01/07/2009

envie...

... d'exploser!!! J'ai passé une nuit pour ainsi dire blanche à ruminer, résultat des courses ce matin impossible de me lever pour aller bosser, j'étais prise de vertiges dès que je tournais la tête, tout en étant encore au lit. C'est la colère qui m'anime, et la lassitude de devoir toujours me justifier, j'ai l'impression que plus j'avance vers la porte de sortie de notre galère, plus je dois le faire souvent.

Alors une fois de plus je m'y colle, de toutes façons j'avais l'intention de faire un bilan en septembre pour mes 40 ans, je ne fais qu'anticiper un peu. Pour certains d'entre vous, rien de nouveau dans ce que vous allez lire, pour d'autres, dont deux personnes que j'ai conviées à la lecture de ce présent article, peut-être l'espoir de vous apporter une vision d'ensemble autre que les conclusions que vous êtes en train de tirer, "dans l'intérêt des enfants". Eh oui, ils sont encore au coeur du problème, je me défends d'agir pour eux, dans leur intérêt, mais vous aussi, alors que nos revandications sont différentes, il y a un problème là, non?

Bon avant d'aller plus loin, je vais expliquer pourquoi ce post. Je considère l'année scolaire qui vient de passer comme très sombre, bordélique à souhait, et sans deux points auxquels je me raccroche pour positiver, je dirais carrément que c'est un échec. Pas au niveau des résultats des enfants, mais au niveau organisation, rythmes, devoirs, ponctualité. J'ai foiré sur toute la ligne, vue qu'une fois que le train est en route on suit ou on se casse la margoulette; j'ai passé mon temps cette année à avoir les mains accrochées à l'entrée du wagon et les pieds qui essayent désespérément de trouver la marche, je me suis sentie ni vraiment dedans, ni vraiment dehors.

Depuis ma mutation l'année dernière, je n'ai pas du tout trouvé mes nouveaux repères, comme dit la directrice de l'école maternelle, la nouveauté cette année c'est que c'est Loulou premier qui emmène son frère et sa soeur à l'école, alors qu'avant c'était moi. C'est vrai. Voyez-vous, de mon côté la nouveauté sur le plan professionnel, c'est qu'avant je travaillais 20 heures par semaine et que j'embauchais toujours à 12h30; depuis mai 2008 j'ai été mutée dans une unité 5 km plus loin, ce qui certains matins demande un quart d'heure de plus que le trajet précédent pour me rendre au boulot, soit 3/4 d'heure de trajet en tout; j'ai maintenant un contrat de 30 heures hebdomadaires, et j'embauche en moyenne à 9 h ou 9 h 30, mais certains matin à 7 h ou 8 h 30.

Je me suis beaucoup investie dans mon travail afin que ma hiérarchie ne regrette pas cette mutation, tout le monde n'a pas joué le même jeu, au bout du compte il y a pas mal de déceptions. C'est vrai j'ai mis un peu de côté la gestion de la cellule familliale, je pensais agir au mieux de  nos intérets, je me suis plantée. J'ai laché prise en début d'année, l'hiver a été dur cette fois, j'ai eu beaucoup de mal à supporter le vent dans ma toiture, plusieurs fois j'ai cru qu'on était foutus. Et puis il y a eu les rats, qui avaient élu domicile à l'étage, et qui la nuit déscendaient par les gaines du compteur électrique dans la cuisine pour taper dans nos réserves. Voici ci-dessous un des spécimens que j'ai retrouvés après avoir mis le blé empoisonné donné par la mairie. La Marmotte peut témoigner que je ne raconte pas de blague, et que ça n'était vraiment pas facile à vivre, surtout quand Capsule arrachait les cartons pour pouvoir les trouver.

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Alors c'est vrai, je cafouille sur toute la ligne, mais je suis un peu usée. J'ai eu quelques conseils: rapprochez-vous d'une assistante sociale. Ah oui, ça je connais. Quand mon ex-mari s'est retrouvé 8 mois en fauteuil roulant suite à son accident de cyclo, je me suis rapprochée des services sociaux. On m'a proposée qu'une personne m'aide à la maison pour agir auprès des enfants. Petite contradiction, elle arrivait le matin à 8 heures, à partir de 9 h  ils étaient à l'école elle était donc seule avec moi, pour "m'aider à m'organiser," comprendre par là me dire que je devais jeter beaucoup d'affaires, et apprendre à ne plus rien garder. Ce comportement de ma part à l'époque correspondait à un besoin de protection, je me sentais en danger en devant agir autrement, c'est un peu comme si vous vouliez enlever une couverture à quelqu'un qui a froid en lui assurant qu'il n'en a pas besoin.

