02/11/2008

Petite visite dans ma commune

Pour vous parler un peu plus de l’endroit où je vis et pourquoi j’aime y vivre… Comme vous aviez pu le constater sur le plan d’un autre article de la même rubrique, nous avons ici l’avantage d’être au vert en ayant toutes les commodités et un accès facile aux plus grandes villes. Enfin… « grande s», ça doit fait sourire les parisiens, n’est-ce pas Barba ? Même toi la Marmotte à Nantes ça doit te faire rigoler… bon en tout cas pour moi c’est assez grand comme ça, d’ailleurs c’est bien simple je n’y vais pour ainsi dire jamais.

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Je suis à environ une soixantaine de mètres de l’église, j’ai vite pris l’habitude de tendre l’oreille pour l’écouter dire l’heure plutôt que de regarder ma montre quand je suis dans la cours et que je laisse la porte ouverte l’été. Ça a été aussi l’occasion très tôt d’initier les enfants aux comptes simples, toutes les heures un coup de plus, c’est bien rentré dans leur tête. Et puis il y a l’Angelus… à 7h05 (8h05 le dimanche), 12h05 et 19h05. Une fois, alors qu’il était tout petit, Loulou Premier hochait la tête et balançait doucement son corps pendant la volée de cloche. Alors que je lui demandais « qu’est-ce que tu fais ? » il m’avait répondue « je danse, j’aime cette musique ». Euh… ok… ( oui oui, plaisirs très simples vous voyez…)

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A cela il faut rajouter les volées de cloches pour les messes du dimanche, une série aussi le mercredi à 16h45 (un reste de vespres ?) et la sonnerie très caractéristique des enterrements. L’église, le bâtiment s’entend, égrène encore le temps, même quand on n’est pas croyant.

Pour aller à l’école, nous la contournons et passons par le parking qui se situe derrière elle. Il y a cet arbre magnifique que je ne me lasse pas de voir, et puis juste à côté une tour dont la forme du toit m’interpelle, je la suppose ayant fait partie autrefois d’un ensemble entourant l’église, je n’ai pas encore eu le temps de me pencher sur la question.

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L’école, bien que moderne dans son enseignement, reste attachée à son passé, comme en témoignent deux évènements assez récents la concernant. Depuis l’année dernière elle porte un nom, voté parmi plusieurs propositions, en hommage à une institutrice, Germaine Renaud, arrêtée pour faits de résistance et décédée en février 43. La ligne de démarcation passait dans le village, le séparant en deux. D’ailleurs, à l’époque, le prêtre du village, l’abbé Lacour, était également engagé dans la résistance.

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Le second évènement survenu dans l’école est la cloche que vous voyez en photo. Elle a une petite histoire, de celles que j’affectionne particulièrement. Devant le nombre grandissant d’enfants chaque année, l’école pousse les murs, construit des classes, et faute de place au sol, s’attaque désormais à l’étage, qui jusqu’ici était un vaste grenier. Pour appeler les enfants à rentrer dans les classes, les instites frappaient jusqu'ici dans leurs mains, lentement. Et là, en débarrassant les combles, voila que surgit cette cloche qui avait été reléguée dans un coin. Elle a repris du service, les enfants sont contents, ils préfèrent ce son aux appels des mains. De la cour je l’entends mettre un terme doucement aux récrés dont les bruits me parviennent.

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Et puis plus près de nous, à disons trente mètres, la bibliothèque. Lieu que j’ai très peu fréquenté jusqu’ici, pas celle-ci en particulier, mais les bibliothèques en général. Dans ma première école primaire, nous allions à pied de temps en temps à la biblio qui se trouvait à 2 km, puis nous avons eu le bibliobus. J’empruntais un livre à chaque fois, par obligation, mais je ne le lisais pas, car les durées d’emprunt me paraissaient toujours trop courtes, j’avais essayé au début, puis renoncé. Et puis la lecture n’était pas très présente chez mes parents, ils ne lisaient quelques livres que pendant les grandes vacances, alors les histoires à patager avec nous, il ne fallait pas trop y compter.

