27/07/2009

Je refuse

Oui, je refuse que ce soit la fin, au nom de tout ce que j'ai déja encaissé, au nom de mes récentes avancées, de tous les "foutus d'avance" que j'ai déja remportés. Au nom aussi de mes enfants, pour qui je me suis embarquée dans cette voie afin qu'ils aient toujours un toit à eux quoi qu'il leur arrive dans la vie. Parce que si je lâchais maintenant, ça leur montrerait que je laisse les autres décider de mon avenir, de la dimension de mes rêves, de mon degré de liberté. 

Je veux au contraire leur démontrer que jusqu'au bout il faut y croire, et que difficile ne veut pas dire impossible. Nous au moins nous saurons ce que ça nous a coûté, en patience, en acceptation, en restriction le temps de trouver des jours meilleurs. Il y a un parc de loisirs tout près d'ici, je me suis trouvée à y donner un coup de main pour préparer l'ouverture en avril dernier. Vers les derniers jours, la directrice avait amené ses enfants et deux autres de leurs camarades. Elle a dû s'absenter, ils jouaient sur un grand trempoline, mes enfants étaient également là, Loulou premier s'est approché pour jouer avec eux, l'ainé de la directrice lui a balancé: "non, tu ne viens pas, ici c'est mon parc, c'est moi qui commande!".

Bravo, sans commentaire... Loulou est venu m'en parler, cette réflexion lui avait fait mal, je lui ai dit "laisse tomber, tu vois ça c'est la réflexion d'un enfant qui n'a jamais manqué de rien, dans un sens tant mieux pour lui. Mais nous, même si on est en train de s'en sortir, on sait vivre avec rien, ça ne nous a jamais empêché de rire et d'être heureux, de vivre des moments inoubliables. Tu sais, je ne leur souhaite pas de vivre ce qu'on a connu, mais si ça arrivait, ce n'est pas dit qu'ils sachent aussi bien s'en accomoder".

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J'aurais préféré ne pas connaître ni faire connaître à mes enfants les situations extrêmes que nous avons vécues, mais tout n'est pas négatif, nous avons appris à faire feu de tout bois, à attendre, à savourer le peu qu'on a, à apprécier ce qu'on obtient enfin, à faire des choix quand on ne peut pas tout avoir. Nous avons appris à partager aussi, à réaliser que même si on a parfois le sentiment d'avoir peu, il y a des gens qui ont encore moins que nous, ne serait-ce que dans la sécurité d'avoir un toit (même si en ce moment ce toit est une passoire), disons alors des murs solides, dont nous sommes propriétaires, et dont nous savons que nous ne serons pas expulsés, et puis à manger dans nos assiettes chaque fois que nous avons faim. Sur un forum j'ai fait un jour la connaissance d'un homme qui a connu bien pire (si tu passes par ici, donne moi de tes nouvelles si tu en as envie, en tout cas j'espère que tu vas bien), allez lire son blog, et vous comprendrez ce que c'est de descendre aux enfers et de glisser plusieurs fois avant de trouver comment remonter. J'ai beaucoup de respect pour lui, en lisant ce qu'il a écrit j'ai ressenti beaucoup de peine, mais aussi de honte et de colère: voilà ce que notre société fait aujourd'hui de ceux qui pendant un moment ne rentrent plus exactement dans les cases. Le siège éjectable semble avoir une sensibilité de plus en plus accrue.

Tout ça tourne dans ma tête depuis mercredi dernier, mon moral est descendu en flêche à mesure que les jours passaient, je suis passée par tous les stades, lassitude mentale, épuisement physique, sentiment d'être submergée, d'avoir perdu, de m'être trompée de route. Je pense que vendredi a été la pire journée, j'étais carrément à la ramasse. En remettant ma batterie électronique en carton pour l'emmener chez mes parents avec d'autres affaires trop fragiles pour être stockées dans mon autre maison, je me suis mise à pleurer, en voulant retourner dans ma carapace. Je m'imaginais déja ne retournant pas en cours de batterie à la rentrée, n'inscrivant pas Loulou premier au solfège comme prévu, ne retournant pas au boulot, démissionnant et gardant mes enfants ici pour leur faire l'école, limite en mettant sur mes volets et ma porte "passez votre chemin, mise en quarantaine à l'infini". J'ai même appelé l'assistante sociale pour lui dire que je ne voulais pas venir au rendez-vous fixé mercredi prochain à son bureau, que ce qui m'arriverait désormais m'était égal. Elle a dit qu'elle maintenait l'horaire de rendez-vous, que je vienne ou non.