J'ai osé tenir tête aux services sociaux, qui ont décidé que je devais être aidée malgré moi, et que cela serait défini dans un cadre juridique puisqu'un cadre social n'avait pas suffi à me faire entendre raison. Alors je me suis retrouvée à devoir me justifier de nos conditions de vie devant un juge pour enfant. Je lui ai demandé s'il trouvait que j'offrais moins à mes enfants que la communauté des gens du voyage, mes enfants sont scolarisés, habillés et nourris correctement (s'il m'avait dit oui à l'époque, j'étais prête à exploser mon budget pour mettre une caravane au milieu de la cour).Il a déclaré un non-lieu et a débouté définitivement les services sociaux de leur requête. Alors non, je ne veux plus rien avoir à faire avec eux.

Autre conseil, faire un travail de psychothérapie pour m'aider à avancer et à modifier mes comportements. Dans l'idée, ok, d'ailleurs j'ai déja fait ce travail là. C'était en 2001, à la fin de la première séance quand j'ai eu fini d'expliquer au thérapeute les raisons de ma présence, mon mal-être etc, sa première remarque a été : "vous sortez d'une autre thérapie et vous me donnez son bilan là", non, c'était mon propre bilan. Je n'ai pas trouvé auprès de lui le soutien nécessaire, je continuais sur la lancée de mes trentes et quelques premières années où j'étais persuadée de n'être rien qu'un vulgaire détritus qu'il était souhaitable de mettre à la poubelle. Je n'avais qu'une obcession, mourir, et chercher par quels moyens je passerais un jour à l'acte. D'avoir porté mes deux garçons m'avait un peu réconcilée avec mon corps de femme que je détestais par ailleurs, mais l'amour que je leur portais ne gommait pas mes meurtissures profondes. 

La conception de Miss Malice n'était pas prévue, notre couple battant déja de l'aile, ça a fini de nous séparer, et je me suis retrouvée seule à décider de la garder ou non. Même si mon ex-mari ne regrette pas un seul instant sa présence aujourd'hui, à l'époque il était très clair sur la question, nous ne pourrions pas assumer un troisième enfant, à moi donc de décider. Mon psy s'est emmelé les pinceaux entre ses convictions personnelles et son regard professionnel, pour lui cet enfant né en pleine déchirure conjugale ne serait pas heureux, autant ne pas le faire naître. Je me sentais trahie par ses propos. Quand j'avais 8 ans, ma mère a fait une profonde dépression, ce n'est que plus tard que j'ai su que c'est parce qu'elle avait fait une IVG suite à la conception non désirée d'un troisième enfant. ça m'a toujours choquée de savoir qu'ils n'avaient pas voulu d'un troisième, je me suis souvent demandée ce qu'aurait été ma vie d'enfant si j'avais eu un petit frère ou une petite soeur.

Je ne voulais pas vivre ça, je ne voulais pas regretter par la suite d'avoir fait le mauvais choix, de plus sans savoir pourquoi j'étais sûre que j'attendais une petite fille. J'ai fait le choix de la garder, je l'ai payé, je l'ai portée seule. ça se passait mal au boulot, j'ai fini par vouloir que tout s'arrête, à trois mois de grossesse j'ai attenté à ma vie, j'ai fini à l'hosto. J'ai réagi pour ma fille, parce qu'elle m'a donnée un coup de pied dans le ventre quand je commençais à sombrer, c'est moi qui ai appelé les secours, pour qu'au moins elle soit sauvée.

J'ai dû vivre ensuite avec les verdicts des psy qui tournaient en boucle dans ma tête, "inadaptée sociale", "souffre de phobie sociale", "présente des troubles d'adaptabilité". Si je n'étais pas encore à cette époque une "sociophobe", ces verdicts m'y précipitèrent: j'habite à 20 m de la boulangerie, je ne voulais même plus aller chercher du pain tant je redoutais que soit écrit en rouge sur mon front que j'étais un rebus de la société. Sans l'obligation de préserver un peu mes enfants, je me serais enfermée pour de bon chez moi et je me serais murée dans le noir.

