29/03/2010

un grand tournant

Je n'aurai tenu que trois semaines à peine depuis ma reprise, je savais que ça serait difficile mais je pensais pouvoir résister au traitement qui m'attendait, je me suis plantée, j'ai lâché jeudi soir.

Depuis que j'avais repris mon boulot, mon travail se composait à 80% de ménage en tout genre, que je ne faisais pas assez vite selon ma nouvelle responsable, donc soit je finissais plus tard sans être payée des heures sup pour tout boucler, soit je partais à l'heure et je me faisais engueuler parce que tout n'était pas fait.

La première semaine j'ai fait 3 heures de plus, la seconde 1 heure de plus, cette semaine je suis partie à l'heure mais du coup je me faisais engueuler, je suis rentrée tous les soirs en larmes, jeudi a été le pire, Miss Malice est restée une heure à côté de moi à m'essuyer les larmes au sopalin à mesure qu'elles coulaient de mes yeux. Donc là j'ai dit stop.

Quel que soit le nombre de personnes qu'on avait au service de midi, je 'navais pas d'aide pour la vaisselle, et le reste devait être quand même fait. Mieux, un mardi où les filles en vente n'avaient personne, elle discutaient avec des clients en salle ou se marraient en se montrant des messages qu'elles avaient reçu sur leur portable, et moi j'étais comme une conne derrière à bosser seule.

Selon mes responsables je ne dois pas m'occuper des autres, et quand jeudi j'ai réclamé un peu d'équité auprès du superviseur, il a répondu "ici il n'y a pas d'équité" (ouais, j'ai vu). Quand il m'a reprochée que le sol était mal lavé, je lui ai dit qu'il était 17h15 et que je débauchais à 17h, donc là je partais, il a fini par dire "allez cassez-vous!". Clap clap clap.

Je suis en arrêt maladie pour dépression, j'ai contacté un avocat, je le rencontre le 15 avril. Je ne veux plus bosser là-bas, je n'en peux plus de cette mentalité de cons et d'un fonctionnement d'apparence.

J'ai tout de suite su qu'avec le superviseur ça coincerait, parce que lors de la première réunion qu'il a faite je l'ai pris à contre-pied sur un de ses arguments et je sais que ça ne lui a pas plu. Nous vendions alors un produit qui nous parvenait en surgelé, pour un certain prix et d'un poids de 400 g. Il voulait le remplacer par un produit fait par l'unité où j'étais avant, pour un poids de 500 g mais plus cher quand on faisait le rapport au kilo.

Il nous disait que nous pouvions avancer comme argument que c'était plus cher mais que ça faisait travailler quelqu'un de la région, ce à quoi je lui ai demandé pourquoi avec un tel argument nous travaillions avec du poulet qui vient du Brésil? (Maintenant ça a changé, il vient de Thailande...). Et donc voilà, il n'a pas aimé.Un producteur de volaille, j'en connais un en difficulté dans mon village, alors forcément c'est quelque chose qui m'interpelle quand même.

Pour le fait que je sois partie le 17 décembre, j'avais été convoquée en entretien, suite auquel j'ai eu un avertissement pour abandon de poste. Lors de cet entretien, nous avons parlé aussi de ce qui s'est passé dans l'unité où j'étais avant, et il estime que je n'avais pas à aller à l'encontre de la décision de mon responsable d'alors, "quoi qu'il fasse il savait ce qu'il faisait," je devais me la fermer. Je ne cautionnerai jamais l'obéissance aveugle, j'ai des convictions, ce que j'ai fait à l'époque s'appuyait sur une éthique, je ne regrette pas même si ils me l'ont fait payer, puisque au bout du compte ça a fait bouger des choses.

Quand j'ai expliqué au superviseur ce qui avait motivé mon action, il m'avait répondue "vous devriez arrêter de penser aux autres et penser un peu plus à vous" (et après on va se plaindre de vivre dans un monde de chacun pour soi). Tout ce que j'ai trouvé à répondre à ce "conseil" qui me choquait, c'est "ok, vous voulez que je pense à moi, bah justement le 17 décembre la réfelxion de mon collègue m'a vraiment fait mal et m'a déstabilisée, je me suis sentie en danger psychologiquement, et ce jour-là oui je n'ai pensé qu'à moi". Il me dit "oui, m'enfin je veux pas dire comme ça" (bah faut savoir).

Jeudi soir quand j'ai pris la décision de porter cette affaire en justice pour harcèlement moral, j'ai évidemment tout de suite mesuré la conséquence inévitable, je ne bosserai plus là-bas. Et je m'en suis sentie immédiatement soulagée. Je veux pouvoir me regarder en face le matin dans la glace, sans me dire que je laisse mes convictions, mon humanité et mes valeurs au vestiaire pour aller chercher un salaire, parce que je le vis réellement comme une prostitution mentale. 

J'ai déja réfléchi à certaines possibilités professionnellles pour après,  j'ai pris des renseignements hier pour savoir quand déposer ma candidature là où je veux postuler, en tout cas une chose est sûre, ça ne pouvait plus durer.

Sinon, dans le paragraphe "ça suffit les conneries", on peut ajouter l'école: la semaine dernière les instites n'ont pas apprécié que les enfants n'aillenet pas à l'école, ils ont refusé de donner leurs devoir à la voisine, donc j'y suis allée jeudi matin. Quand j'ai demandé au directeur le pourquoi de ce refus, il m'a dit que c'était pas normal que je ne mette pas les enfants à l'école, que j'étais dans l'illégalité en agissant ainsi, mais que eux étaient dans la légalité en faisant grève.

Pour les devoirs, j'ai dit "ok alors on joue au con là", il dit "qui joue dans l'histoire", je réponds "bah vous", donc il est partie en vrille. J'en ai marre des gens qui veulent m'apprendre à vivre et qui se permettent d'agir à l'inverse de ce qu'ils veulent que je fasse. De même en ce qui concerne la ponctualité; il est exigé que les enfants soient à l'heure le matin, mais un soir en allant les chercher à l'école j'ai poireauté un quart d'heure parce que la classe de Loulou Premier (du directeur donc) était en retard en rentrant du sport. La semaine suivant cet évenement, mes loulous ont été en retard, j'ai mis un mot indiquant qu'ils ne devaient pas être ounis vu que l'instite montrait l'exemple.