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Une fois adulte, je me suis dit que ça serait bien que je profite de ces sources de cultures mises à disposition de tous, alors je me suis décidée à pousser la porte de la grande bibliothèque de Tours. J’étais à l’époque très mal dans ma peau, chaque nouveau lieu, public de surcroît, était une épreuve pour moi. A peine entrée, j’ai senti les regards d’une bande d’ado sur moi, des rires étouffés, j’ai essayé de ne pas y préter attention, j’avais des recherches à faire, j’ai eu toutes les peines du monde à oser demander des renseignements à la personne de l’accueil. Quand je les ai eues, je me suis rendue à l’endroit indiqué, j’ai entendu chuchoter « tiens, la voilà », les têtes de la petite bande se sont toutes tournées vers moi en pouffant de rire. J’ai relevé les éléments dont j’avais besoin, je suis partie et n’ai jamais pu y remettre les pieds, c’était au dessus de mes forces.

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 Du temps a passé depuis, j’ai beau avoir à peu près à nouveau la même corpulence qu’à l’époque, je ne crains plus les moqueries, les regards, je sais très bien que ce n’est pas ce que la plupart voient chez moi et que je peux être dans un réel échange avec les autres. Côté lecture, elle est très présente à la maison du fait que nous ne captons pas la télé, cela donne lieu à des moments très privilégiés entre nous quatre. J’en arrive même à des protestations le soir quand l’histoire est « déjà » finie et qu’il est temps de dormir.

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Les enfants empruntent depuis la maternelle des livres, je dois dire que vue la configuration de la maison, c’était une source de stress pour moi, car rarement rendus à temps du fait que je ne les retrouvais pas en temps et en heure. Là j’ai défini un endroit dans la pièce où nous regroupons tout ce quoi est emprunté, dans l’ensemble ça marche. Et puis j’ai une soif à nouveau de connaissance, d’enrichir ma culture littéraire (plutôt très faible pour le moment). Certes le net apporte pas mal de choses, mais pas tout quand même. Par exemple sur les orang-outans, je suis très limitée, malheureusement les ouvrages auxquels je souhaiterais accéder, les travaux de Biruté Galdikas, sont en anglais, je n’ai pas un anglais assez performant pour m’y attaquer, il n'en existe pas de traduction. Et puis, y a pas, un bouquin à lire allongé, ni'mporte où, n'importa quand, attabalé, allongé, dans une salle d'attente, ça n'a rien de comparable avec la lecture sur un ordi, le livre reste palpable, ce n'est pas moi la fille d'un imprimeur qui renierait ce contact avec le papier. 

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Alors je me suis décidée, nous avons poussé la porte de la bibliothèque. il y a presque deux mois Les horaires du lundi soir sont les mieux adaptés pour nous, mais je vais quand même essayer de trouver un second créneau dans la semaine. Franchement, le cadre est génial, vous voyez sur les photos la partie enfants et ado qui se trouve à l’étage, tout y est pensé pour y lire confortablement. Même le nom de l’asso me plait, « Lire délivre », elle me fait penser à quelqu’un que je connais qui en son temps n’a connu la liberté et l’évasion que par la lecture, il parle des livres comme de l’air qu’on respire, l’eau que l’on boit.

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 J’aime le fonctionnement de la bibliothèque, lorsqu’on souhaite lire un livre qui ne se trouve pas dans les murs, une recherche est faite dans les autres bibliothèques pour voir si elles le possèdent, auquel cas il sera amené ici. S’il existe mais est emprunté au moment de la recherche, il est réservé pour être rapatrié dès son retour. Si aucune bibliothèque ne le possède et qu’il s’avère intéressant, l’acquisition en est faite pour enrichir la collection mise à disposition. Et puis, j’avoue que c’est pour moi une certaine thérapie, j’emprunte, je lis, je ne perds pas les livres et je les rends dans les temps. Voila, que du bon en somme.

13:26 Écrit par Dream' dans Mon quartier général | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : lecture, loulou |  Facebook |

16/08/2008

Des surprises à la pelle

C’est le cas de le dire… J’avais entrepris de niveler ma cour afin de pouvoir installer la piscine pour les enfants. Bon, raisonnablement, nous sommes le 16 août, le temps n’est pas terrible, et compte tenu du volume d’eau qu’il va falloir pour la remplir, pour en gros trois semaines, disons encore un mois d’utilisation, ça ne vaut pas le coup (ni le coût). La piscine va donc attendre sagement l’été prochain dans son carton, ce n’est pas perdu.