Sur fond de divorce plutôt houleux, puisque ceux qui me connaissent depuis longtemps savent qu'on ne s'est pas toujours entendu aussi bien qu'aujourd'hui, loin s'en faut, j'ai eu à gérer les malfaçons de la toiture et entamer seule un procès, me battre pour garder la maison malgré l'évidence de tous que quand on divorce on perd tout. Convaincre la banque de rapatrier tous les prêts à ma tête, passant mon endettement mensuel à 53 %, ça a été un bras de fer que j'ai fini par remporter en ayant l'aval de la caisse régionale. Je mettais toute mon énergie dans ces combats pour la maison, espérant que ça me ferait oublier mon mal-être et cette errance mentale dans laquelle m'avaient propulsée les "diagnostics-couperets" des blouses blanches.

Heureusement ma route a croisé un jour celle d'une personne hors du commun qui m'a accompagnée dans ma quête vers moi-même, je me suis relevée bancale, j'ai trébuchée, je suis retombée, mais il a toujours été là, non pas pour me tenir la main et me porter, mais pour m'encourager à me relever, et à chercher ce qu'il y avait de bon en moi. Des circonstances font que j'ai eu aussi à faire un psy loin de chez moi, il a en une phrase effacé  8 mois de souffrance mentale. Je venais de lui dire à quel point je souffrais de me sentir un rebus, il m'a dit "la couleur des yeux, on ne peut pas la changer, une étiquette ça se décolle". En le quittant, j'étais sûre d'une chose, jamais plus je ne laisserais quelqu'un m'étiqueter, je suis inclassable et le revandique, au nom de la liberté d'être moi.

Je ne suis pas pour autant une asociale pure et dure, mes rebellions ne sont pas gratuites, je n'ai pas envie de casser un système pour le casser, mais parce que réellement il ne me convient pas. Cette modélisation à outrance me sort par les yeux, j'en ai marre d'entendre que je dois faire comme ci ou comme ça parce que la voie que j'emprunte est aux yeux de la majorité sans issue. J'entendrai toujours les mots de l'assistante sociale lors de ses premières interventions: "mais madame, il faut que vous compreniez qu'ici c'est fini pour vous, vous n'arriverez pas à assumer vos charges financières, il faut vous résoudre à vendre". Aujourd'hui, je suis toujours là, mes engagements financiers ont toujours été honorés, j'ai gagné la confiance de ma banque, j'ai actuellement un endettement mensuel de 15 %.

Mais pour en arriver là, j'ai dû pousser la porte des restos du coeur, je pensais pour un hiver, ça aura duré trois ans, où pas une seule fois je me suis sentie humiliée d'être là-bas par les bénévoles, j'ai eu à faire à des gens formidables qui m'ont soutenue moralement, et qui même encore aujourd'hui, bien que je les aiz quittés depuis presque un an, sont heureux d'avoir de mes nouvelles et de savoir que j'avance toujours. J'ai tellement basculé dans la peur de manquer pendant un moment que malgré toutes les boites de conserve que j'avais à la maison, je mangeais les restes dans les assiettes au boulot (c'était facile j'étais à la plonge) ou j'attendais que mes enfants aient terminé de manger pour finir leurs restes, ou je prétextais ne pas avoir faim.

Je ne regrette pas d'avoir vécu en tirant sur tout, parce que ça m'a appris à puiser dans mes ressources pour faire des fêtes à partir de rien pour mes enfants, j'ai appris à regarder et savourer tout ce qui ne s'achetait pas. Nous sommes revenus à des valeurs de bases, essentielles, la vie tout simplement.

Je reprenais confiance en moi au fil du temps, il m'a fallue tenir bien droit quand j'ai ramassé mon père à la petite cuillère suite au coma de ma mère, et sa santé restée précaire depuis cet incident survenu il y a trois ans. Il m'a fallue retrouner au boulot à la fin de mon congé parental, demander une augmentation de contrat, tenir bon face à un responsable qui n'avait qu'une envie, celle de me voir partir. 15 jours après ma reprise, Fun nous quittait, me renvoyant à ma solitude tous les week-end alors que les enfants étaient chez leur papa.

ça a eu une autre conséquence sur moi, je me suis en quelque sorte "dématérialisée", je fuyais toute visualisation corporelle, mon apparence m'était égale, mon poids, ma coiffure, mes vêtements, du moment que mon corps était propre le reste m'était égal. Il m'a fallue longtemps pour comprendre le danger de cette situation malsaine, comprendre que les espaces m'angoissaient, comprendre que je me suis livrée par la suite à une "boulimie matérielle" (peut-être pour compenser ma boulimie alimentaire que j'avais réussie à maitriser dans les grandes lignes). Cela s'est manifesté par un encombrement systématique et désordonné de nos espaces, avec tout et n'importe quoi, tout pourvu qu'il n'y ait plus de vide. Il y a eu une période ou nous ne passions ici qu'en nous mettant de biais, en nous faufilant entre les cartons, ce n'était qu'ainsi que je prenais conscience de mes limites corporelles.