Je veux qu'on applique ce qu'on me demande de faire. Et je ne veux plus entendre que "le monde tourne ainsi, que c'est les loi du plus fort, que notre société est comme ça et qu'on n'y peut rien", on voit bien que ça ne fonctionne pas, alors il est temps de faire en sorte de changer les choses. Ras-le-bol de subir sans rien dire.

L'année dernière je discutais avec une personne du village qui me disait "mon mari dit que le français n'est bon qu'à se faire enc....er", je lui ai dit "peut-être, mais alors explique-moi pourquoi quand on ne se laisse pas faire on passe pour un emm....eur?". Elle avait marqué un temps d'arrêt avant de dire en souriant "oui, c'est vrai".

Y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans ce système à la con. Maintenant une chose est sûre, puisqu'on veut que je m'intègre socialement, je vais en profiter aussi de ce système, ça fait 20 ans que je bosse, que je paye des assédics et que je n'ai jamais été au chomage. Bah on va rééquilibrer un peu tout ça.

21:33 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : travail |  Facebook |

16/03/2010

la suite avec du retard

Finalement je n'ai pas pu revenir le soir même, c'est un peu la course. Pour le boulot, même si les horaires me vont, le boulot a changé, j'ai environ 20% de préparation, le reste c'est du nettoyage. Sans dire vraiment pourquoi, je le voyais gros comme une maison. Ma nouvelle responsable n'est pas très satisfaite parce que je mets plus de temps qu'il ne lui semble nécessaire pour m'acquitter de ma tache, j'ai donc deux solutions, soit je pars sans que ce soit fini, soit je reste pour finir mais je ne suis pas payée, vu que normalement "j'ai largement le temps de tout faire dans le temps imparti".

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Il faut savoir que pour le moment la nouvelle organisation a surtout visé à redresser le chiffre, ce que je comprends largement, et du coup le ménage a été un peu délaissé dans les détails car ce n'était pas la pritorité. Mais du coup j'ai pas mal de boulot pour remettre tout nickel, alors ça m'est égale si elle n'est pas contente, je bosse de façon à ce que le résultat me satisfasse, le reste je m'en fous.

J'avais préféré attendre de me sentir prête à bien ancaisser avant d'y retourner, c'est le cas, et puis l'après-midi à partir de 14 h je bosse vraiment toute seule, je ne parle à personne, j'aime bien, ça me permet d'être vraiment à ce que je fais. Côté alimentation, ça commence aussi à se régler, la matin je prends ce que je pourrais manger à midi, par exemple ce matin j'a mangé une demi-pizza, un morceau de fromage, une pomme, et j'ai bu un café. ça sera le seul  de la journée, j'ai décidé aussi de limiter ma consommation à ce niveau, pour ne plus me trouver en situation de tension constante, de fatigue, et de cercle vicieux qui me fait prendre du café pour tenir.

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Dans une heure avant de partir je vais manger une pomme et boire une infusion. Pour 14 h j'ai prévu une clémentine et une pomme coupées dans une boite, comme ça j'en mange des morceaux pendant que je fais la vaisselle. Il ne me reste plus que le soir à régler. Côté boisson, je prends de l'eau avec du jus de citron, ça me donne la pêche et ça me fais boire plus que de l'eau simple, je dégomme parfois 1 litre et demi durant mes 6 h de travail.

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Pour la musique, d'autres morceaux s'ajoutent à ceux que je vous ai nommés dans le post précédent, je me greffe sur deux ensembles de cuivres pour un morceau qui s'appelle "kustino oro", (http://www.musicme.com/#/Goran-Bregovic/titres/Kustino-Or...), et pour un autre, american patrol (http://www.musicme.com/#/Glenn-Miller/titres/American-Pat...). Il y a deux morceaux avec l'ensemble de la classe d'harmonie. Tout ça se bosse sur partition, et j'ai vraiment à coeur de les bosser, parce que l'école critique les méthode d'enseignement de mon prof de batterie et dit que ses élèves n'arrivent pas à s'intégrer à des ensembles par la suite parce qu'ils n'arrivent pas à lire des partitions. Je veux leur démontrer le contraire. Et puis j'avoue que c'est un peu une vengeance personnelle, vu que je me suis pris la tête avec la responsable de l'asso de musique, pour lui montrer qu'elle le veuille ou non qu'il faut bien compter avec moi. C'est fini le temps ou je me barrais, maintenant je suis là, et j'ai ma place autant que les autres, avec mon énergie, mes idées, mes façons d'agir, qui ne sont ni pires ni meilleures, qui sont simplement différentes, et c'est cet ensemble qui fera avancer, tant pis s'ils ne le comprennent pas, ça ne m'empechera plus de vivre.

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Pour le projet Beedoo, je suis également en stand-by, car je ne sais toujours pas si j'aurais mon samedi, c'est mal barré pour le moment.Je serai fixée en de semaine.

Dimanche nous sommes allés à beauval, j'étais nase parce que 'jai passé la nuit à finir d'imprimer des menus pour l'asso de ma mère, je lui ai apportée à12 h sur les tables pour le repas à 12h30. Je ne me suis même pas fait incendiée, elle a bien compris que j'avais fait mon maximum, donc tout va bien. Cet escapade au parc m'a une fois de plus ressourcée, je crois que je vais m'organiser de façon à y aller tous les 15 jours grand maxi, ça va de plus en plus devenir ma soupape de décompression.

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Je peux enfin retravailler sur les fichier de Mme Schach, je ne m'attendais pas du tout à avoir cette réaction cet hiver, je pense que tout s'est embrouillé autour de ma dépression. C'est pas grave, je ne veux surtout pas m'en vouloir d'avoir dérapé, ce qu'il faut maintenant c'est avancer.

En photo tout au long de l'article, vous pouvez voir des guira, la même espèce donc que celui qui est venu sur nous dans la vidéo. C'est un oiseau très commun au Brésil, qui fait partie de la famille des coucous. Ceux photographiés font partie du groupe qui n'a pas intégré le "déplumé" de la serre.

