09/10/2009

comme dans un train

Lors de mes premiers cours de science-physique (houla, bah vi c'est pas tout jeune hein...), je me souviens qu'on nous enseignait les notions de systèmes, de référence, et que les déplacements d'objets étaient toujours en fonction de ce qui les entourait. L'exemple cité à tous les coups était celui du passager assis dans le compartiment du train. Selon la façon dont il était considéré, le passager pouvait être en mouvement, si on l'intégrait au système "train", ou immobile d'un point de vue individuel.

Je ne critiquerai pas cette comparaison, la preuve je la ressors aujourd'hui de ma mémoire pour vous expliquer ec que je ressens. Disons que contrairement au passager assis, je suis peut-être debout dans le wagon, et je me déplace, mais pas à la vitesse du train. C'est ainsi que je l'ai l'impression qu'autour de moi tout va très vite (trop?) et que je chemine à ma vitesse, avec mes envies, mes besoins.

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En chemin samedi soir, je n'ai pas pu résister je me suis

arrêtée sur une aire de repos pour photographier le ciel

J'ai repris le boulot mardi, aux heures habituelles, 9-15, et je ne suis plus en vacances la semaine prochaine. Durant mon absence, il y a eu des changements, je ne tire aucune conclusion, positive ou négative, j'attends. Je me suis fixée une ligne de conduite, je fais mon boulot du mieux que je peux, la seule différence avec l'année dernière, ce que j'avais déja appliqué depuis mon retour en mai, c'est que je ne déborde plus côté horaire.

Mr Schach s'informant au cours d'une de nos conversations de ma profession m'avait dit en conclusion "en somme vous êtes 'casse-croutière' quoi", ça m'avait fait sourire. Alors en casse-croutière digne de ce nom, je continue de préparer les sandwichs et les salades avec le même soin que si c'était moi qui allais les manger, j'y mets du coeur, parce que deux personnes dont j'ai la chance de recevoir les enseignements m'ont confirmé que ça faisait une différence, et je me sens bien de bosser ainsi.

Paradoxalement avec ce qui s'est passé autour de l'école et des services sociaux, je n'ai jamais été autant tournée vers les autres, et chaque fois que je suis dans l'échange je me sens nourrie. Je reçois ce qu'on me donne, mais j'ai besoin de donner en retour, non pas parce que je me sens redevable, mais simplement parce que je sens que je peux aussi donner quelque chose.

Par exemple, dans le courant du mois de septembre dans un village voisin il y avait un fête annuelle, on y jouait à deux reprises avec la batucada, et entre les deux nous nous sommes baladés avec les enfants aux différents stands. A l'un d'entre eux, des dames nous montraient comment faire de schapeaux de samouraïs en origami, je l'ai sur mon bouquin mais je ne m'y suis jamais attelée. J'ai appris, en même temps que miss Malice, qui a évoqué les grenouilles, à cause d'une partie assez mémorable an attendant chez le médecin, je vous raconterai. Les dames avaient oublié comment on les faisait, alors je leur ai appris, et tout le monde était content, mois avec mon chapeau, elles avec leurs grenouilles.

Il y a 15 jours à Beauval une dame a engagé la conversation avec moi près des orang-outans, me confiant qu'elle avait peur des petits singes suite à une mésaventure qui lui était arrivée l'an passé à Gibraltar, un petit phénomène en liberté lui avait sauté dessus, volé son chapeau et fait des lambeaux de son foulard. Je lui ai parlé des ouistitis en liberté dans la serre des gorilles, et que ce serait peut-être pour elle l'occasion de tirer un trait sur cette mauvaise histoire.

Je la sentais hésitante, je lui ai proposée de l'accompagner, elle a accepté. pas de bol, pour une fois je ne les ai pas trouvés, ils avaient changé de coin, elle était presque déçue, mais je lui ai dit qu'au moins elle avait été prête à le faire, c'était déja un grand pas de franchi. Nous avons encore bavardé un peu et puis j'ai dû partir pour récupérer les enfants à l'école.

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Tandis que je photographiais le soleil couchant, la lune se levait 

dans mon dos

Dimanche dernier, puisque je revenais de Bourges je ne pouvais pas ne pas m'arrêter, d'autant plus que j'ai su la semaine dernière que Mandy, la plus grande des jeunes orang, va partir bientôt. Eh oui mademoiselle est devenue grande maintenant, elle ne peut plus rester dans le groupe, elle devenue aux yeux de son père une femelle potentielle, ce qui évidemment ne doit pas se faire, dans le soucis de conserver un génome sain de l'espèce.

