16/09/2009

je n'ai plus d'envie

Loin d'être un renoncement , un abandon, c'est au contraire un sentiment de plenitude surprenant et intense. Ce que je vis en ce moment avec Mme Schach-duc me ramène plus encore à l'essentiel de la vie, trouver et accueillir dans chaque instant des moments uniques et inoubliables. Peu importe le reste, ça viendra si ça doit venir, ou ça ne viendra pas.

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Je réalise à quel point le temps passe vite, je refuse pour l'instant de me mettre la pression en me demandant "aurons-nous le temps de tout boucler avant la fin?", le travail s'amoncèle, ma narratrice est une source intarrissable d'anecdotes plus intéressantes les unes que les autres, quand je l'écoute je redeviens une enfant, pendue à ses mots, j'ai envie de supplier "encore! encore!" quand elle s'arrête et que je dois partir.

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Une histoire qu'elle évoque ouvre une autre porte dans sa mémoire "ah tiens je l'avais oubliée celle-ci, je peux la raconter aussi", et alors qu'elle pensait ne pas avoir le temps d'arriver à la moitié de sa liste initiale elle l'a dépassée tout en greffant d'autres histoires en chemin.

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La veille de la rentrée je me suis trouvée à aller chez elle, avant de partir je suis allée dans le jardin avec son mari pour ramasser quelques légumes, il commençait à pleuvoir je me suis dépêchée de tout mettre dans ma voiture, tellement dépêchée que j'ai laissé ma clé dedans avant de fermer. Piccolo était à la maison pour garder les enfants, j'étais incapable de lui dire où était mon double, j'ai attendu qu'il fasse quelques recherches, sans succès, avant qu'il ne vienne me chercher (à 50 km de chez moi, sinon ce n'était pas drôle).

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J'étais restée sur le pas de la porte pour téléphoner de mon portable, je n'osais pas rentrer pour ne pas déranger, je m'étais assise sur la marche en me reculant au maximum pour éviter la pluie. Le monsieur a ouvert la porte d'un coup, j'ai à peine eu le temps de me relever, je me suis faite incendiée "mais qu'est-ce que vous faites là? vous n'allez pas rester dehors quand même, rentrez il pleut!"

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J'étais très gênée, je suis entrée en bredouillant un merci. Il a touché mon dos, mon T-shirt était mouillé, il m'a dit d'un ton qui n'autorisait aucune objection "allez vous mettre près du feu, je viens de l'allumer, vous allez vous sécher un peu!", alors je suis allée me coller au manteau de la cheminée. Son épouse était dans le fauteuil, elle était fatiguée des deux heures que nous venions de passer à parler, elle s'excusait de rester assise (!!!!). Quand ils ont su que Piccolo en avait pour presque une heure pour venir me chercher, ni une ni deux ils ont dit "bon, vous allez manger avec nous"

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Je n'ai même pas eu le temps de finir de dire non que le monsieur a repris "il y a de la soupe et de la ratatouille, on en a bien pour trois, allez!". J'ai taché de me rendre utile en mettant le couvert, ensuite en les servant. Tout était bon, le feu, le repas, ces moments si simples et généreux. Je me sentais projetée dans un temps que pourtant je n'ai pas connu, celui dont mes parents me parlaient quand j'étais petite, celui du temps où on prévoyait toujours "la part du pauvre" au cas où une âme perdue frapperait à la porte et aurait besoin de chaleur auvergnate.

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Je me sentais cette âme, non pas perdue, mais trouvée. Le monsieur m'a chambrée en amenant le quinion de pain qui leur restait, il me lance "bon c'est bien joli, vous restez à manger mais on va manquer de pain, allez donc nous en chercher avec votre voiture". Une ou deux autres allusions à la situation m'ont définitivement amenée à en rire, encore plus aujourd'hui (je sais, c'est facile quand tout s'arrange).

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Ce repas fut l'occasion d'en savoir un peu plus sur ma narratrice, son parcours professionnel, ses aventures en Afrique avec des porteurs à tête comme on en voit dans les vieux reportages. Décidément, quelle vie elle a vécue.

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La semaine dernière lors de ma visite elle m'a montrée une lithographie et un travail qu'elle a réalisé en taille douce. Quand je suis partie, elle m'a dit de les emmener, j'étais très touchée, ce sont vraiment les oeuvres d'un travail très délicat. En attendant de trouver son livre sur internet, je lui ai emprunté son dernier exemplaire, j'ai été très surprise de découvrir dans les pages une photos de la graine de carotte qu'elle a réalisée en taille douce. Il n'y a eu que 25 exemplaires de faits,  j'ai le 14 ème, celui du livre.

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Je ne regrette pas de laisser certaines choses en attente pour vivre tout cela, et puis cela me permet de porter un regard encore plus curieux sur la vie, c'est bien simple tout me surprend, m'émerveille, m'amuse, je regarde tout autour de moi avec un regard neuf, comme si je venais de tomber dans un endroit dont je ne connais rien. Et j'aime ça.

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11:50 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : serenite, avancee |  Facebook |

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