Allez j'y go, je dois repasser mes tenues, faire un bout de vaisselle, manger ma pomme et c'est parti. Bonne journée @ +

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09:27 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail, oiseaux, avancee, beauval |  Facebook |

17/12/2009

J - 14

et je n'ai qu'une hâte c'est que cette année *//<!!!  se termine. Depuis mon retour au boulot, la tension était constante parce qu'une personne de l'unité m'avait dit que la responsable s'était mise en tête de faire tout pour me faire partir. J'avais des horaires merdiques qui n'étaient pas cohérents avec ma fonction de préparatrice, j'embauchais à 10 heures, et vu qu'une bonne partie de la prépa était faite, pour justifier ma présence dans l'unité je me colletinais du ménage.

Le passage d'un moniteur produit a également créé des tensions du fait qu'il nous a demandés d'appliquer ce qui était marqué dans nos bibles de fabrication, et qu'une fois parti la responsable ne voulait pas appliquer ces règles, je suis la seule à avoir essayé de la contrer, les autres rampaient en disant "c'est elle la responsable, on suit ses ordres". Vu qu'elle part en février, et vu les changements fréquents des hiérarchies placées entre nous "les colaborateurs" (les petits, quoi) et la direction, le seul repère constant étant le- dit  groupe, j'applique les règles d'en haut, parce que pour moi mon employeur c'est lui, pas mon responsable d'unité.

Les choses se sont applanies avec ma responsable lors d'une discussion en présence du nouveau DR et du DDR, et je pensais pouvoir tenir le coup pendant cette période de l'année qui est toujours difficile pour moi nerveusement.

Mais c'était sans compter sur l'agacement permanent que suscite chez moi mon collègue de préparation, on a superman en personne à nos côtés. Il est venu là pour nous sauver, son boulot c'est de remonter le chiffre avec ses petits bras musclés, et puis à l'entendre il sait tout faire, il a tout vu il connait tout sur tout.

Ce qu'il a l'art de faire surtout, c'est de bosser comme un gougnafier, de laisser une chouille pas possible, et c'est bibi qui se tape la merde à nettoyer. Il a connu pas mal d'endroits différents en cuisine, et il a sans doute dû avoir l'habitude de bosser avec un commis, je dirais plutôt un grouillot, je me colletine à enlever les pédoncules des tomates (il est même pas foutu d'appeler ça correctement, pour lui c'est des "cupidons"), à lui couper en rondelle, pour que monsieur n'ait plus qu'à les utiliser. Quand il fait une sauce, il pose sa vaisselle et se casse, c'est à moi de la laver.

Jusqu'ici j'ai essayé de me la fermer, parfois je l'ai un peu recadré, surtout le jour où il m'a dit qu'il était responsable de mon boulot, ce jour-là je lui ai dit "oh redescends sur Terre, t'es préparateur comme moi". C'est la mouche du coche, il veut être partout et il brasse beaucoup d'air, du coup pour le plaquage il oublie souvent de sortir des trucs et c'est moi qui me retrouve emmerdée le samedi matin.On est plusieurs à penser qu'il ne sait pas bien compter, car c'est souvent qu'il ne sort pas le nombre correspondant de produits en,viennoiserie, qui est en multiples de 12. Pourtant à l'entendre c'est un matheux, il adore ça. (c'est d'ailleurs pour ça qu'il a fait au pif une prépa à incorporer dans une salade parce qu'il n'arrivait pas à calculer la correspondance...). Il sort parfois des conneries monumentales, sur les pourcentages par exemple, ou sur le poids des produits. Et puis ça dépasse le stade du boulot, ainsi il soutien que Michael Jackson est passé à Tours (vous saviez pas hein... bah moi non plus... en fait il était en unplugged ce jour-là, il voulait de l'intimité il a fait une toute petite salle). J'essaie de ne pas le contredire dans l'ensemble, je souris complaisamment, et je le laisse à sa connerie.

Certaines prépa peuvent être faites la veille, une organisation était jusqu'ici mise en place pour que je les fasse l'après-midi après le service, le DR souhaite que ce soit revu et que ce soit fait le matin, pour pouvoir en disposer le jour-même en cas de besoin. ça devait être mis en place ce matin, et au moment de m'y mettre j'apprends que superman s'est attribué aussi ce travail, par contre j'avais une tonne de plaques à laver, chose qu'il aurait dû commencer au lieu de me prendre mon boulot, vu que c'est lui qui allait en avoir besoin par la suite.

Déjà hier on a eu pendant un moment à presser le pas, il se vante "bah oui moi j'ai pas les deux pieds dans le même sabot" et je lui demande s'il trouve que c'est mon cas, il ne répond pas. Aujourd'hui il me balance "t'es pas essentielle ici" alors que ce gros *** m'a dit quand je suis revenue début octobre "ah tu m'as manqué, je suis content que tu sois revenue, ça va être plus facile maintenant avec toi". Et des "à ton service" par-ci, des "tiens ma belle" par-là, depuis le temps que ça me gonfle j'ai réussi à lui dire hier que j'ai horreur qu'on m'appelle comme ça, et je lui ai rappelé mon prénom.

Il en fait trop auprès des responsables, une vraie carpette devant eux "on peut faire tout ce que vous voulez, nous sommes ouverts" ou "y a pas de problème, y a que des solutions", il fait de la lèche et des courbettes au point que je le verrais presque s'incliner comme dans les films où on voit les faussement soumis s'applatir à grand coup de "monseigneur". Et à côté de ça il n'est même pas foutu de dire Monsieur quand il parle d'un responsable en son absence, c'est directement le nom de famille. ça parait un détail, mais je considère que c'est un manque de respect envers la personne.

