14/04/2009

Langage SMS... même pour les insultes

J'annonçais dans mon post précédent un retour, mais le temps passe trop vite et je n'ai pas pu revenir écrire avant. Je suis toujours en arrêt, j'essaie de me préparer psychologiquement à reprendre le boulot, j'avais envisagé la reprise pour avril, mais je n'ai pas emboité le pas, pour le moment mon médecin n'est pas trop chaud.

Je continue de prendre mon traitement quotidiennement sans faillir, je ne sais si c'est une conséquence mais j'ai de plus en plus de troubles de la mémoire, je perds beaucoup de choses car j'oublie où je les ai posées dans les 5 minutes. La semaine dernière sont apparues également des difficultés à me concentrer, qui ont le don de me stresser parce que j'ai l'impression de brasser de l'air, je suis soumise à une sollicitatin mentale extrême qui me fait tout commencer et rien tenir. C'est épuisant, ça me demande beaucoup d'énergie pour garder  un fil conducteur.

Mercredi soir, après une journée durant laquelle mes trois canailles avaient été particulièrement speed, j'ai ressenti un grand épuisement nerveux. Jeudi matin impossible de me lever, j'ai fait une chute de tension assez sévère. Le plafond tournait alors que je n'essayais même pas de me redresser, je n'ai rien fait de peur de tomber dans les pommes. D'ordinaire une journée de repos complet suffit à enrayer ce coup de mou, là ça a traiîné jusqu'au samedi, où -mes enfants étant chez leur père, j'ai dormi une bonne partie de la journée en plus de mes nuits. C'est bon, je suis repartie pour un tour 

Pour la collecte des restos, ça s'est bien passé, si ce n'est que dans la semaine qui a suivi le centre a été cambriolé, tout ce qui a été récolté a disparu. C'est tout simplement révoltant. En cherchant des infos sur le net je me suis rendue compte que malheureusement cette situation n'est pas une exception, un autre centre du département, situé à Avoines, avait été visité en décembre une semaine avant la distribution des cadeaux pour les enfants. J'ai lu aussi que le centre de Dunkerque a déja subi 4 cambriolages. Je suis dégoutée.

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Pour en revenir à mon titre, je vais vous raconter ce qui nous est arrivé il y a deux semaines. Je vous ai déja dit qu'on avait traité Loulou premier de gros à l'école, et que j'étais intervenue auprès des deux fillettes qui l'insultaient, chacune rejettant la faute sur l'autre. Cette année, l'une des deux, qui se trouve à nouveau dans la classe de Loulou, s'amusait régulièrement à le faire tomber, tant et si bien qu'il a fini par déchirer son panatalon. Il était déja usé, on l'a remplacé, mais j'ai choppée la fillette à la sortie, je lui ai dit que si cette situation devait se reproduire, je contacterais ses parents pour qu'ils payent le pantalon. Le lendemain elle venait voir Loulou la bouche en coeur en lui balançant "ton père il n'existe pas, c'est toujours ta mère qui vient". Quand il m'en a parlée le soir, il m'a dit "elle m'exaspère, quand elle m'a dit ça j'ai serré les poings très fort dans mes poches pour ne pas la frapper, je ne voulais pas être puni" (ouf). A défaut d'avoir réussi notre mariage, nous avons réussi notre divorce, les enfants y ont trouvé un équilibre affectif qui leur va très bien, je ne veux pas que ce genre de méchanceté vienne perturber tout ça. Je suis intervenue auprès de l'institutrice, qui était d'accord avec moi et a réglé les choses avec la fillette.

Et puis un soir il m'a dit "on me traite de 'GPS' ". Ah....bizarre. Je cherchais vainement le rapport avec ce précieux indicateur de chemin dont certains semblent ne plus pouvoir se passer, il m'a expliquée que ça voulait dire "Gros Plein de Soupe". Il a cité aussi "GL" (=gros lard). Je me suis sentie un peu démunie devant l'ingéniosité que peuvent développer les enfants pour envoyer des méchancetés sans en avoir l'air. Pourtant ça n'aurait pas dû me surprendre, quand j'ai redoublé ma troisième, certains élèves m'appelaient "Isaac". C'était l'aboutissement d'un raisonnement crétin selon le chemin suivant: nouvelle tonne =new tonne = Newton = Isaac. J'ai passé une grande partie de ma scolarité à me battre chaque fois qu'on m'insultait, tant que j'étais en primaire j'arrivais à m'en sortir, mais en secondaire c'était plus dure. Quand je me battais il y avait toujours un attroupement d'élèves qui se formait autour de nous, j'entendais souvent à l'intention de mon adversaire "vas-y, fais-là maigrir", ça me faisait aussi mal que si je me prenais un coup. A cette période j'ai renforcé mon exclusion, je préférais choisir d'être seule que d'être rejetée ou la risée d'un groupe. Je crois que c'est à partir de là que mon "asocialisation" a vraiment commencé.