Commençant à désamorcer un peu cette folie, j'ai décidé de chercher de l'aide, il m'a fallue aussi longtemps avant de re-pousser la porte d'un psychothérapeute, j'ai trouvé exactement la personne qu'il me faut, mais ça coince financièrement, une visite est facturée 44 €, je ne suis remboursée que de 11, je ne peux pas l'esprit tranquille dépenser 33 € une ou deux fois par mois, juste pour mon confort personnel, alors qu'il y a tant encore à faire pour les enfants. J'avance donc seule dans cette reconstruction individuelle.

Sur le plan psychologique, il y avait là encore beaucoup à faire, à 37 ans j'ai enfin pu dire à mes parents ce qui m'est arrivée quand j'en avais 10, qui en était l'auteur, je me souviens ce jour-là avoir balancé à mon père "ça fait 27 ans que je le porte, à votre tour maintenant". Ils se sont pris un grand coup de massue dans la tête, mais moi ça m'a libérée d'un grand poids. J'ai compris aussi que ce n'était pas ce dérapage qui était à l'origine de ma masculinité prononcée et de mon rejet de féminité, mais bel et bien l'image de ma propre mère, qui pour moi est synonyme de faiblesse. C'est dur, mais c'est ainsi. C'est de Loulou Premier qu'est venue la guérison il y a trois semaines, quand il m'a dit "maman plus tard je veux te ressembler". Je voulais être certaine que c'était clair dans sa tête, je lui ai rappelé qu'il était un garçon et moi une fille, je voulais savoir en quoi il voulait me ressembler, il a répondu "parce que tu es forte". Exit le modèle de la faible femme...

Comme je vous l'ai expliqué récemment concernant les insultes à l'école, en intervenant pour Loulou Premier c'est comme si j'étais intervenue pour moi-même 30 ans en arrière et que j'avais compensé ce qui n'avait pas été fait alors. ça aussi ça m'a permis d'avancer.

Tout ce que je viens d'exposer me concerne, mais alors "et les enfants?" me direz-vous. Je discute souvent avec eux de la situation, de ce qu'ils veulent, ils aiment vivre ainsi, à part pour le fait que nous n'invitons jamais de camarades ici pour les anniversaires par exemple. J'ai grandi avec un frère de trois ans mon ainé, qui s'est construit seul en tout égoïsme et faisait partie des groupes qui m'insultaient, j'ai voulu auprès de mes enfants développer une notion de solidarité fraternelle, je leur enseigne que quoi qu'ils nous arrive à leur père ou à moi, ils doivent pouvoir compter les uns sur les autres. Comme tous les enfants ils se chamaillent quand ils sont ensemble et se cherchent quand ils sont séparés. Mais je les élève dans le partage, en veillant en même temps à apporter à chacun ce dont il a besoin.

Mon grand a besoin depuis longtemps de responsabilité, il les demande, je réponds à ses attentes et cela m'aide dans mon organisation en lui confiant la prise en charge de son frère et de sa soeur à l'école. Aujourd'hui, cette autonomie m'est reprochée par l'école, parce qu'il n'a que 10 ans. 

Miss Malice ne sait pas trop comment grandir, elle veut rester mon bébé, mais elle veut aller à la grande école, alors son avance sur le programme est contre-balancée par un manque évident de maturité. Je commence à lui faire comprendre qu'elle ne perdra pas mon amour en grandissant, et qu'au contraire nous pourrons partager d'autres choses. Le décès accidentel de son petit camarade l'a perturbée, elle a brusquement cessé d'évoluer, pouce au bec en disant "je veux Maman".

Loulou Deuxième, mon doux rêveur toujours à l'ouest, a un mal fou à rester concentré; l'arrivée de Capsule lui a fait beaucoup de bien, car là où il ne sait pas s'occuper de lui-même, il se responsabilise auprès de son chien, il se lève exprès le main pour le nourrir, et veille régulièrement sur la propreté et la fraicheur de son eau. Il m'a dit textuellement la semaine dernière "j'aime me sentir important pour lui". Car c'est vraiment un gros problème à son niveau, enfant du milieu dans la fratrie, "enfant tampon" comme on dit, il a du mal à trouver sa place, être grand comme l'ainée, ou petit comme la cadette, là est toute la question pour lui.