J'ai pété un cable ce matin, je suis arrivée à 9h30, à 10 h je me changeais pour repartir, je n'ai pas réussi à me retenir de pleurer quand j'ai appelé mon toubib pour lui demander si je pouvais passer. Il a doublé les doses de mon traitement, et m'a dit que je suis allée trop près de mes limites, j'ai trop attendu, d'où ce clash. J'arrêtais pas de pleurer ce matin en lui expliquant la situation globale, boulot et perso, il a dit "stop c'est bon là, on n'insiste pas pour le moment", il m'a arrêtée pour trois semaines pour commencer.

En plus, quand je suis sortie de l'unité, il commençait à neiger, ça m'a achevée. Depuis mon accident en janvier 2006, y a rien à faire, je ne peux pas surmonter. En sortant de chez le doc, vu que c'est le bled à côté de celui de mes parents, je me suis arrêtée boire un café, je voulais ensuite retourner à l'unité porter mon arrêt. ça avait continué à bien tomber pendant ce temps,  dans la rue, ma voiture est partie deux fois en crabe, c'est le troittoir qui m'a arrêtée, j'ai fait demi-tour et je suis retournée chez mes parents. Je l'ai laissée là-bas, c'est mon père qui m'a ramenée, je sentais que ça glissait par endroit, j'en avais mal au ventre tellement je sentais mes tripes se serrer.

Arrivée à la maison, j'avais envie de pleurer de toute cette pression. Malgré le chauffage il faisait froid, cette nuit on a dormi enveloppés dans des couvertures polaires en plus de nos couettes. Je suis allée dans la maison d'en face, j'ai redescendu du grenier des couvertures, ma mère m'en a donnée aussi. J'ai branché un second chauffage dans la chambre, mais du coup il faut que je fasse gaffe, parce que je ne dois pas faire une lessive plus un sèche-linge en même temps, sinon les plombs sautent.

Consolation, je suis allée chercher les enfants à l'école, sur le parking on s'est fait une bataille de neige, et après on a fait un gros bonhomme. On l'a laissé dans la rue, en face la boulangerie sur la place près de la rue principale, je l'ai pris en photo, au cas où demain il aurait fondu. Les enfants étaient très fiers, voyez plutôt:

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21:03 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : travail |  Facebook |

24/05/2008

Fin de la première semaine

Non rassurez-vous je ne vais pas commencer à les compter, ça n’aurait un sens que si j’étais en CDD. Bon somme toute ça se termine plutôt bien. Jeudi soir vous avez vu c’était pas le top, un mélange de fatigue, de crainte et de stress m’ont mis les circuits internes en vrille. Vendredi j’ai embauché à contre-cœur, je savais qu’à un moment ou à un autre je craquerais, mais je ne voulais pas que ça compromette tout. Je ne ressentais aucune agressivité envers la situation ni envers ma responsable ou les collègues, il n’y a d’ailleurs pas lieu car tout le monde fait vraiment son maximum pour que je m’intègre, tant sur le plan relationnel que professionnel. Elles sont toutes très indulgentes, et ça me met encore plus mal à l’aise quand je fais quelque chose qui donne lieu à rectification de leur part, parce que j’ai le sentiment de les handicaper dans leur propre travail, alors que je suis sensée être là pour les dégager au contraire.

La pression que je ressens est de l’ordre de ce qu’on vit quand on apprend à conduire (clin d’œil à la Marmotte, tu me raconteras tes impressions quand tu en seras là). Au début il faut penser à débrayer pour changer les vitesses, regarder dans le rétro, mettre le clignotant etc, c’est affolant, et puis après s’être tapé des kilomètres c'est "finger in the nose", on n’y pense même plus. Bah là c’est pareil, j’ai plein de choses à faire qui en attendant de devenir automatiques me stressent parce que j’ai toujours peur d’en oublier (et j’en oublie, de moins en moins mais encore quand même).

ratatouille

Vendredi en fin de matinée je sentais que ça montait, je pensais que j’aurais bien voulu discuter avec l’Aigle, je l’imaginais sur sa route en train de marcher en méditant, et d’un coup dans ma tête je l’ai entendu me dire « laisse aller ». C’est ce qu’il m’a dit un jour au téléphone alors que je discutais avec lui et que ma gorge s’était nouée, j’avais pleuré longtemps ensuite, puis ça avait été mieux. Les larmes sont montées, je ne pouvais pas les retenir, alors j’ai laissé sortir, j’ai sentie la responsable embêtée par ma réaction et je lui ai expliquée que j’avais peur à chaque instant de mal faire. Elle a été très rassurante dans ses propos, j’ai repris mon boulot un peu moins stressée. Nous avons travaillé ensemble sur une partie que je trouve très intéressante, l’ajout d’un produit à la gamme déjà en place. Ça suscite une envie de s’impliquer à fond, pour que le lancement se fasse au mieux, et c’est très encourageant quand on apprend que tout s’est vendu. 

Aujourd’hui, j’embauchais à 7 h mais j’avais retrouvé ma motivation, j’ai travaillé plus en confiance et de façon plus autonome. J’ai une vision d’ensemble sur le fonctionnement d’une semaine, c'est déja plus clair pour moi. Et alors, la débauche à 13 heures un samedi, c’est le top du top. C’en est même perturbant tout ce temps devant moi, je ne retravaille que mardi matin. Pour le moment je cafouille un max mais je me dis que si je me débrouille bien, il se pourrait que j’arrive à avoir un temps libre plus efficace que ce que j’en faisais à 20 heures, du fait d’un timing différent. C’est une piste à creuser, car si finalement je travaille plus en faisant en même temps du plus productif à côté, c’est double bénef : donc à moi d’œuvrer dans ce sens, personne ne peut le faire à ma place. 

