, à apprendre, me permettre d'avancer comme eux l'ont fait. Croire en eux, croire en d'autres, c'est courir le risque de tomber sur ceux qui feront de moi un paillasson.  ça me fait penser à une chanson de Goldman dans laquelle il dit "pas de jolie ville, de jolis chemins, si l'on craint la pluie". S'ouvrir comporte forcément ce risque de voir arriver à soi de l'indésirable, mais aussi la seule façon de vivre de l'incroyable et de l'intense, dans les rencontres et les instants.

Et c'est bien plus riche que de rester enfermé, donc y a pas vraiment de choix, juste une évidence. J'espère que je vais pas tomber trop souvent sur des double-fonds.

Je suis en arrêt encore cette semaine, je reprends en théorie lundi prochain. Je compte mettre ce temps à profit pour me blinder et repartir d'attaque au boulot, même si à ce niveau là j'ai fait aussi des choix, que je n'ai pas envie de développer ici. Je vais revoir sérieusement mes priorités, là aussi je me rends compte de certaines erreurs, je vais rectifier le tir.

Bon , dans le moment présent, si vous cherchez un nom d'ouragan, j'en ai un pour vous: Capsule. Il alterne les temps calmes et des coups de folie dans la cour. Son ressort est prodigieux. J'ai une cave à laquelle on accède par des escaliers, et pour sécuriser l'accès, quand les enfants étaient plus petits mon ex-mari avait fabriqué une barrière, que nous avons laissée. L'escalier est longé par un petit muret, sur lequel Capsule a tout de suite aimé poser les pattes avant pour superviser la cave. Quand je le voyais faire je lui disais "non!!!!" parce que j'avais peur qu'il bascule. Le troisième jour parmi nous, il sentait tous azimuts, a sauté sur le muret j'ai crié "non caps tu vas tom..." il a sauté deux mètres plus bas pendant que je finissais "...ber". Le temps que j'arrive il était déja dans la cave à fureter partout dans des grands "badaboum". Il y a plein de choses devant la barrière, j'envisageais de les retirer pour  pouvoir ouvrir, je l'ai vu remonter les marches jusqu'à pouvoir re-sauter sur le muret, et venir me voir tout en remuant la queue, on aurait dit qu'il se marrait en disant "bah quoi , qu'est-ce qu'y a?". Les bras m'en sont tombés.

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Mais ce n'est pas tout. Dans l'autre maison, il a trouvé un gros morceau de pain dur, qui a sans doute été amené par une bestiole, car il n'a rien à faire là-bas. Il tournait dans la cour avec le morceau dans la gueule en évitant les enfants, je me suis dit qu'il cherchait un coin tranquille pour le manger. D'un coup il s'est approché du pied du laurier, là où la terre est meuble: deux coups de pattes ,un trou, il a déposé le morceau de pain et a repoussé la terre avec son nez. Ah... il fait ça aussi, ok... Ses instincts sont vraiment bien marqués.

Depuis vendredi soir je ne peux plus le laisser seul dans la cour, car il n'a aucune limite il grimpe partout pour courir après les rongeurs, même s'il se retrouve à deux mètres du sol il s'en fout, il suit son nez et ses oreilles. Ce matin je l'ai retrouvé carrément au-dessus du coin des oiseaux, il commençait à étiudier comment passer chez le voisin, s'il y arrivait ça serait vraiment galère, car sa cour est plus basse que la mienne, et là pas moyen d'en ressortir.

Résultat il va falloir que je revoie tout l'agencement du hangar, afin qu'il ne puisse plus se servir des cartons pour escalader jusqu'en haut. Remarquez c'est aussi une bonne chose, parce que ça me permet de virer certains "ça peut servir" qui m'encombrent pour le moment faute de temps de les utiliser. Il n'est pas "raisonnable", dans le sens que je ne peux pas lui expliquer pourquoi c'est comme ça ici, pourquoi il y a telles ou telles choses, lui il vit, point. Et cette seule préoccupation montée sur ressort à 4 pattes est en train de dépoussièrer ma vie.

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Au niveau des enfants, je vous laisse vous faire une idée en images (il est sur le lit du haut, il y monte tout seul, 1 au sol, 2 sur l'échelle, 3 en haut). Dès qu'il ne le voit plus, Loulou Deuxième demande "où il est le ch'ti pépère?", il aime se coller contre lui, la présence de Capsule lui fait beaucoup de bien. Il y eu un grand moment aussi avec Miss Malice quand Caps est allé dans son lit, elle a attrapé un livre et a commencé à lui en faire la lecture, et comme il ne regardait pas les images qu'elle lui montrait, elle lui a dit "tu m'écoutes? c'est pour toi que je lis, alors regarde". Elle lui a lu tout le bouquin (le pauvre), heureusement c'était une histoire courte.

Bon je vous laisse, je commence à avoir faim.

13:33 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : introspection, avancee, capsule |  Facebook |

Commentaires

qu'est-ce qui s'est passé Dream' ?
désolée de ne pas être présente ces temps-ci...
je vais tenter de me rattraper.
il a l'air trop génial Capsule, j'adore sa tête sur les photos, plein de joie de vivre, vous avez fait un heureux !!
bisous
Barba

Écrit par : barbayoupi | 31/01/2009

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