12/11/2010

X-factor!!!

Drôle d'aventure... d'abord la décision de s'inscrire, le numéro de participation que l'on garde précieusement pour le jour de l'audition (et qui ne sera pas demandé). Et puis le choix des chansons, une en anglais une en français comme précisé dans les modalités du concours... on s'entraîne, n'importe quand, ça coince sur les paroles, et on recommence, n'importe où, dans la voiture, au toilettes, au lit en chantant dans sa tête. Le décompte commence, J-10, on bosse encore... J-4, -3, -2, -1... on y est c'est demain!

Faire le sac (pourvu que j'oublie rien), déposer les enfants et le chien chez les parents, essayer de dormir, mais pas évident, tout se bouscule.

Jour J, le réveil sonne à 4 h, le temps d'émerger j'ai les yeux en face des trous à 4h30, je déjeune, on se prépare, c'est Piccolo qui m'emmène, parce que moi toute seule à Paris, autant ne pas y penser. Le temps de passer prendre un ami qui a aussi à faire à la capitale (histoire d'optimiser le déplacement) nous quittons Tours à 5h30. Il pleut mais ça roule bien, on rend l'autoroute. Un arrêt petit dej sur une aire, un moment d'amertume en voyant que nous allons manger dans une unité de mon ancien boulot, où je constate  quand même que la propreté est plus importante que là où j'étais, les paillasses sont nickel, les produits d'un bon aspect, je me résouds à prendre une tarte au sucre, parce qu'elle à l'air pas mal. Je déchante un peu quand j'y retrouve un arrière goût fermenté qui trahie une pousse trop longue. Bah oui, on ne change pas une équipe qui... enfin cette équipe quoi.

Bref, on repart, j'ai toujours la même inquiétude sur le fait de prendre la bonne tonalité dès le départ, vu que l'épreuve se déroule a capella. En même temps je trouve un peu injuste que certains puissent s'accompagner d'une guitare, qui offre forcément un peu plus de confort posant une base mélodique. Mais il ne faut pas que je m'en serve d'excuse au cas où je ne serais pas prise, donc je constate et j'en reste là.

Dernier arrêt après le péage, je me change. Quelques ralentissements, somme toute la circulation reste fluide, Piccolo me dépose sur le lieu de casting à 9 h15, et c'est assez affolant de voir le monde qu'il y a déja, entassé dans un circuit de barrières. Je trouve enfin le bout de la file et me résouds comme tout le monde à patienter. Je me demande comment je vais faire pour converser avec les autres, je ne me vois pas passer ma journée murée dans un mutisme au milieu de peut-être 1000 personnes.

J'attends, j'écoute, j'observe les autres. Je souris de la voir la tête déconfite que font les gens qui continuent d'arriver et constatent l'ampleur de la file, qui m'a déja engloutie depuis un moment. Combien seront nous vraiment, je l'ignore, je peux juste dire: beaucoup.

On nous distribue des tickets jaunes, je vois que j'ai le 606 (tiens, un palyndrome), le gars nous a dit "et vous ne nous rendez pas un chiffon au moment de passer" (mais on nous ne le demandera pas non plus). J'essaie d'engager la conversation avec la personne à côté de moi en lui montrant mon ticket " ça veut dire qu'il y a déja 600 personnes devant nous?" il répond "c'est ça!" sèchement, je ne prends pas sa malamabilité pour moi, je me dit qu'il est dégoutté d'en arriver lui aussi à constater que l'attente sera très longue.

Le temps est gris, ça caille mais il ne pleut pas encore. Une femme devant moi, Sandrine, à peu près de mon âge, parle beaucoup, c'est une habituée des casting, elle raconte ses expériences, se veut rassurante pour les novices flippés que nous sommes, elle se la pète un peu mais elle a un côté très sympathique qui fait que ça passe. Après tout, on est ici pour y croire, pour espérer que notre moment est là. Je me suis préparée à jouer une attente d'une journée contre 30 secondes de prestation à donner le meilleur de moi, et c'est ce qui va être le cas, nous apprenons que la veille les derniers candidats sont passés à minuit.

On avance d'environ 10 m à l'heure, ça brouillasse par moment, une équipe passe, un caméraman, un preneur de son et une femme qui nous incite à crier. Mais on a le cerveau aussi engourdi que le corps, alors ça sort tout mou ce qu'on crie, et puis on n'a pas trop envie de crier, on veut garder notre voix pour le jury. Mais ils ne nous lâcherons plus, il leur faut de la matière pour leur émission, alors nous voilà coatchés pour crier "X-factor!" les bras en croix, quand le gars du micro aura fini son décompte. et on doit recommencer encore et encore, la prise n'est pas bonne, trop mou, trop ceci, pas assez cela...