Bon week end

En débauchant j’ai fait un crochet chez mes parents pour boire un café, il n’y avait que mon père, on a bavardé un moment puis je lui ai proposé de faire un peu d’informatique, il patauge dans l’archivage de ses fichiers. Il a un APN, il stocke sur l’ordi n’importe où ce qui fait que ça devient ingérable. Il a un peu de mal à se repérer quand il navigue dans les différents dossiers, dès qu’on va en profondeur, dans les sous dossiers, il ne sait plus où il est. Alors j’ai découpé des papiers, fait des dossiers, renfermant d’autres dossiers etc. ça commençait à venir, mais c’était pas encore ça. Et d’un coup j’ai trouvé le bouton de lumière, je me suis adressée à l’imprimeur qu’il restera toujours, même s’il est à la retraite. Je lui ai parlé d’une collection en plusieurs tomes, donc chacun contient des chapitres, eux-mêmes composés de paragraphes. Il a tilté, j’étais contente. On s’est bien marré, parce que par moment il cliquait un peu partout avant même de savoir ce qu’il faisait ou sans attendre mes instructions, j’ai fini par lui dire « lâche ta souris touche plus à rien » il s’est exécuté en éloignant ses mains rapidement comme si il avait à faire à un truc dangereux. 

En presque 50 ans il a vu l’imprimerie évoluer, se moderniser. A 14 ans il a appris le métier avec les caractères en plomb qu’on plaçait pour former des textes. Au fil des années l’informatique est venue alléger les choses, par le traitement de texte et des images. Pour ma part, j’ai bossé dans ce domaine en 90, à l’archivage des films, c’était problématique car il fallait chercher physiquement dans divers endroits, le volume de stockage devenait important. J’y suis repassée il y a deux ans, j’ai discuté avec un de mes responsables de l’époque, il m’a dit « regarde notre archivage, aujourd’hui c’est sur support numérique, c’est rangé dans les armoires là-bas » (un volume ridicule comparé aux bâtiments d’avant). Les rotatives aussi ont eu droit à l’évolution, les commandes au pupitre n’ont cessé de s’affiner au fil du temps. Et mon père s’insurgeait devant cette technologie envahissante, même hors du boulot, il déclarait « ils sont en train de préparer une génération de presse-bouton, les gamins ne savent plus quoi faire sans ordinateur ». Dans un sens il n’avait pas tord, je le rejoins sur ce fait, constatant chaque jour à quel point certaines personnes sont dépendantes des machines de toute sorte, au détriment de leurs propres capacités, notamment mentales (et dire que nous n’utilisions déjà que 10% de nos facultés…).  Seulement voilà, le monsieur qui s’insurgeait il y a 20 ans, aujourd’hui il se met à l’informatique, il joue des heures à Free cell. Avant l’ordi, il s’était acheté un petit jeu électronique et adorait se faire un Tetris à la fin du repas. 

Comment t’as dit, papa ? « Presse-bouton » ? Tiens, appuie-là pour valider… ;-)

évolution de l'homme
 

22:14 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : travail |  Facebook |

22/05/2008

Vite avant d’aller dormir

Un passage pour vous dire que j’ai le nez dans le guidon, les jours se suivent et se ressemblent, j’ai du mal à savoir où j’en suis dans la semaine, seule l’école m’aide à me repérer un peu.

J’ai pris un max de retard partout, j’ai un tas de trucs à faire, à venir raconter ici, d’autres que j’aimerais exprimer mais que je ne peux pas sur le blog. Le boulot se passe bien, même s’il y a des « mais », de plus en plus déjà au bout de trois jours, des certitudes sur ce que je veux et ce que je ne veux pas. Dans cette catégorie je mets notamment le fait que je ne veux pas vivre qu’autour du boulot, c’est ce que je fais depuis mardi, je refuse que ma nouvelle vie soit ainsi.

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J’ai perdu trop de temps à vivre entre parenthèse et à souffrir d’exister, aujourd’hui que j’ai trouvé ma verticalité ce n’est sûrement pas pour réduire ma vie à la version provinciale de « métro-boulot-dodo ». Ok, je veux bosser, mais je ne veux pas faire que ça, sinon je ne vois pas l’intérêt. Je ne crache pas sur mes heures, mais je veux continuer à pouvoir développer mes projets annexes. 

Dans ma nouvelle unité j’apprends sans cesse, l’organisation d’abord puis les recettes, les lieux, mais aussi les gens avec qui je bosse. C’est curieux de se retrouver dans un lieu « différent mais pareil » : le même employeur, la même vocation, le même carrelage, le même matériel, les mêmes gestes… J’ai réaménagé mon vestiaire à l’identique de l’ancien, avec mes étagères bidouillées en carton, j’avais besoin de ce repère pour me sécuriser un peu. Je ritualise toujours mon embauche en enlevant tout mes « gri-gri » avant d’endosser ma tenue réglementaire, pour laisser ma vie au vestiaire le temps de bosser, mais ça ne suffit pas cette fois à m’aider à faire le vide. 

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Quand je suis là-bas, je n’ai qu’une envie c’est d’être ailleurs, je me suis même surprise ce soir à me sentir rebutée à l’idée d’y retourner demain. Je travaille la peur au ventre, peur de mal faire, peur de décevoir certaines personnes, mais pas celles auxquelles on pourrait penser en premier ; je me sens le devoir de réussir vis-à-vis d’une personne en particulier, à cause d’un rêve que j’ai fait il y a une semaine (que je ne raconterai pas, bah non). Je (re)découvre une ambiance autoritaire qui me rappelle des souvenirs plutôt désagréables, rien à voir avec mes expériences professionnelles récentes ou anciennes, mais avec mon vécu personnel. Ce climat me perturbe et me mine déjà. 

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Je veux tenir, pour moi, pour pouvoir me regarder en face et me dire que je n’ai pas renoncé devant une épreuve, je vous assure que je n’exagère pas en disant que pour moi c’en est une. Mais ça va me permettre de renforcer tout ce que j’ai fait jusqu’ici pour garder la maison, ça justifie tout ce que j’ai enduré jusqu’à maintenant pour la garder, et la patience que j’ai demandée aux enfants en attendant que ça s’arrange. Je vais pouvoir tenir la promesse de leur faire des chambres encore plus facilement, ou avec plus de confort. Ils assurent bien pour les horaires, ils sont prêts à l’heure, le soir ils se couchent tôt. Ça me coûte de les impliquer à ce point, mais c’est une réalité de la vie, et pas si dure comparée aux conditions de certaines enfants un peu partout dans le monde, ou même en France d’ailleurs. 