Pendant un moment il s'est senti différent de ses camarades et en souffrait, il a fallu que je l'aide à comprendre que loin d'être une tare au contraire la différence était une chance car elle enrichissait l'échange avec les autres, ainsi tout le monde n'avait pas la même chose à apporter aux autres. Le maintien dans une dynamique de groupe est difficile et un effort de tous les instants. Depuis peu j'ai trouvé par le biais du chant un moyen de l'intégrer à un ensemble tout en lui accordant une individualité, en le faisant chanter une autre voix. Il est à la fois avec nous et embellit l'ensemble de sa particularité. Je le sens s'épanouir peu à peu dans ce domaine.

Mais c'est encore difficile pour des choses très simples, du genre ne pas perdre la moitié de ses affaires entre le moment où je les lui donne et le moment où il s'habille après sa toilette. Et c'est ce qui s'est passé vendredi dernier. Quand je suis partie à 8h et quart pour le boulot, tout le monde était lavé, il n'y avait plus qu'à s'habiller. A 9 heures, je sortais du vestiaire en tenue, coup de fil du grand "Maman Loulou Deux est encore tout nu, il s'amuse, il dit qu'il ne trouve pas son T-shirt". Génial, je fais quoi moi? Je viens d'avoir un rappel au boulot sur le fait que j'arrive souvent en retard le matin, pour rectifier le tir je pars plus tôt de la maison, voilà le résultat. Evidemment hors de question de faire partir le grand et la petite (qui étaient prêts eux) à l'école et laisser Loulou Deux seul, alors j'ai demandé au grand de me rappeler quand il serait aussi habillé, et que j'aviserais. Il était 9h30 quand ce fut le cas, j'ai demandé au grand d'aller tirer la sonnette de la voisine et de lui demander de les accompager à l'école pour la prochaine récré, la personne contrôlant la circulation de la grande rue n'étant plus là, je ne voulais pas que les loulous traversent seuls.

La version de l'école c'est "vos enfants se sont trouvés seuls pour aller à l'école, ils ont été chercher la voisine pour les emmener". Très réducteur. Et ce n'est pas tout. Je suis restée sur le derrière hier en lisant une lettre de la directrice m'informant qu'un signalement a été fait auprès de l'Inspection Académique quant aux absences répétées et injustifiées de mes enfants, ainsi que les nombreux retards. Cerise sur le gateau, la maîtresse de Miss Malice a remarqué que celle-ci portait depuis un moment les mêmes vêtements. Et là ça me fait bondir, ce genre de constat fait sur l'apparence et non sur le fond, son étroitesse d'esprit ne lui a pas permis de se demander si ses vêtements étaient propres. Miss est lavée tous les jours, son linge intime est changé tous les jours, et ses vêtements lavés tous les deux ou trois jours.  En ce moment c'est le binz' chez moi au niveau vestimentaire, comme j'étais très en retard de linge à repasser je l'ai emmené chez mes parents, ma mère devait le faire mais elle a eu un soucis cardiaque, je lui ai dit de laisser tomber, du coup j'y vais quand je peux pour le faire moi-même, et ces temps-ci je n'ai pas trouvé un moment pour y aller, à par pourt arroser leur jardin en leur absence une fois la semaine dernière.

Et comme je suis en train de vider petit à petit la maison pour pouvoir y faire les travaux, j'ai beaucoup de mal à m'y retrouver, de plus depuis ma dépression du début de cette année, je suis toujours sous anti dépresseur, dont l'un des facheux effets secondaires est d'entrainer des troubles de la mémoire.

Je n'ai pas envie d'entendre que tout ce que je viens d'écrire ne vous regarde pas, que vous êtes génés d'apprendre tout cela, vous tirez des conclusions pensant agir dans l'intérêt de mes enfants, mais quand je serai vraiment à la ramasse, c'est vous qui viendrez agir pour leur bien, qui leur assurerez un toit pour l'avenir, à manger dans leur asiette au quotidien? Non, bien évidemment.