Quoiqu'il en soit, je ne veux pas que mes enfants vivent celà, si je reste un tant soit peu intégrée à ce système que j'ai du mal à supporter, c'est pour que leurs relations avec les autres soient plus faciles  que celles que j'ai. Je ne voulais pas que Loulou en vienne à se battre, mais je n'arrivais pas à accepter l'idée qu'il subisse sans rien dire. J'ai cru bien faire en lui disant "tu n'as qu'à les traiter de 'VPC', ça veut dire 'Véritable Petit Con' ". Je n'en ai plus entendu parler, jusqu'au soir du 27 mars.

C'était le concert chorale de l'école primaire, j'avais répétition à l'école de musique, je finissais juste pour aller au concert, ce qui fait qu'avec mon ex-mari on ne s'est retrouvés qu'à la fin du spectacle. Il me dit "il y a un problème avec Loulou, des parents pas contents nous sont tombés dessus, soit-disant qu'il a traité leur fille de 'batarde' et 'd'enc...ée' ". déjà ce ne sont pas des mots qui font parti de notre vocabulaire courant, donc je suis assez surprise, Loulou bien sûr nous jure qu'il n'a pas dit ça, mais honnêtement, comment être vraiment sûr? Un de ses camarades a dit une fois "put.... de sa race", donc malheureusement ils peuvent très bien s'apprendre des gros mots entre eux. Toutefois, je suis quand même tentée de le croire, non pas parce que c'est mon fils, "ma chère tête blonde angélique à qui on donnerait le bon Dieu sans confession", mais à cause de son comportement plus tard dans la soirée.

Bref, comme je ne voyais pas du tout de qui il parlait, j'ai demandé à Loulou de me montrer les parenst quand ils sortiraient, quand on les a repérés je me suis engouffrée dans le flot de personnes qui sortaient pour les rattraper. J'interpelais la mère, comme je n'avais pas son nom je disais "excusez-moi! s'il vous plait!", j'entends à côté de moi "oui, je suis là", un homme me parlait, je dis "je veux parler à la dame là-bas", il dit sèchement "oui, je suis le papa", du tac au tac je réponds "bah moi je suis la maman et je veux parler aussi à madame, ça évitera de répéter". Madame avait fait demi-tour et nous avait rejoint, je n'ai pas eu le temps de poursuivre le père n'arrêtait pas de répéter "ça ne se dit pas ces mots-là", ça m'a vite gonflée j'ai dit "écoutez, si je veux vous parler c'est pour qu'on comprenne ensemble ce qui se passe, alors calmez-vous", il a dit "mais je suis calme", en prenant nerveusement une clope.

La mère était agressive, déclarant que sa fille se plaignait toujours de mon fils, en disant "le Loulou (enfin, son prénom), y en a marre". Déja le "le", ça ne me l'a pas trop fait, je trouve que c'est une marque de dédain qui en dit long sur la façon dont ils considèrent les gens dans cette famille si leur fille s'exprime (déjà) ainsi. Quand je lui ai demandée si elle était au courant que sa fille le traitait de 'GL', elle a dit "c'est normal elle se défend", elle ne tiltait pas sur l'insulte en elle-même. Elle était à ma gauche, Loulou à ma droite, elle m'est passée devant pour s'adresser directement à lui de façon très agressive "je te préviens si ça continue un soir je vais m'occuper de toi même ta mère ne te reconnaîtra pas tu m'as compris?", je n'ai pas réagi sur le coup, ce n'est que plus tard que j'ai perçu la réelle teneur de cette menace, aussi violentte que déplacée de la part d'un adulte envers un enfant. J'ai vu Loulou acquiesser de la tête les larmes et la trouille aux yeux.

J'ai  rappelé que c'était quotidiennement qu'il se prenait des insultes sur sa corpulence et que je trouvais inadmissible de rejetter quiconque pour une différence quelle qu'elle soit. Elle s'est tournée vers sa fille pour lui demander si c'était vrai, pour se défendre elle a dit "oui mais il n'y a pas que moi!", elle s'est pris une soufflante par sa mère. On a fini par tous se calmer, d'accord sur le fait qu'on ne saurait jamais qui avait vraiment commencé, mais qu'en tout cas ça devait cesser.