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J’ai hâte d’être ce week-end pour décompresser, ranger un peu ici. J’ai un dossier que je veux absolument envoyer rapidement maintenant, je voulais le faire en février, puis les semaines se sont enchaînées. La semaine dernière j’ai écrit une autre chanson, ça m’est venue d’un coup, en deux jours elle était faite. La musique est dans ma tête, elle arrive peu à peu sur mon clavier, le premier enregistrement donne pas mal. Je voudrais boucler la maquette pour pouvoir proposer un premier jet dans le courant de la semaine prochaine à la personne à qui elle est destinée. Je dois également finir de sélectionner les chansons que je vais chanter le 28 juin en plus de la lévédanz’ lors de la soirée brésilienne, afin d’avoir le temps de les bosser correctement et de récupérer les versions instrumentales. Mes enfants y seront, j’espère qu’ils accepteront de danser la choré en même temps que je chante. 

Bon je m’arrête là pour ce soir, en attendant de revenir vous parler de Beauval je vous mets quelques photos tout au long de cet article, je termine par  celle-ci qui m’amuse beaucoup : un magot était en train de manger de la betterave, ce qui lui a taché les lèvres ; au moment où j’ai pris la photo il fermait les yeux, du coup avec ses paupières légèrement bleutées on dirait qu’il est maquillé.

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23:09 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : travail, beauval, avancee |  Facebook |

15/05/2008

Le plein s’il vous plait

Hier j’avais prévu de vous raconter notre visite de mardi à Beauval, mais le matin c’était speed, et le soir ça m’aurait emmenée trop tard. Je vous en parlerai ce week-end, en tout cas je peux déjà vous dire que nous avons passé une excellente journée, ça valait largement une journée d’école vu ce qu’il nous a été donnés d’observer à la nurserie. Je suis revenue de là-bas fatiguée physiquement mais ressourcée moralement, chargée de sérénité malgré l’attente de la visite de l’unité aujourd’hui.
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Mais avant de vous en parler, je réponds à vos com : Elo, je suis sûre que tu pourrais m’apprendre à être bien avec les chevaux, mais trente c’est trop pour moi, juste un à la fois ça me suffira ;-). La Marmotte, dis-moi, pourquoi ça ne m’étonne pas pour les marshmallow ? Quand je pense à tous les cours où nous utilisions les bec benzène ou mecker, ou les chalumeaux en cours de travail du verre, j’ai loupé pas mal d’occasions (Elo, si ça te dit de tenter le truc, tu me raconteras… j’imagine d’ici la tête de la prof « vous en voulez ? »… c’est là qu’elle dit oui… arf). Bergerine, je te souhaite la bienvenue par ici, ravie de lire que mon album t’a plue, j’avoue l’avoir laissé un peu de côté pour le moment, faute de temps pour le gérer conjointement à mon blog. Mais vu que mes journées vont être soumises dès la semaine prochaine à une réorganisation de fond, ça risque de bouger à ce niveau.

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Il est grand temps que ça se décante, dans l’attente et le stress de ce changement mon corps débloque de plus en plus : la gêne respiratoire s’est à nouveau amplifiée, les douleurs sont toujours présentes dans mes bras, j’en lâcherais parfois ce que je tiens. La réponse de mes muscles sur le plan général m’annonce une légère carence en magnésium, et mes pertes dites féminines durent depuis 15 jours. Mon appétit passe du tout au rien, la qualité de ma digestion est de plus en plus discutable. Histoire de tester ma résistance, il se trouve qu’hier soir Miss Malice était malade, j’ai passé la nuit à la surveiller, elle était bouillante de fièvre malgré les médicaments (ça va beaucoup mieux aujourd'hui). J’ai dormi environ deux heures sur toute la nuit, j’avais peur que ça se voit à l’entretien ce matin, j’ai compté sur ma douche pour gommer au maximum les marques de fatigue.

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La visite dans ma future unité s’est très bien passée. J’appréhendais je dois dire, car je ne sais pas ce qui a été véhiculé à mon sujet en amont là-bas. Je me suis empêchée de trop y penser pour éviter les angoisses du « et si… et si… ». La façon dont l’entretien s’est déroulé m’a très vite rassurée, je me sens compétente pour effectuer ce qu’on attend de moi. Bien sûr au début je vais avoir pas mal de choses à apprendre, le temps d’assimiler l’organisation et de prendre mes marques, mais il y a autour de cette mise en place un challenge très intéressant. Chacun de nous y gagnera si ça marche, donc chacun de nous a envie que ça marche, et ça c’est une situation qui me plait.

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Côté horaires, après en avoir discuté il a été convenu qu’il serait plus fonctionnel que j’embauche à 8 h 30 au lieu de 8 h, ce qui m’arrange en m’apportant une marge de manoeuvre supplémentaire pour préparer les enfants. J’étais inquiète également au niveau des repas, car ça me faisait prendre mon petit dej autour de 6 h et ça emmenait le repas suivant après ma débauche, le temps de rentrer ici, autour de 15 h. J’ai demandé à la responsable si je pourrais prendre une dizaine de minutes pour un encas dans la matinée, quitte à décaler d’autant mon heure de débauche, elle est d’accord. Je vais donc pouvoir recadrer mon alimentation autour de cette nouvelle organisation. Le samedi, j’embaucherai à 7h, pour finir à 13. Sans les enfants à gérer, ça ne me pose aucun problème d’embaucher à cette heure-là, même plus tôt, ce qui risque d’arriver en période de Noël. Généralement mon repos sera le lundi, ce qui me fait un week-end intéressant. 

Après l’avoir redouté, je vois finalement ce changement avec beaucoup d’optimisme, tout reste à faire, je donnerai mon maximum pour que ce soit pour du meilleur. Je commence mardi. 

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21:41 Écrit par Dream' dans Au jour le jour | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : serenite, travail, avancee |  Facebook |

06/05/2008

Allez, je pose


Comme je l’ai dit dans l’avant dernier post, je ne savais pas à quoi m’attendre en commençant cet entretien mercredi dernier, j’avais seulement la conviction que pour qu’un DDR et un DRH se donnent la peine de se déplacer, il y avait un espoir de réel dialogue et que tout ne serait pas mauvais pour moi.