En raccrochant je me disais "ils veulent gérer ma vie, ok, je veux être assistée sociale maintenant (non non pas assistante, assitée, apparemment c'est un métier, il y en a qui savent très bien jouer avec toutes les aides sociales). Je vais perdre mon boulot, ensuite je ne pourrai plus payer la maison, je vais perdre la maison, il faudra qu'ils nous relogent et nous trouvent de quoi vivre, je vais leur faire cracher leurs aides". Je fonctionne comme ça, j'ai besoin d'envisager les pires solutions pour déterminer ce que je veux ou non; oser les verbaliser, les visualiser, m'aide à les sortir de moi et m'assurer dans mes choix.

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Un pote est passé vendredi après-midi, il est des rares à pouvoir entrer ici, il a dit des choses sans porter de jugement, des choses que je savais déja sur la façon dont je dois agir ici pour avancer, mais ça m'a fait du bien de l'entendre de la bouche de quelqu'un d'autre, d'une part ça prouve que ce que je voyais n'était pas une mauvaise idée, d'autre part qu'il y a encore des gens qui peuvent comprendre, et d'où je viens, et où je vais. Quand il a su que ça faisait presque 5 ans que je me bats pour sortir de là, il m'a dit "bah t'as des c...", et ça aussi ça m'a fait du bien de l'entendre, car les bien-pensants avaient fini par me faire douter de moi.

Le soir je suis allée chez mes parents porter mes affaires sensibles, et je suis passée chez mes ex-beaux-parents. On ne s'était pas bien compris sur quand je reprendrais les loulous, dans mon esprit je les reprenais ce soir-là, mais quand je suis arrivée ils étaient en pij. On a mangé tous ensemble, finalement je ne suis repartie qu'avec Loulou premier afin qu'on bosse tous les deux à la maison. Samedi nous sommes allés à la déchetterie, ça faisait un moment que je n'avais pas pu y retourner, faute de temps ou de véhicule approprié.

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Depuis que l'Audi m'a lâchée mi-mai, je roulais avec le camion que Big man m'a prêtée, ça c'était cool pour faire des tours de déchetterie.  Je pouvais normalement le garder jusqu'en fin d'année, mais sa fille a eu son permis et il m'a demandée de lui rendre pour elle. J'étais ensuite sencée récupérer mon Espace, mais on n'arrivait pas à trouver un créneau pour ça, alors en attendant mon ex-mari m'a prêtée sa voiture, une mégane, je ne voyais pas aller à la déchetterie avec, d'une parce que je n'aurais pas mis grand-chose dedans, et de deux parce que j'aurais trouvé ça vraiment incorrect de risquer de salir le coffre et les sièges: tout ce que je prévoyais de mettre à la déchette avait subi plusieurs averses et était mouillé et/ou crade.

Finalement quand mon Espace est arrivé il s'est avéré qu'il ne roulait pas correctement, j'ai gardé la mégane une semaine de plus et j'ai demandé à mon ex-mari de me trouver en urgence un véhicule. On est tombé sur "The one qui est fait pour moi", un Voyager Rallongé, je l'ai depuis deux semaines. Et là donc pour la déchetterie c'est cool, j'ai même récupéré des palettes au boulot, je peux les mettre dans la partie arrière à plat sans plier les sièges passagers. Donc voilà, je vais pouvoir à nouveau avancer. Juste une petite remarque, les services sociaux n'étaient pas là quand je galérais pour trouver une solution pour aller au boulot que j'aie une voiture ou non, et je n'ai pas demandé à qui que ce soit quoi que ce soit pour financer ma voiture, même si j'ai bien les boules d'avoir eu à prendre sur mes économoies destinées aux travaux 2000 € pour garder une mobilité.

