29/03/2010

un grand tournant

Je n'aurai tenu que trois semaines à peine depuis ma reprise, je savais que ça serait difficile mais je pensais pouvoir résister au traitement qui m'attendait, je me suis plantée, j'ai lâché jeudi soir.

Depuis que j'avais repris mon boulot, mon travail se composait à 80% de ménage en tout genre, que je ne faisais pas assez vite selon ma nouvelle responsable, donc soit je finissais plus tard sans être payée des heures sup pour tout boucler, soit je partais à l'heure et je me faisais engueuler parce que tout n'était pas fait.

La première semaine j'ai fait 3 heures de plus, la seconde 1 heure de plus, cette semaine je suis partie à l'heure mais du coup je me faisais engueuler, je suis rentrée tous les soirs en larmes, jeudi a été le pire, Miss Malice est restée une heure à côté de moi à m'essuyer les larmes au sopalin à mesure qu'elles coulaient de mes yeux. Donc là j'ai dit stop.

Quel que soit le nombre de personnes qu'on avait au service de midi, je 'navais pas d'aide pour la vaisselle, et le reste devait être quand même fait. Mieux, un mardi où les filles en vente n'avaient personne, elle discutaient avec des clients en salle ou se marraient en se montrant des messages qu'elles avaient reçu sur leur portable, et moi j'étais comme une conne derrière à bosser seule.

Selon mes responsables je ne dois pas m'occuper des autres, et quand jeudi j'ai réclamé un peu d'équité auprès du superviseur, il a répondu "ici il n'y a pas d'équité" (ouais, j'ai vu). Quand il m'a reprochée que le sol était mal lavé, je lui ai dit qu'il était 17h15 et que je débauchais à 17h, donc là je partais, il a fini par dire "allez cassez-vous!". Clap clap clap.

Je suis en arrêt maladie pour dépression, j'ai contacté un avocat, je le rencontre le 15 avril. Je ne veux plus bosser là-bas, je n'en peux plus de cette mentalité de cons et d'un fonctionnement d'apparence.

J'ai tout de suite su qu'avec le superviseur ça coincerait, parce que lors de la première réunion qu'il a faite je l'ai pris à contre-pied sur un de ses arguments et je sais que ça ne lui a pas plu. Nous vendions alors un produit qui nous parvenait en surgelé, pour un certain prix et d'un poids de 400 g. Il voulait le remplacer par un produit fait par l'unité où j'étais avant, pour un poids de 500 g mais plus cher quand on faisait le rapport au kilo.

Il nous disait que nous pouvions avancer comme argument que c'était plus cher mais que ça faisait travailler quelqu'un de la région, ce à quoi je lui ai demandé pourquoi avec un tel argument nous travaillions avec du poulet qui vient du Brésil? (Maintenant ça a changé, il vient de Thailande...). Et donc voilà, il n'a pas aimé.Un producteur de volaille, j'en connais un en difficulté dans mon village, alors forcément c'est quelque chose qui m'interpelle quand même.

Pour le fait que je sois partie le 17 décembre, j'avais été convoquée en entretien, suite auquel j'ai eu un avertissement pour abandon de poste. Lors de cet entretien, nous avons parlé aussi de ce qui s'est passé dans l'unité où j'étais avant, et il estime que je n'avais pas à aller à l'encontre de la décision de mon responsable d'alors, "quoi qu'il fasse il savait ce qu'il faisait," je devais me la fermer. Je ne cautionnerai jamais l'obéissance aveugle, j'ai des convictions, ce que j'ai fait à l'époque s'appuyait sur une éthique, je ne regrette pas même si ils me l'ont fait payer, puisque au bout du compte ça a fait bouger des choses.