On est rentré à la maison, les enfants allaient repartir avec leur père pour le week-end, Loulou restait dans la cour, il avait pris une bèche et l'enfonçait brutalement dans la terre. Je lui ai demandé si ça allait, bien sûr il a dit non, je m'en doutais, j'ai demandé à son père de rester avec les deux petits à l'intérieur puis je suis allée le voir. Je lui ai demandé s'il voulait me parler, il a dit oui et a enchaîné "si j'avais un baton de fer et un baton de plastique, je taperais dessus avec pour le casser. Je sus en colère, j'ai pas dit ces mots-là, elle m'accuse pour que je sois puni". S'il avait été plus tôt, j'aurais sorti un matelas pour qu'il vide sa rage dessus, mais là il était trop tard, je lui ai expliqué et je m'en suis excusée. Mais je lui ai dit que je ne le laisserais pas souffrir comme moi j'ai souffert, qu'il pouvait compter sur moi et qu'ensemble on trouverait une solution pour que ça s'arrête. Il s'est serré contre moi et m'a enlacée, j'en aurais pleuré. Je lui ai fait promettre de ne pas reporter sa rancoeur sur son père, son frère ou sa soeur durant le week-end.

De mon côté, j'ai passé deux jours et une bonne partie de la nuit à gamberger, ce qui me scandalisait le plus c'était la menace de la mère, comment avait-elle pu imaginer un tel scénario? Là encore je fais bien le distingo, je ne m'insurge pas parce qu'il s'agit d'un de mes enfants, mais parce qu'il m'apparait grave qu'un adulte puisse proférer de telles menaces à l'encontre d'un enfant. Dimanche soir j'ai annoncé à mon ex-mari que j'allais faire bouger tout ça, d'une en retirant Loulou de l'école jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée pour qu'il ne subissent plus de telles moqueries, de deux en allant à la gendarmerie à propos de cette menace.Il m'a dit qu'il me laissait gérer comme bon me semblait.

J'avais rédigé un courrier à l'intention du directeur, je comptais lui remettre en emmenant Loulou deuxième à l'école, pas de bol le réveil n'a pas sonné, j'ai ouvert les yeux à 8h55. J'ai téléphoné à l'école pour prévenir que Loulou deux n'arriverait qu'à la prochaine récré, en le priant de m'excuser pour le dérangement, et je l'ai informé de ma décision concernant Loulou premier. Il a tout écouté, m'a demandée de lui remettre quand même la lettre quand je viendrais à 10h20, il a conclu l'appel en disant "bon, et bien on va faire de l'instruction civique".

Je lui ai aussi parlé de vive voix à la récré, sa réaction et celle de la maîtresse de Loulou m'ont rassurée, j'avais peur qu'ils me disent "vous savez on n'a pas le temps de s'occuper de ce genre de chose", au contraire ils n'ont pas eu la moindre hésitation quant au fait que c'était une situation inacceptable. Je leur ai dit que j'étais consciente que Loulou n'était pas toujours facile, que je ne voulais en rien excuser ses comportements, mais que je m'interrogeais pour savoir dans quelle mesure ils n'étaient pas en réaction de la situation; son instite a admis cette hypothèse. Elle a jouté qu'elle constatait depuis quelques temps qu'ils survolait son travail, se déconnectait de la classe et se désintéressait de l'école. Elle m'a encouragée à le remettre le plus tôt possible, dès le lendemain même. Elle a ajouté "dites-lui qu'on est là pour l'aider, qu'il ne lui arrivera rien".

Quand je suis rentrée à la maison, j'ai tout redit à Loulou, et quand je lui ai demandé s'il voulait retourner en classe dès le lendemain, il a répondu "pour apprendre oui, pour me faire insulter non". Sa réponse m'a fait mal, ça me renvoyait à mon propre vécu, adorant apprendre (enfin, la plupart des matières) et détestant l'école pour le lot quotidien d'insultes et de moqueries diverses qu'elle allait m'apporter. Nous sommes ensuite allés à la gendarmerie, je tenais à ce qu'il y aille avec moi, pour qu'il comprenne que dans la vie c'est comme à l'école, il y a des lois, et qu'elles sont là pour nous protéger (enfin, en théorie, mais ça je ne lui ai pas dit). Le gendarme a pris note et m'a dit qu'il irait parler aux parents. Le soir il me rappelait pour me dire "il n'y a pas moyen de discuter avec eux, quand je vois le comportement de la mère je ne m'étonne pas de celui de la fille. Je vous encourage à régler le problème avec la direction de l'école". 