Ils sont entrés assez vite dans le vif du sujet, et m’ont annoncée qu’étant persuadés que nous avions désormais atteint le point de non retour mon responsable et moi, je devais être déplacée pour que nous ne travaillions plus dans la même unité.  Sur le même secteur se trouvent à quelques kilomètres près 3 unités. Ils ont envisagé de procéder selon le terme consacré à un swich entre une personne d’une unité située à 6 km de celle-ci et moi, mon contrat évoluant au passage vers un 30 heures.

J’étais déjà un peu énervée car dans les premiers échanges j’ai vu que mes propos étaient mis en doute alors que je ne faisais que reporter ce qui m’avait été dit, notamment concernant le CAP de boulangerie que j’aimerais passer, pour lequel il m’a été dit que ma formation ne pourrait pas être prise en charge par le groupe du fait que je suis (largement) majeure. En me faisant cette proposition de déplacement, ils ne pouvaient pas savoir qu’ils me mettaient face à un de mes points faibles qui génère toujours chez moi beaucoup d’angoisse : la peur face aux changements.

Je suis capable de livrer des batailles « perdues d’avance » et de les remporter, à conditions d’avoir des bases très stables, par exemple savoir où j’habite quelles qu’en soient les conditions de vie, savoir où et comment je travaille, comment j’assure mes minima vitaux. Il me faut très longtemps pour m’adapter aux changements, retrouver mes marques, apprendre les lieux, les gens, c’est une lutte interne très intense et très éprouvante pour arriver malgré tout à être efficace, cela me demande énormément d’énergie. Autant que possible, j’évite ce genre de situation. Cela ne veux pas dire que je n’évolue pas, simplement je me construits à partir d’une fondation que j’élargis petit à petit, je vais chercher au loin des connaissances, des apprentissages, que je rapporte à ma base.

Alors j’ai paniqué devant ce changement non négociable, ils refusaient que je reste dans l’unité et que les tensions continuent à monter jusqu’à l’explosion de l’un ou de l’autre, si tant est que nous ne l’ayons pas déjà atteinte.  Soit j’acceptais, soit nous nous dirigions vers un licenciement. Je me suis sentie acculée, dans les deux possibilités qui « s’offraient », j’allais vivre de grandes perturbations, sur le coup j’ai eu un très mauvais ressenti de la situation, mauvais parce que négatif mais aussi parce qu’erroné. Je me sentais le grain de sable qu’on déplace pour avoir la paix, le petit pion non considéré, la branche pourrie qu’on coupe.  

Mes interlocuteurs ont durci le ton devant mon refus buté, et là d’un coup j’ai vraiment pris conscience de la situation. Je me suis dit intérieurement « là ma fille tu déc…es, tu es en train de foutre en l’air le mal qu’ils se sont donnés pour trouver une solution la plus équitable possible ». Il leur aurait été très facile d’enlever définitivement le « grain de sable » ou la « branche pourrie » en me licenciant directement, quitte à aller aux prud’hommes ensuite et payer, du moment qu’ils aient obtenu la paix.

Je ne suis pas quelqu’un d’exceptionnel qui a une importance démesurée, mais je me bats pour être respectée, comme tout le monde. Par leur démarche, du fait de s’être déplacés autant que par leur proposition, les propos tenus lors de l’entretien, leur écoute, ils m’ont accordée de l’importance, et je  n’ai pas le droit de ne pas en tenir compte, ça serait vraiment très ingrat de ma part. Mon déplacement n’est pas sans conséquences non plus pour l’autre unité, puisque la personne dont je vais prendre la place n’a rien demandée de tel, c’est un des deux aspects de la situation qui me fait culpabiliser.

L’autre aspect, c’est l’organisation concernant mes enfants. Je ne serai plus à la plonge mais en fabrication, avec comme horaires 8h-14h, 5 jours par semaine, avec en plus du dimanche un jour de repos que je suppose flottant. Ce qui signifie que je devrai partir du village maximum à 7h 15, donc lever les loulous à 6 h, alors qu’actuellement je les lève à 8. Quand je suis rentrée mercredi soir, j’en ai discuté avec eux, je leur ai dit « je vais avoir besoin que vous m’aidiez, sinon je n’y arriverai pas ». Je culpabilise de devoir impliquer et responsabiliser mes trois pommes de 9, 7 et  5 ans dans ce qui devient pour moi un défi lancé contre moi-même, pour vaincre ma phobie.

Quand j’ai appelé l’Aigle pour lui rendre compte de l’entretien, il a d’emblée vu la proposition d’un bon œil. Il a commencé à développer le raisonnement que mes interlocuteurs avaient probablement suivi pour en arriver à cette proposition, par moment il tenait mot pour mot les propos que je venais d’entendre en entretien, ils me paraissaient encore plus sensés, comme s’il venait de les valider. Ça m’a rassurée sur le bien fondé de ce qui était en train de se passer, car à 500 km de là, sans connaître le DRH ni le DDR il en arrivait aux mêmes conclusions.

A partir de l’entretien, j’avais au maximum une quinzaine de jours pour donner ma réponse, la situation devant être réglée désormais rapidement. La priorité se situait autour des enfants, hors de question de les laisser seuls le matin pour partir bosser. Le centre de loisirs propose un accueil périscolaire dès 7 h 15, les enfants sont amenés en classe pour 8 h 50. Mais bien entendu ça a un coût. Avec mes voisins on est en échange continuel de coups de main, j’ai vu avec eux une organisation qui me permettrait de leur laisser plutôt qu’ils aillent au centre. Je voulais avoir plus d’une solution de garde, afin de ne pas avoir à solliciter tout le temps mes voisins, ni d’exploser le poste garderie de mon budget.

