01/11/2009

parce que rien n'est fini...

...et rien ne finira, je peux reprendre mon blog, chargée d'un peu plus d'émotions, et d'instants riches. Je souhaitais attendre que les funérailles soient passées pour revenir écrire ici et vous exprimer mes ressentis.

La chose qui m'a le plus frappée, c'est la solitude dans laquelle on se trouve dans ces cas-là. Non pas directement, car dans le cas présent la famille était très présente, les amis, même pour moi qui suis arrivée récemment dans leur vie, ils ont tous été très gentils.

C'est vis-à-vis des autres, ceux qui ne savent pas. ça m'a marquée le jour même de son départ, pour quitter l'hôpital nous avons partagés l'ascenceur avec un monsieur, gentil, souriant, qui plaisantait un peu sur le labyrinthe des couloirs. J'ai souri du bout des lèvres, mais globalement nous étions quand même silencieux et peu enclins à converser. Il ne pouvait pas savoir que nous étions en peine.

Et sur le chemin du retour j'ai eu le même ressenti. Les mêmes flots de voitures, les mêmes feux rouges, ici les jeunes qui se chahutent en attendant le bus, là une maman qui tient son enfant par la main pour traverser, devant moi un monsieur qui téléphone.

Et j'ai pensé aux gens que l'on voit dans la rue qui ont le visage fermé, qui marchent en ne semblant rien voir d'autre que le mètre de bitume qui les précède. Et je me suis dit que peut-être aussi ces gens qui semblent si austères traversent un moment de grande peine et sont seuls dans la rue pour la porter.

Car c'est une réalité, le monde ne s'arrête pas de tourner, la vie, l'énergie, sont constantes. Et puis, je vous ai déja parlés de mes convictions sur le sujet,  pour moi à l'extinction de l'enveloppe charnelle, ce qui l'habitait s'en va, cette entité ne s'éteint jamais. C'est pour ça que je n'ai pas souffert le jour des funérailles en voyant son corps allongé dans le cercueil. Ce n'était que son corps, elle était partie aileurs.

Ce jour-là, j'ai fait la connaissance d'une personne qui l'appréciait beaucoup, et d'emblée je me suis sentie bien avec, elle m'a invitée à venir la voir, et vraiment je n'y manquerai pas.

Quand je suis rentrée le soir, ça a été juste pour prendre Capsule et repartir, le pauvre je l'ai un peu délaissé ces derniers temps, je m'étais jurée de le promener. Et puis le ciel commençait à rougir, j'avais envie, besoin, d'aller voir ce spectacle.

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Nous sommes allés au bord du Cher, là où j'ai photographié le lever du soleil l'autre jour. Sans le vouloir, j'ai sans doute confronté Capsule a un très mauvais souvenir. Quand nous allons chez mes parents, je le laisse courir en liberté tant que je suis dehors, mais il est comme Fun, le seul passage pour se faire la malle, il le trouve. Donc pour aller manger par exemple je le mets l'attache, il ne dit rien.

Là, je voulais monter sur le pont pour pouvoir prendre des photos, je l'ai donc attaché à un arbre. Je n'aurais pas été éloigné de plus de 50 m, et on aurait été en contact visuel permanent. Pourtant dès que j'ai fait 5 mètres il s'est mis à aboyer sans arrêt, j'avais beau lui parler rien ne le calmait, il refusait d'entendre que j'étais prêt de lui.

Avant que ses maîtres nous le confient, il était à la SPA, son attitude de jeudi soir me laisse penser qu'il a dû être laissé à l'abandon attaché à un arbre. Je n'étais qu'à la moitié de l'escalier qui permet d'accéder au pont, j'ai fait demi-tour, je l'ai caressé, je me suis excusée et je l'ai détaché de l'arbre pour l'emmener avec moi.

Le soucis c'est que là-haut le trottoir n'est pas large, il fallait que le je tienne vraiment très court, et qu'ensuite je l'attache aux barreaux avec peu de marge, je n'aime pas faire ça. Mais j'ai très vite que lui préférait ça plutôt que d'être en bas à l'arbre. Il s'est assis sur ma chaussure (comme ça je suis sûr que tu pars pas, na!) j'ai pu prendre quelques photos et profiter des couleurs du ciel.

Ensuite nous sommes redescendus pour marcher le long de la berge, Capi est attaché à une corde de 10 mètres, comme ça il a de la marge pour vadrouiller, il passait dans les herbes, le nez en pleine action, il était content. Piccolo m'a appelée sur mon portable pour savoir comment je me sentais suite aux funérailles, on a discuté un peu, et d'un coup  je regarde la laisse. Elle était tendue, vers le bord du Cher, je m'approche un peu plus et je vois mon Pitoune dans l'eau jusqu'à la moitié du corps, aux aguets le regard vers je ne sais quoi qui l'attirait au milieu de la rivière.

J'ai raccroché vite-fait et prié sa majesté poilue de revenir me voir, ce qu'il a fait, avec toujours sa même innoncence à laquelle il sait que je ne résiste pas, j'aurais presque pu lire dans ses yeux "oui, me voilà, qu'est-ce qu'il y a?".

Qu'est-ce qu'il y a??!!! Mais t'es trempé, banane! Il s'en foutait royalement, au passage il s'est secoué de la tête à la queue en douchant tout ce qui était près de lui (j'étais près de lui...), et n'ayant pas de serviette là là tout de suite sous le coude, j'ai fait marcher mossieu dans les hautes herbes pour qu'il bénéficie d'un séchage 100% bio (mazette...)

Heureusement j'ai toujours un plaid dans la voiture, je l'ai mis sur le siège avant de le faire monter, j'ai nettoyé tout l'intérieur de la voiture cet été, comme dirait-l'autre "bah j'ferais pas ça tous les jours!". En rentrant à le maison je suis passée par la boite aux lettres, et j'ai eu la joie de trouver le livre de Mme Schach que j'avais commandé sur internet, il ne pouvait pas arriver un meilleur jour. Son corps part, son livre arrive.

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Le reste de la soirée, je n'avais rien envie de faire, je suis restée allongée, avec mon Pitoune couché de tout son long sur moi, il appuyait sa tête le plus possible, plusieurs fois je l'ai remercié d'être là, je lui suis reconnaissante, il est le garant de mes "insolitudes".

J'ai fini par me résoudre à manger un peu, je n'avais pas vraiment faim, mais j'ai peu mangé ces derniers jours, rien ne me tentait, mais je dois bien assurer quelques apports, c'est pas vraiment le moment de tomber malade. Et puis dodo, mon toutou à côté de moi, sa tête sur mon ventre qui montait et descendait au rythme de ma respiration.

La pression a été lourde ce jour-là de part les attentes -bien légitimes- de la famille, pour la première fois depuis que j'ai commencé les retranscriptions je me suis mise à douter de ma capacité à mener à bien ce projet. Au bord du Cher, j'ai pesé, posé tout ça, fait la part des choses, je pu reprendre  vendredi en toute sérénité, je n'ai plus peur, ça aboutira.

09:33 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Gros bisous je passe en coup de vent mais tu sais que je ne suis jamais bien loin...

Écrit par : beedoo2003 | 10/11/2009

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