Et puis, niveler le terrain n’est pas une mince affaire. J’avais déjà remarqué qu’il était truffé de gravats divers, mais ça va bien plus loin que ça. J’ai trouvé des trucs hallucinants, et ce en brassant en gros 1 m3 de terre, disons qu’en gros j’en ai encore une quarantaine à faire. Donc de deux choses l’une, soit je passe mes trois semaines de vacances à retourner ma cour, sachant que ce n’est plus urgent, soit je remets en place à peu près en attendant un moment plus propice pour le faire. Y a pas à tergiverser longtemps, je zappe ma cour.

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Des pierres de toutes les tailles, mais aussi des morceaux de terre cuite, des gravats quoi...

Quoiqu’il en soit, je suis vraiment scotchée par ce que j’ai trouvé jusqu’ici. Des casseaux de verre, heureusement uniquement le long d’un mur, là où nous n’allons jamais. Mais aussi de la poterie, d’abord des morceaux, puis des assiettes quasiment entières, enterrées telles quelles. A un autre endroit, les restes de ce que je suppose être un genre de marmite en fonte, un gros clou rouillé, ainsi qu’un morceau balaise de ferraille en forme de « S », d’une taille globale de 50 cm, planté à la verticale, tout comme des plaques de terre cuite.

Surprise aussi de trouver des morceaux d’os, mais je ne sais pas de quoi. Quand les enfants les ont vus ils se sont écriés « super, on est des paléontologues ! » et Loulou Deux d’ajouter « peut-être que ce sont des os de dinosaures… ».

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Des os de... je ne sais pas

Je sais qu’auparavant il n’y avait pas de déchetterie et que les gens enterraient ce qu’ils n’utilisaient plus, mais de là à enterrer des assiettes entières, cela m’interpelle… Par ailleurs, devant mon autre maison, il y a une ligne faite en pierres de types pavés. J’avais déjà creusé une fois à ce niveau, je m’étais heurtée rapidement à une surface dallée, j’avais renoncé. Cette fois, j’ai longé l’extérieur de cette surface, et j’ai constaté qu’il s’agit en fait d’un muret qui descend au moins à 50 cm dans le sol (je n’ai pas creusé plus profond, le mur continue). Au moins une fois je retournerai toute la cour pour connaître la nature des fondations, ainsi que pour savoir où se trouve précisément le canalisation qui part à la base de la gouttière de la maison d’en face, traverse la cour, atterrit à la base de la maison que j’habite, puis passe dessous pour évacuer les eaux pluviales jusqu’au caniveau en suivant une rigole ouverte sur le trottoir pavé.

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De la vaisselle, des morceaux de poterie et de carrelage

Quand j’avais nettoyé le grenier pour préparer les travaux de toiture et l’aménagement des combles, j’avais trouvé pas mal de papiers d’époque, des documents des années 30, des revues paroissiales, j’ai été notamment marquée par une édité en 1939, avant le début de la seconde guerre mondiale. Il respirait l’enthousiasme et le joie de vivre… ils ne savaient pas ce qui les attendaient. Ça me conforte encore plus dans l’idée qu’il faut profiter de ce qu’on vit chaque jour et se trouver une raison d’être heureux, même quand on a des problèmes, parce que demain peut être pire. Et puisque que rien n’est écrit, espérer que ce soit du meilleur qui nous attende.

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Dans les papiers de mon grenier, j’ai appris qu’un maçon a habité ici, mais aussi un laitier durant la seconde guerre mondiale. Outre quelques éléments de comptabilité et de livraison, j’ai trouvé le concernant des avis le réquisitionnant en tant que garde-barrière à l’aérodrome qui se trouve à 5 km d’ici. J’ai trouvé aussi du courrier familial, destiné à des oncles et tantes, des lettres pliées dans des enveloppes de très petites tailles aux écritures emmêlées de pleins et de déliés. Des boites d’hameçons, de la paille, des oignons archis desséchés… une botte d’enfant, une trottinette avec laquelle jouent mes loulous désormais. C’était fascinant de plonger au cœur de ces vies passées, même si tout n’a pas dû être toujours très facile pour eux.

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Les deux maisons qui sont sur ce terrain datent de 1850. Celle que je n’habite pas a été faite en plusieurs fois, à une époque il existait une ruelle menant directement de la rue à la cour. Plous tard elle fut englobée dans la maison, ce qui fait que j’ai deux murs porteurs à deux mètres d’intervalle.