Restait le problème du mercredi, car pour le moment le matin ils font grasse mat’, je ne les mets au centre qu’à 11h30 pour le déjeuner, afin qu’ils n’aient pas de pression sur les horaires ce jour-là. Et là, école ou non, ils vont devoir décoller à 7h15. J’ai appelé mes parents pour voir avec eux si je pourrais leur déposer les loulous le mardi soir, ils ont dit oui tout de suite. Ils ont même proposé de les garder à coucher le mercredi soir et de les emmener eux-mêmes à l’école le jeudi matin. A voir, car je veux aussi profiter d’être avec eux le mercredi après-midi. Et puis je verrai comment ça se passera au niveau du jour de repos flottant, du fait que je ne les ai pas le week-end, ça m’est égal de bosser le samedi, surtout en débauchant à 14 heures ; je préfère largement avoir le mercredi, même si ce n’est pas systématique, ça serait vraiment extra, nous pourrions profiter pleinement d’être ensemble, on pourrait aller à Beauval, au Family, à la bibliothèque, nous balader, pique-niquer…

Bon, les soucis de garde étant résolus, le reste n’était plus qu’une histoire à régler avec moi-même. Soit je fuyais le problème et visais le licenciement, soit je décidais d’affronter les choses, de m’affronter en fait, en acceptant leur proposition. J’ai beaucoup avancé ces dernières années sur un plan personnel, j’ai laissé déjà pas mal de choses derrière moi, j’ai envie de laisser ça aussi. D’ailleurs peut-être que cette peur n’existe plus, vu que je me suis débrouillée pour ne plus y être confrontée je n’en sais rien. Aujourd’hui je suis peut-être armée pour y faire face, alors que j’entretiens inconsciemment la peur de cette peur, vous savez, un peu comme un répertoire sur l’ordi qui est là depuis perpette et quand on l’ouvre il n’y a rien dedans, car on a oublié que ça fait longtemps qu’on a viré son contenu. Peut-être que mon répertoire « phobie du changement » est vide  et qu’il est temps que je le mette dans la corbeille. Pour continuer à avancer, je dois savoir. Donc jeudi soir j’ai décidé d’accepter.

Vendredi matin j’ai rappelé l’Aigle, nous avions convenu de laisser décanter un peu avant de faire le point, en tirer les leçons sur un plan aussi bien professionnel que personnel. Quand j’ai eu fini de lui exposer mes conclusions sur tout ça, il m’a dit « ok, tu as tout compris je n’ai rien à ajouter ». Il m’a fait part de certains conseils de management qu’il donnait quand des membres de ses équipes étaient en situation de mutation, afin que je voie ce que je pouvais appliquer au cas présent pour m’intégrer au mieux.

C’est heureux que tout ça se soit déroulé maintenant, car vendredi c’était notre dernière conversation avant un bon moment, il est parti samedi matin pour un long périple de 2000 km à pied. Il m’a soutenue, conseillée, écoutée durant tous ces mois, s’est rendu très disponible pour que je ne pète pas un câble en cours de route. Pour moi maintenant l’affaire est réglée dans la mesure où il ne s’agit désormais que d’une mise en application de ce qui a été prévu, je me sens prête pour la suite. Il y trois mois, je flippais à l’approche de son départ, aujourd’hui je me sens confiante; il m’a donnée toutes les clés pour m’en sortir, qu’il soit là ne changerait rien de plus, c’est à moi de jouer maintenant. De son côté il part serein quant à mon devenir dans cette histoire, il peut se consacrer pleinement à sa quête, ce qu’il va vivre durant les prochains mois va être très riche, son entreprise me fascine.

Le fait que j’écrive tout ce que j’ai vécu, nos différentes altercations, sur mon blog, a généré des tensions, des curiosités, mon lectorat s’est vu en peu de temps augmenté de plusieurs personnes en relation avec mon boulot, des collègues mais également à d’autres niveaux. Il m’a été reprochée de tenir des propos permettant facilement d’identifier le groupe qui m’emploie et de ternir son image. Je sais que je ne vais pas me faire des amis en écrivant ce qui va suivre, ce n’est pas le but, mais je pense que les ressentis doivent être exprimés dans les deux sens, j’ai su râler, je dois aussi exprimer ce que je trouve positif.

Si j’ai mis autant d’énergie à me défendre, c’est pour être respectée et entendue, pour moi-même, mais aussi au nom des valeurs que le groupe prônait. Par ce qui vient de se passer, j’estime l’avoir été, le groupe est donc bel et bien en accord avec ses principes. Je revois également mon jugement sur le fait d’avoir pensé être depuis le départ un pion, si ça avait été le cas, les choses auraient tourné autrement. Enfin, en faisant des recherches sur le net il y a quelques mois, je suis tombée sur le déballage d’un conflit, parti d’un problème avec un employé dans une des unités du territoire français ; un syndicat protestait violemment, appelant un maximum d’employés au soutien, tenant des propos insultants (et nominatifs, eux) à l’encontre de l’une des deux personnes que j’ai eu en face de moi mercredi dernier.

Alors j’ai envie d’apporter mon propre témoignage, parce que contrairement à ce que j’ai lu dans ces propos virulents, je n’ai pas eu à faire à une personne qui s’en fout, bien au contraire, l’un comme l’autre de mes interlocuteurs étaient vraiment désireux d’arranger les choses au mieux des intérêts de tout le monde, dans des propos honnêtes, parfois fermes mais toujours humains.

Voilà, vous savez tout, je me donne la semaine pour arriver à nous cadrer autour de mes futurs horaires, j’avoue que pour le moment on pédale tous dans la semoule, depuis vendredi matin je me dis chaque jour : « peut mieux faire ». J’ai la trouille de me louper, depuis 18 ans que je bosse je n’ai jamais eu à me lever à cette heure-là, pour livrer les journaux j’étais debout depuis 3 heures du mat, j’ai mis 5 ans à me défaire de cette habitude prise pendant 9 ans, les années suivantes à cette heure j’ai toujours dormi. C’est toute une programmation à refaire de mes rythmes de vie, j’ai eu du mal à m’adapter après le divorce, puis à la reprise du boulot il y a 2 ans, je commençais seulement à m’en tirer pas trop mal, j’arrivais même à cadrer mes heures de repas, là je dois tout recommencer. Alors je m’accroche à l’idée que c’est pour du mieux, il faut que ça le soit, absolument, sinon tout ceci serait un non sens ; je me dis qu’au bout du compte je grandirai… encore

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