Le soir j'ai informé l'école qu'on ferait une tentative dès le lendemain. J'allais partir quand j'ai vu débouler le père, passabelemnt énervé, réclamant de voir le directeur. Je suppose qu'il n'avait pas apprécié la visite de la gendarmerie. J'ai accompagné Loulou jusqu'à la classe le lendemain, son instite l'attendait, ainsi que celle de Loulou deuxième, qui était la sienne il y a deux ans. Elles lui ont expliqué qu'en cas d'insultes, il devait venir immédiatement le dire aux enseignants, que ce serait pareil pour tout le monde, et que les insultes était passibles de punition. Quand elles ont demandé des noms, elles n'ont pas eu l'air surprises par ceux qu'il énumérait, et il a conclu "la bande à A..." qui n'est autre que celle qui s'amusait à le pousser (comme par hasard...)

Il a été convoqué l'après-midi dans le bureau du directeur, qui lui a expliqué que les élèves qui l'avaient insulté avait été punis. Il lui a dit aussi qu'il ne devait pas répondre aux insultes en insultant à son tour, il a reçu une punition pour ça, " je ne dois pas répondre aux insultes mais le signaler aux maîtres"., une fois au présent, une fois au futur et une fois à l'imparfait. Je m'en veux pour ça, parce que c'est moi qui lui ai dit d'agir ainsi, pensant que c'était préférable aux coups de poings. J'ai demandé à Loulou s'il trouvait sa punition juste ou non, il a dit "oui c'est normal, ils ne doivent pas m'insulter, je ne dois pas les insulter non plus". Ok, donc au moins il l'accepte. Il n'empêche que pour lui montrer que j'assumais ma part de responsabilité dans ce qui c'était passé, je lui ai dit que je ferais aussi des lignes. Je lui ai dicté le texte "Quand Loulou se fait insulter, je ne dois pas l'encourager à insulter les protagonistes mais à le signaler aux enseignants". Je l'ai laissé libre de définir le nombre de fois, il m'a dit "le minimum c'est 3, le maxi c'est 30." J'ai eu à le copier 10 fois.

Les parents avec qui j'en ai discuté m'ont dit que j'avais bien fait de marquer le coup, mon doc aussi, pour lui c'était l'occasion de recadrer certaines choses au sein de lécole, ce qui fut le cas puisque ça a même été abordé lors de la dernière réunion parents-enseignants: voilà ce que j'ai pu lire dans le compte-rendu: "Des enfants s'insultent entre eux. Les parents présents sont d'accord pour dire que ces problèmes doivent être réglés à l'école. Il est important de rappeler aux enfants qu'ils doivent faire confiance aux adultes de l'école. Il y a des choses qui doivent être dénoncées sans être pour autant un "rapporteur". Le règlement de l'école permet de punir tout comportement non citoyen et de protéger chaque élève".

En agissant ainsi, au-delà du fait de protéger Loulou Premier, j'ai eu l'impression de le faire pour moi, de régler un contencieux avec la méchanceté que j'ai subie durant mon enfance, de faire pour lui, pour moi, ce que mes parents n'ont pas su faire, de me défendre après coup (et coups). Non seulement ils ne sont jamais intervenus auprès de quiconque pour que ça cesse, mais en plus quand j'essayais de leur en parler ils m'envoyaient paître. Dès que je quittais l'école je voulais l'oublier, oublier tout ce qui s'y rapportait, je posais mon cartable, je ne le reprenais que le lendemain matin pour changer les cahiers et les livres en fonction des matières du jour, et je faisais mes devoirs à l'arrache dans le bus où à la récré.

Je me sens un peu apaisée par cette histoire, et bizarrement ma carrure je l'ai apprécié cette fois, je me disais "je tiens au vent, je ne tomberai pas". Je n'irai pas jusqu'à dire que ça valait la peine que j'ai subi moi-même tout ça, non rien ne justifie d'être le monstre de foire d'un groupe en quête de rire facile. En tout cas, puisque ça m'a donnée la force aujourd'hui de me dresser pour que ça n'arrive pas à mes enfants, j'accèpte un peu plus mes blessures, en espérant qu'elles deviennent un jour cicatrices.

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01:02 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : respect, loulou, avancee |  Facebook |

Commentaires

je suis choquée du comportement des parents de cette gamine. Comment faire de nos enfants des adultes ouverts d'esprit, tolérants, et acceptant les différences, si les parents ont une attitude semblable??? Si certains parents jouaient vraiment leur rôle éducatif, il y aurait moins de rejets vis à vis de certains, plus de tolérance par rapport aux autres et plus d'acceptation de leur façon différente de vivre (à tous points de vue). Il y aurait tant à dire....Bonne journée!!!

Écrit par : chutney1 | 15/04/2009

vous etes trop mimi sur la photo tous les 4 ! je suis degoutée pour le cambriolage aux restos pufff et pour le reste tu sais ce que j en penses mega pufffffffffffffff

Écrit par : beedoo2003 | 15/04/2009

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