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Une fois la cour vidée samedi soir, le moral était meilleur, et puis d'un coup je me suis mise à réfléchir. Pour le moment, les services sociaux ont accepté de me rencontrer dans leurs locaux, alors qu'au départ ils voulaient venir ici. Je vis depuis cette décision sous la pression de me demander à chaque instant pour chaque chose chez moi "est-ce que ceci va leur convenir?". Je les ai faits  rentrer chez moi avant même qu'ils n'y soient, et là j'ai dit stop. Qu'ils me demandent des comptes sur la ponctualité de mes enfants à l'école ou la raison de leurs absence ok, qu'ils viennent contrôler ici la façon dont nous vivons, non, pour moi c'est hors sujet, et du domaine privé. Je lui ai proposé de venir lire ce blog, elle m'a dit qu'elle n'avait pas internet au boulot, et ne souhaite pas sur son temps personnel venir voir, car je cite "ce sont deux choses différentes madame, j'ai une vie privée aussi vous comprenez?". Ok, alors dans mon cas, je refuse également qu'on fasse un amalgame de tout.

J'ai donc décidé d'aller effectivement au rendez-vous mercredi prochain, mais de refuser la visite ici. L'assistante sociale m'a dit qu'elle devait faire un rapport sur la façon dont je collaborerai ou non à l'instruction du dossier, et que je peux en cas de refus me retrouver saisie par la justice. Et je suis prête à cette éventualité, le cas échéant je veux demander au juge pour enfant s'il trouve la situation normale.

Concernant le fait que Miss Malice a porté plusieurs jours les mêmes vêtements, ça a étét déclaré ainsi: "ses vêtements n'ont pas été changés", ce qui ne véhicule pas vraiment le même message, cette déclaration implique un non-lavage, alors que ce n'était pas le cas. Il est heureux pour son instite que je ne l'aie pas su plus tôt, mais quand c'était Loulou premier qui allait chercher sa soeur, elle faisait passer d'autres parents avant lui, elle ne voulait pas qu'il l'emmène, alors que pourtant j'avais rempli l'avis d'autorisation dans ce sens conformément à ce que m'avait demandée la directrice. Ma voisine m'a dit qu'elle a souvent dit qu'elle la prenait en même temps que sa fille pour que Loulou puisse l'emmener, et lui n'osait pas me le dire.

Par ailleurs, mon autre voisine, qui après avoir déménagé de la commune revient vivre ici, m'a dit qu'une fois sa fille est revenue avec des marques à l'avant-bras, faites par cette instite qui avait sous le coup de l'énervement serré un peu trop fort sa fille. La directrice avait reconnu être au courant de ce genre de situation qui arrivait parfois "mais on n'y peut rien". Ok, donc ses agissements sont couverts par sa supérieure, et moi elle se permet de venir m'emmerder parce que j'ai habillé ma fille avec les mêmes vetements (lavés, je me sens obligée de le préciser).

J'ai envoyé il y a quelques temps le lien de ce blog à l'Inspection Académique, j'espère qu'ils auront eu la curiosité de venir lire, s'ils tombent là-dessus j'ose croire qu'ils auront la même diligence et le zèle pour déclencher une enquête à propos de cette enseignante dont la réputation d'avoir les nerfs à fleur de peau n'est plus à faire, qu'ils l'ont eu pour venir mettre le nez dans ma vie. Ce qui me choque le plus dans cette histoire, c'est que les signalements sont tous regroupés sans dicernements sous le même intitulé au niveau de l'Inspection Académique: "signalement d'enfants en danger", alors que l'Assistante Sociale m'a dit texto "je veux vous entendre aujourd'hui sur les retards, les absences, et les vêtements". Ils devraient revoir leurs termes, ça me fout en l'air de savoir que la situation actuelle arrive dans la même boite que les signalements d'enfants frappés, abusés sexuellement ou que sais-je encore.