Des grands "wé!!!!!!!!!!!" saluent l'arrivée de Jérome Anthony et Sandrine Corman, qui assureront la présentation de l'émission lors de sa diffusion à la télé. Ils se pèlent autant que nous, nous disent gentiment que nous devont coopérer  afin que les prises se fassent le plus rapidement possible, qu'après nous pourrons rentrer plus rapidement, qu'ils ont aussi froid que nous... sauf qu'on sait bien qu'ils rentreront largement avant nous. Pas grave, on est là de notre plein gré, donc on est d'accord pour en ch... (ça pousse loin les rêves hein)

Notre progression vers l'entrée est toujours aussi "rapide", nous n'avons d'autre choix que de suivre le labyrinthe de barrières, avec une curieuse sensation d'être parqués comme du bétail. Et nous voilà tous invités (heum) à beugler à nouveau pour ponctuer les phrases de Jérome et Sandrine tout en regardant la caméra qui vole au dessus de nos têtes. ça fait déjà un petit moment que je discute avec Daniel et Séverine, et rien que pour avoir fait leur connaissance je suis contente d'avoir poireauté toute la journée. Séverine s'absente de la file pour un besoin physiologique, prendre un café, et nous en ramène un chacun, je trouve le geste vraiment très gentil, ça a rendu la chaleur du café encore plus agréable. Mais il va refalloir qu'on face les clowns devant la caméra, je confis ma précieuse boisson que je n'ai pas encore eu le temps de boire à un papa venu accompagner sa fille (parce que lui il ne va pas faire le clown), et en même temps je trouve ma requête déplacée, alors je lui propose d'en boire mais il ne voudra pas.

Midi approche, et j'entends dans ma tête "long is the road" de Goldman, parce que ouais, la route est longue jusqu'à cette porte qui est pourtant si proche "à vol d'oiseau". Je redoutais de manger et de chanter peu de temps après, mais là je peux en toute quiétude, j'aurai laaargement digéré avant de m'éxécuter (ça fait peur ce terme en fait...). Je mache mes sandwichs, lentement, pour ne pas avoir du stress au ventre, et au moins je me centre sur quelque chose. Daniel quitte la file et va chercher la glacière dans sa voiture. Je garde sa guitare parce que Séverine a déja un sac. Il me la confiera pour le reste de la journée, ce qui me touche beaucoup parce qu'il m'a dit que c'est un instrument d'une grande qualité, et d'une grande valeur.

La pluie se mèle de la partie par intermittence, nous passerons plusieurs moments à voir les parapluies s'ouvrir et se refermer, on a peur de se chopper la crève, on a froid, les écharpes viennent sur le nez et la bouche pour préserver les circuits d'air. Certains ralent qu'ils en ont marre, qu'ils veulent partir, on les en dissuadent en leur disant que ça fait déja 8 h qu'on attend, c'est dommage de lâcher. Il y en a qui resteront, d'autres abdiqueront quand même.

Dans la progression de la masse j'ai été un peu éloignée de Daniel et Séverine, et je suis vraiment contente d'avoir la guitare qui me tient compagnie, je sers parfois l'étui contre moi; ça me rappelle un passage que j'ai écrit dans la nouvelle sur mon petit viloniste qui serrait contre lui l'étui de son instrument. J'avais imaginé ce qu'il pouvait ressentir dans ce réconfort étrange, et je suis heureuse de l'expérimenter à mon tour, de constater que j'avais "imaginé juste".

Pour gagner du temps (ah c'te blague), aux abords de la porte que nous espérons atteindre dans une heure et demie, des papiers nous sont distribués nous expliquant le déroulement du concours, les différentes étapes, des parties à remplir pour les droits d'image... c'est la bousculade pour récupérer les papiers, puis le binz pour écrire, trouver des crayons, certains laissent leur dos en guise de table pour que d'autres puissent remplir les doc. Je m'appuie sur l'étui de la guitare, on se partage mon crayon, je découvre que la personne à côté de moi viens de Tours, et une autre de Blois.

Séverine se demandait plus tôt dans la journée comment la production faisait pour repérer dans la foule ceux qui étaient pris, comment ils pouvaient avoir une interview d'eux. Naïvement j'imaginais que des gens de M6  aller passer des geures à scruter les images pour retrouver parmi la foule les personnes sélectionnées, mais non c'est beaucoup plus simple que ça. Le voile se lève quand nous voyons un candidat retenu repasser de notre côté de la barrière, et répondre à une interview devant la caméra. De la matière, quand il n'y en a pas, on en fabrique, bah voui, faut du show hein... (ah la magie du montage)

La porte est devant moi, je suis dans la prochaine vague, je fais remonter la guitare jusqu'à Daniel. J'entre enfin dans le hall, j'apporte mon dossier à une table, on me donne un numéro, le 19891 (tiens, encore un palyndrome), j'ai une feuille à remplir et après je pourrai passer. Ce qui me préoccupe surtout pour le moment c'est de trouver des toilettes, ça fait 10 heures maintenant que je n'y suis pas allée, je n'ai pas bu de la journée pour pouvoir gérer, malgré tout j'ai l'impression que je ne vais jamais m'arrêter. Le soulagement est sans nom.