Quand j'ai expliqué au superviseur ce qui avait motivé mon action, il m'avait répondue "vous devriez arrêter de penser aux autres et penser un peu plus à vous" (et après on va se plaindre de vivre dans un monde de chacun pour soi). Tout ce que j'ai trouvé à répondre à ce "conseil" qui me choquait, c'est "ok, vous voulez que je pense à moi, bah justement le 17 décembre la réfelxion de mon collègue m'a vraiment fait mal et m'a déstabilisée, je me suis sentie en danger psychologiquement, et ce jour-là oui je n'ai pensé qu'à moi". Il me dit "oui, m'enfin je veux pas dire comme ça" (bah faut savoir).

Jeudi soir quand j'ai pris la décision de porter cette affaire en justice pour harcèlement moral, j'ai évidemment tout de suite mesuré la conséquence inévitable, je ne bosserai plus là-bas. Et je m'en suis sentie immédiatement soulagée. Je veux pouvoir me regarder en face le matin dans la glace, sans me dire que je laisse mes convictions, mon humanité et mes valeurs au vestiaire pour aller chercher un salaire, parce que je le vis réellement comme une prostitution mentale. 

J'ai déja réfléchi à certaines possibilités professionnellles pour après,  j'ai pris des renseignements hier pour savoir quand déposer ma candidature là où je veux postuler, en tout cas une chose est sûre, ça ne pouvait plus durer.

Sinon, dans le paragraphe "ça suffit les conneries", on peut ajouter l'école: la semaine dernière les instites n'ont pas apprécié que les enfants n'aillenet pas à l'école, ils ont refusé de donner leurs devoir à la voisine, donc j'y suis allée jeudi matin. Quand j'ai demandé au directeur le pourquoi de ce refus, il m'a dit que c'était pas normal que je ne mette pas les enfants à l'école, que j'étais dans l'illégalité en agissant ainsi, mais que eux étaient dans la légalité en faisant grève.

Pour les devoirs, j'ai dit "ok alors on joue au con là", il dit "qui joue dans l'histoire", je réponds "bah vous", donc il est partie en vrille. J'en ai marre des gens qui veulent m'apprendre à vivre et qui se permettent d'agir à l'inverse de ce qu'ils veulent que je fasse. De même en ce qui concerne la ponctualité; il est exigé que les enfants soient à l'heure le matin, mais un soir en allant les chercher à l'école j'ai poireauté un quart d'heure parce que la classe de Loulou Premier (du directeur donc) était en retard en rentrant du sport. La semaine suivant cet évenement, mes loulous ont été en retard, j'ai mis un mot indiquant qu'ils ne devaient pas être ounis vu que l'instite montrait l'exemple.

Je veux qu'on applique ce qu'on me demande de faire. Et je ne veux plus entendre que "le monde tourne ainsi, que c'est les loi du plus fort, que notre société est comme ça et qu'on n'y peut rien", on voit bien que ça ne fonctionne pas, alors il est temps de faire en sorte de changer les choses. Ras-le-bol de subir sans rien dire.

L'année dernière je discutais avec une personne du village qui me disait "mon mari dit que le français n'est bon qu'à se faire enc....er", je lui ai dit "peut-être, mais alors explique-moi pourquoi quand on ne se laisse pas faire on passe pour un emm....eur?". Elle avait marqué un temps d'arrêt avant de dire en souriant "oui, c'est vrai".

Y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce système à la con. Maintenant une chose est sûre, puisqu'on veut que je m'intègre socialement, je vais en profiter aussi de ce système, ça fait 20 ans que je bosse, que je paye des assédics et que je n'ai jamais été au chomage. Bah on va rééquilibrer un peu tout ça.

21:33 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : travail |  Facebook |

Commentaires

Libere toi enfin de tout cela puffff vraiment ! et puis un bon rééquilibrage ça peut avoir du bon bisous

Écrit par : beedoo2003 | 31/03/2010

BONNE FETE on est le 02/04 hein :-) c pour ne pas donner ton prénom hihihi bisous

Écrit par : beedoo2003 | 02/04/2010

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