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En ce qui concerne l'école, ce qui me fait sourire c'est la remarque que déclence le fait d'envisager de les déscolariser "mais vous ne pouvez pas faire ça, vous vivez seule vous ne pouvez pas arrêter de travailler pour leur faire l'école". Ah tiens, ça vous importe aujourd'hui que j'aie des moyens de subsistances pour assumer matériellement mes enfants? Vous n'arrivez même pas à comprendre que c'est pour maintenir cette évidence que je n'ai pas pu répondre à vos exigences de ponctualité cette année. Alors ok, mes loulous iront à l'école, MAIS je ne collaborerai en aucune sorte à quoi que ce soit, ils feront leurs devoirs s'ils le veulent, je leur ai expliqués l'intérêt d'apprendre, d'étudier, ils ne le feront pas pour l'école, mais pour eux, donc peu m'importe les notes qu'ils rapporteront. Inutile également de me contacter en cas de punition, aux enseignants de gérer ce qui se passe dans l'école, à moi de gérer l'extérieur, il n'y aura plus de communication, ce qui a été déclenché là est rédhibitoire quant à mes échanges avec les enseignants. Déja je pense que je vais avoir beaucoup de mal avec le fait que Loulou Premier va avoir comme instite cette année le directeur de la primaire, qui a signé conjointement le signalement avec la directrice de maternelle, qui s'était empressée de me dire "vous avez bien vu que ça ne vient pas que de moi, le directeur de la primaire a signé aussi" (tout à fait l'esprit scolaire, ça doit leur déteindre dessus, "eh mais y a pas que moi woh!!!!!")

Enfin bref, c'est leur faire trop d'honneur que de continuer de parler d'eux, je vais changer de sujet. Depuis que j'ai grillé par erreur mon disque dur externe, jai fait très peu de photos, ça m'a dégoutée aussi. Toutefois hier nous sommes allés à Beauval, je n'y étais pas retournée depuis le 1er mai faute de véhicule, je ne voulais pas y aller avec une voiture qu'on m'aurait prêtée, ça parait con mais ça me gênait de faire des trajets autres que de bosser ou faire des courses (ou la dechette avec le camion). Donc il fallait que je vide mes cartes mémoire de l'appareil, et là je suis retombée sur quelques photos que je veux mettre ici, la malice de mes "clowns-babybel" m'amuse. Celle où ils sont tous les trois, je l'ai prise derrière eux sans qu'ils me voient, Loulou deux s'était subitement arrêté de jouer et avait appelé à voix basse son frère et sa soeur, ils sont entrés doucement dans le hangar pour voir les jeunes hirondelles qui avaient quitté le nid. Celle du pigon me plait beaucoup, c'était un soir où le soleil commençait à s'oranger; seule une partie du toit du voisin était illuminée ainsi, donnant une couleur particulière à ce pigeon qui me regardait le photographier.Loulou premier avec les chèvres, ça date d'hier, je vous raconterai , là je lui ai promis de jouer à la bataille, ensuite on va promener Capsule.

Dans mon paradis, j'ai fait le plein d'essence, celle qui me va, celle dont je me nourris, essence de vie présente à chaque pas là-bas, il y a eu plein de naissances ces trois derniers mois.

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13:43 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : maison, loulou, combat, avancee |  Facebook |

Commentaires

tout simplement merci , tu comprendra p-e mieux en lisant mon mail . Mais encore une fois , tu montre que malgré la souffrance , on peux se relever et continuer à avancer . Merci de me prouver encore une fois que mon combat , nos combats valent vraiment la peine d'être mener . et ensemble on y arrivera !!!!! COURAGE !!! et surtout ne te laissent pas faire par tout ses vautours sans scrupules qui ne pense qu'à achever des êtres déjà biens blessés !

Écrit par : Tite elo | 27/07/2009

Je ne dirais qu'une chose je suis FIERE de toi de ce que tu es de ce que tu véhicules et tes enfants je le repete sont j'en suis sure bien plus heureux à l'interieur d'eux que d autres et ils ont des VRAIES VALEURS celles qui se perdent à mon grand desespoir.Bravo pour tout ce que tu fais pour le travail sur toi pour ce que tu transmets à tes enfants et ce que tu partages avec nous et merci de ne pas laisser ces mauvaises ondes te decourager bravo bisous à toi et tes enfants

Écrit par : beedoo2003 | 28/07/2009

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