Passons aux choses sérieuses. Des filles sont devant la glace en train de se coiffer, se maquiller, je jette un coup d'oeil au miroir en me lavant les mains, il n'y a plus rien à sauver de mon apparence, je passerai avec mes cheveux rabattus par les pluies successives et la capuche, tant pis, à vrai dire je m'en fous, je ne suis pas là pour un défilé de mode, mais pour chanter.

J'aurais aimé pouvoir faire des vocalises, me détendre comme on nous apprend à la chorale, mais il y a trop de monde, trop de stress. Trois salles de jury, je me mets dans une file. Il reste deux personnes à passer devant moi, après ça sera mon tour. Quelqu'un du staff arrive avec une jeune fille qu'il fait passer devant nous, elle a déja été entendue par deux jury et doit passer devant celui-ci. Certains ne chantent même pas une chanson en entier, on entend à travers la porte qu'elle est testée sur 5. Elle finit par ressortir radieuse, son papier pour la prochaine étape à la main.

Une femme entre, et ressort à peine une minute après, disant qu'elle n'est pas prise. C'est aussi rapide pour le garçon qui passe après elle. C'est mon tour, ça fait flipper. J'entre, j'essaie d'être la plus détendue possible, j'entonne Armstrong de Nougaro, les mains se lèvent pour me stopper avant la fin de mon premier couplet, aïe pas bon. Le verdict tombe "vous chantez juste, c'est en rythme, mais ça vient de la gorge ce qui fait que ça vous demande des efforts, alors que normalement ça doit venir du ventre". Puisque je suis là, je demande des conseils pour m'améliorer, et ils me disent qu'en prenant des cours de chant j'acquiérerai ce qui me manque.

Je sors en fait aussi rapidement que les deux précédents, ce qui inquiète les candidats qui attendent leur tour pour passer à notre salle. J'ai l'impression que la fille qui passe après moi sort encore plus vite. Une autre y va, ensuite ça sera le tour d'une jeune, mineure, accompagnée par sa mère, qui pour la rasurer lui dit "attends, ça va tu passes pas ton bac non plus", j'essaie de la rassurer aussi en lui disant que justement après cette hécatombe peut-être qu'elle apportera ce que nous n'avions pas et qu'elle fera la différence, mais que pour ça elle doit garder intacte la motivation avec laquelle elle est venue.

Une fois passés nous devons rapidement dégager les lieux pour désengorger les couloirs et laisser la place aux autres candidats. Je retrouve dans le hall Daniel qui attend que Séverine soit passée, je pars sans savoir si elle a réussi, au moment où j'écris je ne le sais toujours pas. Piccolo et Bigman m'attendent dehors, je ne peux pas rester, parce que je ne sais pas s'ils ont réussi à bien se garer. Piccolo m'offre des fleurs en confiserie, en fait je me dit que c'est un cadeau sympa pour une nana, c'est beau, ça se mange, donc ça console et ça touche de partout. 

Je garde de cette journée un bon souvenir malgré les 10 heures à poireauter dehors au froid, déja pour les rencontres que j'ai faites, et pour la façon dont j'ai géré la situation, le fait de me préparer pour une échéance fixe, d'avoir géré le stress en amont et de ne pas avoir perdu mes moyens au moment de passer. Je n'ai pas été retenue par manque de technique vocale, ce qui en même tente se conçoit largement puisque je n'ai jamais pris de cours, en tout cas je ne me reproche rien parce que j'ai chanté au mieux de mes capacités, donc ça va. J'ai des pistes de travail pour améliorer les choses, et puis j'ai laissé un cd à la production avec la lévédanz' et ma dernière chanson "maman à 100 à l'heure", sait-on jamais...

10:07 Écrit par Dream' | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Et ben quel aventure dis donc !
En tous cas moi je suis très fière de toi car tu as su vraiment retenir que le positif de cette aventure. Tu as vraiment fait une bel avancée dans ce chemin de vie que tu essaye de construire.
Maintenant , comme tu dis tu as des pistes pour t'améliorer et je suis certaine que tu es capable de grandes choses alors ne reconce surtout pas. Moi j'adore t'écouter chanter mnt comme je t'avais dis pas mail je n'ai pas de connaissance au niveau des techniques musical donc a ce niveau là c'est bien que tu ai eu un avis. Mnt , ta voix est très agréable à entendre.

Merci de nous avoir fait partage ce récit. Sache qu'une fois encore je serais là pour continuer à t'épaule dans la suite de ce parcours.

Je te souhiate un agréable w-e. bizz

Écrit par : Elodie | 12/11/2010

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