De même dans celle que nous occupons, à l’étage on peut voir nettement sur les deux murs latéraux des emplacements de portes qui ont été murés, indiquant qu’autrefois elle faisait partie intégrante de la maison de droite comme celle de gauche.

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Un des nombreux morceaux de carreaux en terre cuite que j'ai trouvés enfoncés à la verticale dans le sol, à 10 cm sous la surface actuelle

Les murs sont très épais, à certains endroits plus de 50 cm de large, en gros moellons et en tuffeaux. Je me suis toujours sentie bien ici, en sécurité, surtout à l’étage où il m’est parfois arrivée de me ressourcer en m’asseyant à l’angle d’un mur. Je pense que c’est aussi pour ça que j’ai tellement eu envie de me battre pour la garder, j’ai rarement ressenti un tel bien être en arrivant quelque part. C’est pourquoi j’en parle souvent comme de mon QG, parce que j’ai vraiment le sentiment que c’est ma base, que de là je peux tout faire, et que même s’il m’arrive quelque chose difficile, je pourrai toujours rentrer ici, ma maison se refermera sur moi comme des bras accueillants et protecteurs.

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un gros clou, que j'ai trouvé à une trentaine de centimètres de la surface

Rassurez-vous quand même pour ma cour, je ne vais pas la laisser tout à fait telle quelle, je vais quand même vérifier en surface que mes enfants ne risquent pas de tomber que un objet dangereux.

Par ailleurs je vais virer à la déchetterie les morceaux de terre cuite, mais je vais garder les grosses pierres dans un coin, ça serait bête que je les vire et que l’année prochaine j’an aie besoin pour me faire un lit de pierres à une certaines profondeur pour m’assurer un bon drainage dans la cour ou dans le hangar.

Voilà, je m’arrête là pour aujourd’hui, la suite une prochaine fois. ;-)

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ainsi que plusieurs morceaux de ce qui ressemble à une mamite en fonte

18:08 Écrit par Dream' dans Mon quartier général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

04/01/2008

Là où je vis

Je prends enfin le temps de remplir cette rubrique et vous présenter en détail l’endroit où je vis. Je ne peux pas dire que pour rien au monde je vivrais ailleurs, car on ne sait pas de quoi demain sera fait, en tout cas ça me ferait beaucoup de peine si je devais partir d’ici sans l’avoir décidé moi-même.

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Du plus général vers le plus précis, j’habite donc en France, bon ça vous le saviez, en région Centre, qui se compose des 6 départements que vous voyez ci-dessous. 

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Le patrimoine est y est très riche du fait d’un passé royal important, mais j’avoue avoir longtemps boudé l’histoire puisque « figure imposée » dans parcours scolaire. Ce n’est qu’adulte que j’ai compris la richesse qui se trouvait ici, je commence à me pencher davantage dessus (mieux vaut tard que jamais…). 

blason region centre

 

Je suis née en Indre-et-Loire, à Tours, mes parents ont ensuite déménagé à 8 km au sud, puis j’ai migré un peu plus loin, là où il y a la croix rouge sur la carte.

 

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Le village où j’ai élu domicile regroupe 2016 habitants au dernier recensement, pour une surface de 34,47 km², soit une densité moyenne de 59 habitants au km². Vous pouvez voir sur la photo ci-dessous qu’on est perdu au milieu des champs. 

AvueSatellite

 

La densité de population est une moyenne bien entendu, dans le bourg, là où je suis, c’est plus condensé. Mais ça offre aussi des avantages indéniables, comme vous le constaterez ici. Le rectangle vert, c’est là où j’habite, les deux points jaunes sont les deux maisons situées sur le terrain, j’habite actuellement celle de gauche.

 

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Quand vous saurez qu’il y a 20 mètres entre la boulangerie et la maison, vous aurez une idée de mon confort de vie : j’ai tout à quelques pas de moi. Le point bleu, c’est là où je me gare, juste à côté il y a des commerçants ambulants certains jours, le camion de pizza, le charcutier, le marchand de poulets… Nous allons à l’école à pied bien entendu, donc pas de soucis pour se garer, idem pour la bibliothèque qui est à 30 mètres. 

Voilà, c’est tout pour ce soir, j’ai planté le décor, la suite une prochaine fois.

22:30 Écrit par Dream' dans Mon quartier général | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : region, maison |  Facebook |