Hier soir j'ai commencé à balancer une recherche sur le net pour trouver des témognages de familles dont les enfants sont déscolarisés, majoritairement ce n'est pas l'enseignement à proprement parler qui est en cause, c'est le rythme de vie, et puis l'obligation de faire "propre sur soi" pour ne pas s'attirer d'ennui . Je ne savais pas qu'il fallait faire un défilé de mode pour rassurer les enseignants sur le fait que les enfants sont bien traités. A deux pas de chez moi, je connais une personne qui est régulièrement chargée en alcool, c'est son épouse qui gère les enfants, alors ça ne se voit pas, elle assure. Ah mais c'est vrai, je n'ai pas 7 enfants et je ne suis pas dans l'Education Nationale moi, donc forcément la médiocrité avec laquelle je gère mes enfants est pathétique et incompréhensible. Mais l'enseignante qui m'a gentiment balancée ça l'année dernière ne dit pas si les plus grands s'occupaient des plus petits pour soulager ses super parents, si tel est le cas, eux avaient bien le droit de répartir les responsabilités, mais moi non.

On s'inquiète de penser que mes enfants sont livrés à eux-mêmes quand ils ne sont pas à l'école et que je suis encore au travail, mais ces inquiétudes s'envolent quand une grève d'enseignant est déclarée et qu'aucune solution d'accueil n'est proposée pour nos enfants. "Nous sommes désolés pour ce désagrément, mais comprenez que nous nous battons pour l'avenir de vos enfants". C'est vrai, nous autres parents sommes vraiment des crétins pour penser basiquement à déjà leur assurer un présent. Excusez-nous, nous ne jouons pas dans la même cour, c'est le cas de le dire.


Bref tout ça pour dire que j'en ai vraiment marre, et que je m'oriente sérieusement pour la rentrée prochaine vers une déscolarisation des trois, j'étudie une organisation autour de mon boulot, car évidemment étant en cellule monoparentale je ne peux pas pour le moment lacher mon emploi. Finis les retards, finies les insultes (Loulou Premier ne veut à nouveau plus aller à l'école, à ce sujet je m'interroge sur le fait que l'un des camarades qui le traitait de gros a un papa dont la corpulence est très conséquente, serait-ce pour lui un moyen détourné d'évacuer la gène qu'il ressent quant à son père?). Finis les discours sur l'importance de la socialisation et de l'intégration alors qu'on autorise à côté l'usage de gameboy, DS et autre, qui favorise le repli sur soi-même et l'auto-exclusion des groupes. Finis la crainte d'être jugée pour tout et n'importe quoi, ou de voir des conclusions tricotées à partir de la moitié des éléments.

Quand on était gosse et qu'on jouait à se courir après, il suffisait de lever les pouces pour suspendre le jeu, le temps d'une courte pause. Je ne cherche pas mon second souffle, j'en suis à chercher le troisième, peut-être même le quatrième. Si je dis "pouce", vous allez me laisser souffler ou non? Que faut-il vous dire pour vous faire comprendre que là j'ai besoin qu'on me lâche: que je crie, que je pleure? Je n'en sais rien, en tout cas sérieux, laissez-moi vivre.

ocean dreams


17:50 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : respect, loulou, avancee |  Facebook |

Commentaires

soutien coucou Sandrine ,tes enfants on raison tu est forte et tu peu marcher la tête haute ne te laisse pas destabiliser .Tes enfants sont heureux ça sa compte, car tu t'en occupe bien .Réfléchis avant de prendre une décision trop rapide car se seras ça de plus a assumer et tu sais mieux que moi que de tout assumer seul c'est difficile . je te souhaite pleins de bonne choses dans un avenir proche. bisous

Écrit par : sylvie | 04/07/2009

Bonjour Sandrine!
Penses-tu que le fait de ne plus scolariser les enfants soit une bonne idée? les moqueries, les agressions comme les bons moments font partie de la vie. Chacun doit pouvoir y faire face. Tu ne peux pas surprotéger tes enfants et les déscolariser, parce qu'il font l'objet de réflexions blessantes à l'école ou parce que ton mode de vie est critiqué. Pour moi, ce n'est que l'apprentissage de la vie.
Comment feront-ils par la suite, quand ils seront devenus plus grands: ils ne seront pas armés pour pourvoir vivre au mieux les diverses "agressions" de la vie en société.
Qu'en pense leur père, que pensent les principaux intéressés? Et puis, donner une éducation scolaire à ses enfants toute seule, je ne pense pas que cela soit à la portée de tout le monde. Tu vas te compliquer la vie..! A réfléchir.
Je te souhaite une bonne journée. je te fais un gros bisou.

Écrit par : chutney1 | 15/07/2009

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