ça m'a fait de la peine de l'apprendre, j'espérais avoir encore un peu de temps pour le regarder grandir, avoir l'occasion de rejouer avec elle. Je savais que ça ne tarferait quand même plus trop maintenant, sa morphologie avait beaucoup changé en peu de temps, mais là, de la voir isolée, c'est iminent. N'ayant pas vu ce jour-là de soigneur dans les parages, je suis allée me renseigner entre les deux spectacles, c'était le directeur qui en assurait l'animation. ma tristesse a dû se voir, car au moment où je redescendais les marches il m'a confiée une nouvelle qui n'est pas encore officialisée, et dont évidemment je ne parlerais pas plus en détail, par respect pour la confiance qu'il m'a accordée. ça m'a beaucoup touchée. 

Bref, je suis passée dimanche, dans l'espoir que Mandy soit toujours là, et que je puisse encore la voir un peu. C'était le cas. J'ai passé beaucoup de temps là-bas, ainsi qu'aux gorilles, les trois petites femelles étaient déchainées, c'était un régal de les voir se chahuter, à deux, à trois, roule-boule, une pause, toc je tape dans le dos et je me barre. Asato les regardait, placide, assis et penché sur ses avants-bras, son dos offrait ainsi un toboggan de premier choix. En tout cas c'est ce qu'a dû juger Mayombé, qui sautait sur lui de son rocher, glissait en bas et se précipitait pour recommencer. Toute cette dynamique était ressourçante.

Juste à côté de moi un monsieur prenait des photos, il avait un super appareil et il était visible qu'il prenait beaucoup de plaisir à photographier. Son petit loulou venait régulièrement le chercher pour aller aux lamantins, mais il voulait rester aux gorilles. Je souriais en pensant à l'agacement que je ressens parfois quand je suis avec les rouquins, que les loulous viennent me chercher, et que je finis par me lever, à regret.

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J'ai raté le soleil levant dimanche, mais j'ai quand même eu ce ciel,

la photo n'est pas terrible mais j'ai apprécié tout ce qui allait avec, le calme,

le vent, les corbeaux, les coqs, un pic-vert, et d'autres oiseaux dont j'ignore tout

J'ai repris ma visite, et un peu plus tard j'ai revu ce monsieur assis sur un banc en train de manger un sandwich. Je ne sais pourquoi j'ai senti que je pouvias lui approter quelque chose d'intéressant, alors je lui ai demandé s'il aimait les grands singes, s'il avait eu le temps de photographier les orangs, i m'a dit que non et qu'il regrettait de ne pas pouvoir faire des gros plans, vu qu'ils étaient qusiment tous sur l'île. Alors je lui ai proposé de les voir de près, parce qu'à l'intérieur quand ils me verraient ils s'approcheraient.

Je ne peux vous décrire son regard, mélange de surprise et de plaisir, la seule comparaison qui me vient c'est celle d'un enfant à qui on propose une méga-super-bonne-glace-avec-tout-ce-qu'il-aime. ça m'a fait rire de le voir accélérer de manger son sandwich, je lui ai dit qu'on avait quand même le temps (je m'en serais voulue qu'il s'étouffe).

Les rouquins sont venus tout près, au point que c'était même difficile de les photographier à cause du reflet, en modifiant un peu l'angle il a réussi à prendre des super photos. J'étais heureuse de pouvoir partager ça avec lui, et j'avais l'impressoin d'être en spirale positive en ressentant le plaisir qu'il avait à les photographier.

On a bavardé ensuite, boulot un peu, et puis j'ai réalisé à quel point mes ambitions professionnelles avaient changé, aujourd'hui aller bosser ne m'épanouit plus mais ne me mine plus non plus (enfin, pour le moment, c'est déja ça de gagné) en fait tout ce qui m'importe c'est d'assurer mon minimum vitale et de subvenir aux besoins des loulous. J'aimerais bien trouver un moyen de gagner ce minimum en pouvant me consacrer aux autres, je vias me mettre en veille à ce niveau pour étudier ce qu'il est possible de faire. En tout cas je suis heureuse de constater que le boulot n'est pas l'essentiel de ma vie, loin de là.

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Des chardons, qui me rappellent toujours

mes vacances d'enfant au bord de la mer


Commentaires

MERCI pour ces photos apaisantes ces quelques mots je te sens bien en ce moment ! bon jretourne aux enfants c samedi et ils sont à bloc lol bisousssssssssssssssss

Écrit par : beedoo2003 | 10/10/2009

batucada slt jvoudré savoir si tu pouvé menvoyé la photo de la batucada stp. merci bone soiré

Écrit par : ciindy de la batucada | 12/10/2009

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